‹ Contribution à l'Étude des Kystes de l'IrisChapitre 11 sur 26 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

OBSERVATION I que nous devons à l’obligeance de notre Maître M. le professeur

DUJARDIN, à Lille

Julia Duf..…., âgée de 18 ans, demeurant à M... (Nord), se présente dans le courant du mois de Mars 1899, à la consultation du Dispensaire St-Raphaël à Lille, en se plaignant de ne plus voir qu'imparfaitement de l'œil droit.

L'année précédente, elle s'était blessée avec la pointe de ses ciseaux, mais n'ayant que peu souffert à la suite de cet accident, elle n'avait pas cru devoir consulter et s'était soignée elle-même en lavant son œil avec de l’eau boriquée.

Pendant quelques semaines l'œil resta un peu rouge, larmoyant, sensible à la lumière et un peu à la fois tout rentra dans l’ordre, mais Comme la vue restait fort défectueuse la jeune fille se décida enfin à venir consulter un spécialiste à Lille.

En procédant à l'examen de l'œil blessé, on constate à la partie supérieure de la cornée un leucôme linéaire situé exactement sur le limbe. L'iris sûrement enclavé

au moment de l'accident, a disparu partiellement au niveau de la blessure : la pupille est agrandie en haut comme si on avait pratiqué une iridectomie, mais le coleboma est assez irrégulier.

Le champ pupillaire est obstrué en partie par des résidus de cristallin résultant de la résorption Imcomplète de la cataracte produite par la pointe des ciseaux ; dans son tiers supérieur, la pupille est bien noire, ce qui permet encore un peu de vision ; la jeune fille compte les doigts à une distance d’un mètre au maximum.

La chambre antérieure est effacée partiellement par une tumeur à peu près ronde, de coloration grisâtre, brillante, qui siège sur l'iris, dans sa moitié interne, au ‘voisinage de la plaie cornéenne produite par les ciseaux.

Ce kyste, de la dimension d’une lentille, présente des contours assez nets ; en l’examinant à l'éclairage focal, la poche paraît légèrement transparente.

Le diagnostic n’est pas douteux ; on se trouve en présence d’un kyste perlé, d’origine traumatique étiologie ordinaire de cette variété de kystes de l'iris.

On propose à la jeune fille l’énucléation de son kyste de l'iris, mais elle ne s’y décide pas sur le champ et promet de revenir quand elle aura consulté ses parents.

Six mois plus tard, sous l'effet d’un traitement empirique, l'œil a complètement changé d'aspect, le kyste au leu de rester stationnaire, Comme on pouvait l’espérer, a évolué et pris un développement très considérable.

Il remplit maintenant la Chambre antérieure dans sa presque totalité, à peine voit-on encore un peu d'iris au côté interne. La couleur gris perle n'existe plus, la

tumeur estmaintenant d’un jaune sale, on dirait qu’elle subit un commencement de dégénérescence graisseuse.

L'œil est devenu intolérant pour le kyste, depuis son accroissement; on constate de l'infection périkératique et des symptômes non douteux d'irido-cyclite sans exagération marquée à la pression intra oculaire.

Des douleurs péri-orbitraires assez fréquentes tourmentent la malade, mais ce qui l’inquiète surtout c'est de voir trembler parfois son bon œil et de ne plus pouvoir supporter la vive lumière et de se fatiguer à la moindre application. On examine le fond de l'œil: le nerf optique a l'aspect normal, sauf peut-être une légère hvperhémie.

L’extirpation seule du kyste étant devenue inutile nous conseillons à la malade lablation totale du globe oculaire devenu inutile, atteint de cécité incurable, douloureux et menaçant pour le congénère, à en juger par les symptômes d'irritation sympathique qui se manifestent depuis quelques temps.

L'opération acceptée sans difficulté est pratiquée le lendemain : l'œil est remis entre les mains de M. le professeur Augier, pour en faire l'analyse microscopique.

