‹ Contribution à l'étude des insuffisances aortiques congénitalesChapitre 23 sur 34 · OBSERVATION XVII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XVII

(Mussio-FouRrNIER et BARZOUTINI, in thèse de VERRIER, Obs. X, p. 33.)

J. F.., homme, 18 ans, cardiopathie décelée à l’âge de 8 ans par un médecin scolaire. À 17 ans, pour la première fois, œdème des membres inférieurs, puis peu après dyspnée d'effort. Danse artérielle très intense des vaisseaux du cou ; deux énormes artères sous-cutanées dans la région scapulaire droite ; réseau artériel sous- . cutanée dans l’espace scapulo-vertébral gauche. Souffle systolique au niveau du deuxième ‘espace intercostal gauche à 1 cm. du sternum, s’irradiant dans le dos dans toute la région interscapulaire. A la hauteur du deuxième espace intercostal droit : deux souffles, l’un systolique, l'autre diastolique. R E

Pulsations amples aux membres supérieurs. Tension artérielle 23/5,9 aux humérales, tandis qu'aux fémorales tension artérielle à 12. Se

Image radiologique : ombre cardiaque agrandie des deux côtés, à gauche le bouton aortique manque. Erosions costales. |

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OBSERVATION XVIII (W. W. Fray, in thèse de VERRIER, Obs. XX, p. 41.)

R. W., homme, entre au Strong Memorial Hospital le 23 juillet 1929, se plaignant d’une tuméfaction chaude et douloureuse du pied datant de deux mois. Rien dans ses antécédents, si ce n’est un peu de dyspnée au cours des efforts violents, pas de palpitations.

A l'examen du cœur : Frémissement systolique maximum dans le sixième espace intercostal gauche à 13 cm. du sternum. Murmure diastolique dans l'aire aortique. Les artères scapulaires dorsales et les intercostales étaient élargies et pulsatiles. Aucune pulsation perceptible aux fémorales. Tension artérielle 19/8.

Examen radiologique : Cœur élargi dans tous ses diamètres. Bouton aortique absent ; aorte descendante modérément dilatée. Erosions costales. °

Le malade mourut chez lui avec des signes de décom-

position cardiaque huit mois après sa sortie de l’hôpital. =

OBSERVATION XXVI (Doc, in thèse de VERRIER, Obs. XXVI, p. 44.)

Russe, 25 ans, soigné cinq ans auparavant pour palpitations et hémoptysies. On diagnostiqua une insuffisance aortique avec hypertrophie cardiaque et hypertension 215/85. Puis devant une dyspnée croissante, il est examiné de nouveau: pulsatilité des vaisseaux du cou, grosse circulation collatérale superficielle. Absence de battements fémoraux. D’anciennes radiographies mon-

traient un cœur et l’ombre de gros vaisseaux carastéristiques d’un. rétrécissement de l’isthme de l’aorte, ainsi que plusieurs érosions des côtes.

Dans ces cas, la coexistence d’un souffle systolique et d’un souffle diastolique de base peut, comme le fait remarquer Lian, prêter à confusion et orienter le diagnostic dans le sens d’une insuffisance aortique accompagnée d’un rétrécissement orificiel. Ce sont, surtout chez un jeune sujet, l'intensité maxima du souffle systolique dans le dos, l'hypertension des membres inférieurs, une circulation collatérale anormale développée et la présence d’érosions costales qui permettront d’éviter cette erreur.

YV. — INSUFFISANCE AORTIQUE COEXISTANT AVEC UN ANEVRYSME AORTIQUE CONGENITAL

L'’anévrysme aortique d’origine congénitale est rare. Cependant dans quelques cas tout à fait exceptionnels on l’a vu associé à une insuffisance aortique congénitale. |

C’est en effet ce qui est réalisé dans une curieuse malformation décrite* par Miss Abbett et dont elle a pu réunir 12 cas. Elle est réalisée par la rupture d’un anévrysme congénital de la paroi du sinus de Valsalva droit dans le ventricule droit, une telle perforation permettant au sang de refluer vers l’aorte dans. le ventricule droit pendant la diastole. Cette affection s'accompagne des mêmes signes physiques que les insuffisances aortiques banales. Elle peut s’accompagner d’une assez longue survie, et il est évident que le diagnostic en est pratiquement impossible. Toutefois, dans cette malformation, s’il y a reflux sanguin de l'aorte dans un ventricule, l’orifice aortique luimême est intact et on peut lui contester le nom d’insuffisance aortique.

Il y a quelques années, Giraud et Raybaud ont pu- °blié un cas d’anévrysme congénital de l’aorte dont nous donnons le résumé de l’observation, et dans le-

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quel il pouvait s’agir soit d’une malformation analogue, soit d’un anévrysme s’accompagnant d’une insuffisance aortique artificielle congénitale.

OBSERVATION XXI (résumé)

(GiRAUD et RayBAUD, in Marseille Médical, 1923.)

Il s’agit d’un enfant de l’Assistance Publique, vu à l’occasion d’une angine diphtérique bénigne. Il présente, outre un très grand retard intellectuel, diverses malformations, tels qu’un spina bifida; du strabisme, une voûte palatine ogivale et des dents irrégulières mais non caractéristiques. à Dans ses antécédents personnels, assez mal connus, on ne relève guère que la scarlatine. Un examen antérieur aurait déjà permis de constater une affection cardiaque. A l’examen de l’appareil cardiovasculaire : l'inspection montre l’existence d’un foyer de battements indépendants de la pointe, dans la partie interne des deuxième et troisième espaces ‘intercostaux droits. On sent de plus un léger frémissement au niveau du foyer des battements. < A l’auscultation : Souffle diastolique intense au foyer aortique se propageant en bas vers la pointe èt le long du sternum jusqu’à l’appendice xyphoïde. Le premier bruit est légèrement soufflant à la base.

Les deux pouls radiaux sont égaux et synchrones.

Tension artérielle : membres supérieurs 11/8,5, inférieurs 11/7,5.

Radioscopie : En position frontale, cœur gros surmonté d’une masse débordant nettement à droite l’ombre sterno-vertébrale, Cette masse est animée de batte-

ments synchrones avec ceux du ventricule gauche et alternant avec ceux de l'oreillette droite. En oblique antérieure gauche : espace rétro-cardiaque clair, au-dessus et en avant de l’ombre cardiaque se trouve une masse qui arrive au contact de l’ombre sternale.

* Radiographie : Dilatation fusiforme de l’aorte ascendante, depuis sa naissance jusqu’à l’origine du tronc brachio-céphalique.

Réaction de Wasserman négative avec réactivation.

L’absence de souffle systolique intense et de disproportion de battements entre les artères des membres inférieurs et supérieurs font élminer le diagnostic de sténose isthmique et porter celui d’ectasie congénitale de l’aorte chez un malade porteur d’autres malformations d’origine probablement hérédo-syphilitique.

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