OBSERVATION II bE W. COOPER London medecine Journal, septembre 1852, citée par Masse.

En février, un enfant âgé de 9 ans, se frappa violemment l'œil. L'enfant tenait à la main un morceau de laiton. Aussitôt après, de vives douleurs se manifestent, elles deviennent rapidementinsupportables, etil vint réclamer les soins d’un médecin. Tout de suite, on crut que l'affection était due à une éraillure légère, dûe sans doute

à un coup d’ongle. On reconnut ensuite l'existence d’un petit kyste, gros comme une perle. Comme, du reste, cette petite tumeur ne génait en rien la vision, on crut devoir n’y pas toucher, dans la crainte d'accidents consécutifs à une ponction ou une excision. Cependant, le kyste s’accrut peu à peu, obstrua la pupille, et, au mois de mai, il occasionna une violente inflammation. Les douleurs étaient intolérables, et le volume de l'œil était notablement augmenté. Le 30, on résolut l'opération. La cornée est ponctionnée avec le couteau de Jaeger, la base de la tumeur est saisie avec des pinces fines ; sa dureté est telle que les pinces glissent sans laisser d'empreinte. L'incision de la cornée est augmentée, de fortes pinces sont introduites ; on pratique la rupture de la paroï, qui a la résistance du cartilage. On chercha à couper avec des ciseaux l’attache du kyste au ligament ciliaire qui était au côté interne, on reconnut que le kyste s'était développé prés de la face postérieure de l'iris et était remonté au-devant du cristallin, pour venir faire hernie dans la chambre antérieure par l'orifice pupillaire.

À cause de ses adhérences à l'iris, le kyste ne put être complètement enlevé ; cependant les douleurs cessèrent, la santé redevint bonne et la vue fut améliorée.

C'est deux ans après le traumatisme que l’on vit se développer une tumeur. Elle était d’abord comme une petite graine. Un an après, la tumeur prit le volume d’un pois ; elle était brillante et irisée comme une perle.

Pendant l'extraction de cette tumeur, l'iris fut détaché.

L'examen microscopique fit voir qu'elle était formée de cellules épithéliales si étroitement agglutinées, qu'il fallait la macération pour les séparer,

OBSERVATION III Annales d'oculistique 1841, tom. V. pages 157-160

Un berger, âgé de 28 ans, battait le briquet dans le mois de janvier 1838, lorsque tout-à-coup, il sentit qu'un Corps étranger pénètrait dans son œil. Get accident fut suivi d’une ophthalmie peu intense qui dura huit jours, il y eut trouble dans la vision: le traitement fut nul, les accidents inflammatoires se dissipèrent peu à peu, mais la vue ne revint pas dans son état normal.

Dès le lendemain de l'accident, en examinant dans un miroir l'œil affecté, le malade crut y voir un poil. Les médecins qui virent le malade reconnurent l'existence d'un poil, situé dans l'œil, sans qu'ils pussent préciser, s’il était entre les lames de la cornée ou dans la chambre antérieure.

Le malade vint alors consulter M. Pamard (d'Avignon) le 21 mars 1839, quatorze mois après l'accident. L’œil ne présentait pas la plus légère trace d'irritation, les membranes et les humeurs étaient dans leur état normal, on voyait distinctement à la partie inférieure de la chambre antérieure, un Corps sphérique, du volume et de la forme d’un pois, dont le segment supérieur atteignait la pupille et empiétait sur elle lorsqu'elle était dilatée ; à ce corps sphérique était attaché un poil qui se dirigeait obliquement en haut et en dedans, et traversait la pupille. L'iris se Contractait, mais avec moins de facilité que dans l’autre œil, la vue était incertaine, et les objets paraissaient au malade comme coupés par une large ligne noire ; il n’y avait pas de trace de cicatrice à Ja cornée.

Le 22 mars. — M. Pamard fit l'opération. Il pratiqua une incision à la Cornée et chercha à extraire le corps anormal, Mais comme ce corps adhérait assez fortement à l'iris, M. Pamard excisa les parties adhérentes à l’aide des ciseaux courbes de Daviel le plus près possible du corps étranger, qui finalement fut entrainé par des pinces.

Cette opération ne fut suivie d'aucun accident grave, la cicatrisation marcha avec rapidité. Une petite hernie de l'iris, qui s'était formée dans le point où adhérait le corps extrait, disparut après quelques attouchements avec le nitrate d'argent.

Le 22 Avril. — Le malade retourna dans son pays avec une vue parfaite.

L'examen anatomique de la tumeur extraite montra un corps de forme sphérique, du volume d’un pois, d'une couleur blanche nacrée, de consistance molle, mais pourtant assez résistante ; ce Corps avait l'apparence d'un tissu fibreux uni à du tissu cellulaire, il présentait dans le point Cù 1l adhérait à l'iris, une tache noire. Il était traversé par un poil qui y adhérait fortement et faisait saillie au dehors de Cinq ou six lignes, et qui par ses dimensions, Sa forme et sa couleur avait l'aspect d'un cil du malade.

OBSER V ATION IV rapportée par MONOYER.

Annales d'oculistique 1872, tom. LXNVII, pag. 249. M. le D Monoyer a traité au service ophthalmologique

de Phôpital civil de Strasbourg, un apprenti ferblantier qui avait été blessé un an auparavant, au mois de

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septembre 1870, à l'œil, par un rouleau de fer. La plaie de la cornée avait provoqué un écoulement d'humeur aqueuse etavait aboli la vue qui, du reste, revint bientôt après. Il s'y était ajouté des symptômes inflanmatoires et de la photophobie.

Dès les premiers jours qui ont suivi l'accident, on avait remarqué sur la cornée de l'œil blessé, une petite täche blanche.

A cette première tâche blanche s’ajouta quelque temps après une deuxième et encore plus tard une troisième. Comme une de ces tâches s'était accrue rapidement, le malade vint Consulter M. Monoyer.

En examinant l'œil, M. Monoyer constata la présence de deux tumeurs, dont l’une d’un blanc brillant, à reflet nacré siégeait derrière la cornée en bas et en dehors. Elle était grosse comme un grain de blé et avait six millimètres de long, sur .quatre millimètres de large. Par sa base, cette tumeur adhérait intimement à l'iris dont elle occupait presque toute la portion comprise dans le quadrant inféro-externe, tandis qu'en avant elle proéminait dans la chambre antérieure et arrivait au contact de la face postérieure de la cornée ; un étroit liseré jaunâtre un peu saillant, régnait tout autour de la base d'implantation de la néoplasie.

Une seconde tumeur plus petite, siégeait également sur l'iris à l’opposite de Ja première, tout près de la circonférence de la cornée : elle ressemblait à sv méprendre, pour la couleur et pour la forme à ane perle de nacre de la grosseur d'un grain de millet ; 2 mullimètres dans tous les sens ; elle était aussi entourée à la base d’un léger bourrelet jaunâtre.

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De cette dernière tumeur partait un cil ou poil châtain foncé, visible seulement à l'éclairage focal, tant il était fin, et qui se dirigeait vers le centre de la pupille où il se terminait. Ce cil présentait un mode d’implantation remarquable à l'extrémité adhérente à la tumeur: il traversait celle-ci de part en part dans une étendue d'environ un millimètre, puis à sa sortie, il se recourbait et formait ainsi un crochet dont la pointe était hbre et émergeait d'environ un demi-millimètre. Cette disposition prouvait que le poil en question avait été apporté du dehors, et comme, en outre, aucune de ses extrêmités ne montrait de renflement bulbaire, on conclut que le cil avait été coupé et non arraché.

La pupille était légèrement déformée ; l'œil gauche était parfaitement sain.

Monoyer enleva avec beaucoup de peine et après de longs efforts la plus grosse des deux tumeurs à l’aide d'une incision linéaire le 11 décembre 1871. La petite tumeur resta en place. i

L'opération fut suivie d’une violente inflammation de l'œil qui abolit la vue et aboutit à la phtisie du globe oculaire.

OBSERVATION V par Mocx (Thèse) Paris 1899

M. X... âgé de 18 ans, a été atteint en septembre 1897 d'une plaie perforante de la cornée de l'œil gauche par un éclat de fonte. L'iris avait été blessé, etil s'y était produit une iridectomie artificielle. La blessure avait {facilement guéri par l'application d’un pansement antiseptique et n'avait pas occasionné de douleurs,

Trois mois après cet accident M. X... a vu se former dans l'intérieur de l'œil qui avait été blessé une petite tumeur. Cette tumeur qui était tout à fait indolore siégeait sur la face supéro-externe de l'iris.

Elle resta longtemps stationnaire. Mais comme depuis quelques mois M. X... avait remarqué qu’elle grossissait et Comme en même {émps son œil devenait sensible et enflammé, il vint consulter dans le courant du mois d'août 1898.

L'examen de l'œil fait constater une tumeur de couleur blanche, nacrée à la partie supérfo-externe de l'iris. Elle est à ce moment grosse comme la moitié d’un pois.

Comme elle continue à grossir, on procède à son ablation vers le milieu du mois de septembre. Après avoir pratiqué l'ouverture de la cornée, juste au niveau où siégeait la tumeur, on saisit celle-ci avec une petite pince et on peut l’extraire en totalité. Son adhérence avec l'iris est tellement lâche, qu'elle s’en détache pour ainsi dire d'elle-même, et qu'on peut facilement l’enlever, sans avoir eu besoin de pratiquer une iridectomie.

Elle parait renfermer de la matière sébacée. Au bout de &inq jours, le malade quitte le service complètement Suéri.

OBSERVATION VI Publiée par Srœ8Er dans les Annales d'oculistique, 1865, citée

par Masse (de Bordeaux).

Le 16 Aoùt 1864, un jeune garçon se présenta à la Clinique ophthalmologique, où il déclara qu'il avait eu l'œil droit contusionné par un éclat de bois, environ dix mois auparavant. Une légère irritation qui s'était

en

manifestée quelques jours après l'accident, avait disparu en peu de temps. Au bout de plusieurs mois, on avait aperçu une petite tache blanche derrière la cornée. Cette tache, augmentant peu à peu, s'était étendue au-devant d'une partie de la pupille; depuis deux mois, la vue de l'œil malade avait sensiblement baissé, en même temps qu'il s'y était produit un peu d'irritation et une légère photophobie.

L'examen de l'œil malade fit constater dans la chambre antérieure la présence d’une tumeur de la force et des dimensions d’un petit pois légèrement ovalaire.

Cette tumeur était implantée sur la partie externe du bord pupillaire de l'iris, auquel elle était visiblement adhérente ; on voyait même des vaisseaux sanguins passer de l'iris sur la tumeur. Celle-ci s'étendait jusqu'au milieu de la pupille ; de son extrémité partait une ligne brune foncée qui se dirigeait vers le côté opposé de la pupille, où elle paraissait se perdre derrière l'iris. La cornée ne montrait aucune trace de cicatrice.

Stœber enleva, à travers une incision faite à la partie inférieure du bord de la cornée, la tumeur en même temps que la partie de l'iris à laquelle elle adhérait. L'enfant put quitter bientôt le service, la vue complètement rétablie.

La tumeur excisée était constituée par un kyste dont le contenu blanchâtre, grumeleux, était formé de cellules remplies de graisse et de cristaux de cholestérine. La ligne brune qui traversait la pupille était formée par un cl châtain foncé implanté par son bulbe au fond d'un kyste, et dont l'extrémité libre avait été cachée par l'iris.

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