‹ Contribution à l'Étude des Kystes de l'IrisChapitre 14 sur 26 · OBSERVATION IX, DE M. GUÉPIN · texte numérisé non relu

OBSERVATION IX, DE M. GUÉPIN

(Ann. d'oculistique t. 44. 1860)

J.-B L.., âgé de 32 ans, d’une bonne constitution, employé au chemin de fer, demeurant à Montmartre, a toujours été d’une bonne santé. À 29 ans, il fut atteint d'une cataracte monoculaire gauche, qu se produisit peu à peu sans douleur de tête, sans rougeur de l'œil. Jl fut opéré par broiement, le 27 Avril 4859, à la Maison municipale de santé. Quelques jours après, des accidents inflammatoires se manifestèrent ; le malade perdit la vue qu'il avait recouvrée. Il se présenta chez M. Desmarres, qui lui proposa une nouvelle opération ; elle fut acceptée et pratiquée le 19 Novembre. A cette époque, il offre une pupille ronde dans ses deux tiers supérieurs et internes : la partie inférieure externe de liris est envahie par une tumeur bilobée, ou mieux, par deux tumeurs qui semblent prendre naissance dans le tissu iridien, et qu'on peut comparer à deux lentilles légèrement imbriquées.

Au dessus de la plus externe, s’en trouve une troisième qui comprend entre elle et la dernière un segment d'iris sain. Elle a la forme d’un œuf par sa partie centrale, et s’accole à la tumeur externe inférieure, si bien que le petit cercle de l'iris, en cet endroit, est complètement

re

caché, et ces trois extrémités viennent se dessiner sur une fausse membrane, qui occupe la pupille dans son tiers inférieur interne. Ces deux premières tumeurs, que nous venons de décrire, sont rouge-brun, contiennent un liquide, et l'éclairage oblique permet d'y constater les deux parois d’un kyste. Dans la troisième, le tissu iridien a conservé en partie sa couleur ; l'extrémité pupillaire a un reflet semblable à celui qui a été signalé pour les deux premières.

Enfin, à la partie supérieure se trouve une nouvelle tumeur moins accentuée que la troisième, et séparée de cette dernière par un sillon profond, un peu incliné sur le diamètre horizontal de l'iris. Cette tumeur ne s'étend pas à toute la largeur de l'iris, elle s'arrête aux deux tiers de son bord excentrique. Le reste de l'iris est sain. Une ponction fut pratiquée à la partie inférieure externe, avec le couteau lancéolaire. Cette ponction comprenait la surface de la tumeur bilobée. Immédiatement, cette tumeur vint faire hernie : elle fut saisie avec des pinces et entrainée au dehors ; mais par suite des adhérences de l'iris et de la fausse membrane pupillaire, l'iris fut décollé à sa partie supérieure et interne : les tumeurs et la fausse membrane furent amenées au dehors et excisées. Le lendemain, la réunion était faite : une légère hémorragie s'était produite dans la chambre antérieure, Quelques jours après, le malade allait très bien, la vision était rétablie, et le malade crut devoir cesser ses visites à la clinique.

ANALYSE ANATOMIQUE PAR M. CH. ROBIN. — En râclant aussi bien que possible la face interne de la cavité, on n'obtient pas d’épithélium, mais seulement une

CE

matière grisâtre, composée de fines granulations de même couleur, de granulations graisseuses, et d'un plus petit nombre de granulations pigmentaires. La paroi est formée par le tissu de l'iris, qui semble dédoublé pour former une cavité ; du reste, aucune autre production anormale.

Au fragment d’iris adhérait une parcelle de ia capsule du cristallin, à la partie antérieure de laquelle se trouvait appliquée une couche épaisse de tissu fibreux, semblable à celui des cataractes pseudo-membraneuses.

OBSERVATION X PAR J. WULKE (p. 12-17)

Un petit garçon, âgé de 5 ans se piqua l'œil avec une fourchette. Sa mère pensa qu’il n'en était résulté aucun trouble de la vue. Pendant près de deux ans, il n’en survint rien, puis l'œil devint rouge et sensible, et l'on reconnut alors qu'il pouvait à peine voir. L'autre œil devint bientôt irritable, et trois mois environ après l'apparition de ces symptômes, le 9 Janvier 1867, la mère vint consulter à Moorfields.

Il existait dans la chambre antérieure un kyste pressé entre l'iris et la cornée. Ce kyste était ovale et aplati : son extrémité la plus volumineuse correspondait à une petite cicatrice peu apparente, située au bord temporal de la cornée, la plus petite pendant en partie au devant de la pupille, qui était contractée et circulaire. Vers la circonférence de la chambre antérieure, l'iris s’écartait de la cornée, de chaque côté du kyste, comme s'il était refoulé en arrière par la tumeur. Le kyste était si trans-

mire

parent qu'on apercevait à travers sa paroi antérieure deux petites tâches noires situées sur sa paroi postérieure dans le plan de l'iris ; et des bords de ces deux tâches, qui ne pouvaient être que le stratum uvéal de Firis, on voyait partir des fibres délicates qui, se recourbant en arc, venaient se rendre au devant du kyste. Ces fibres appartiennent évidemment à la couche musculaire de l'iris. Entre les tâches noires et la pupille, on apercevait distinctement, à travers l’une et l’autre partie du kyste, l'iris qui, dans ce point, était dans un état d'intégrité parfaite. Ces données établissent deux points : d'abord que le kyste avait pris naissance entre les couches uvéale et musculaire de l'iris, ensuite qu'il n’était point continu avec toute la. portion d'iris qu'il recouvrait mais qu'il n'adhérait à celui-ci que dans un point Hmité des tâches noires, L'’acuité de la vision de cet œil était beaucoup moindre que ne permettrait de le supposer l'iritis qui existait et l’obstruction de la pupille par le kyste: la raison de ce phénomène n’apparut pas immédiatement.

L'inflammation provoquée par l'accroissement du kyste exigeait un soulagement immédiat. On pouvait hésiter entre une simple ponction et l’incision ou plutôt l'extraction avec l'excision d'une portion de l'iris, comme dans liridectomie. L'expérience ayant démontré qu'à la suite de la ponction, le liquide se reproduit presque immédiatement, je me décidai en faveur de l'excision : Je savais cependant que le mal avait assez fréquemment reparu à la suite de Ce mode d'opérer, mais on pouvait attribuer cela à ce que l'extirpation avait étéincomplête : mais dans le cas présent, l'adhérence à l'iris était si peu

nues

étendue que j'étais en droit d'espérer que je réussirais à enlever tout le mal sans laisser aucun germe de reproduction.

Je pratiquai, à l’aide d’une aiguille, à une demie ligne environ en arrière du bord de la cornée, une incision un peu plus longue que la largeur du kyste. En pénétrant dans la chambre antérieure, je ponctionnai naturellement le kyste, mais il ne s’affaissa pas et le flot d'humeur aqueuse qui suivit le retrait de l'aiguille l’amena au-dehors à travers les lèvres de la plaie, sous la forme d’une vésicule transparente ; 1l fut alors facile de le saisir avec des pinces et de l’arracher.

La plaie se réunit par première intention, l'iritis et l’irritation sympathiques de l'autre œil disparurent ; mais comme le temps était très froid, je conservai l’opéré à l'hopital pour l’observer pendant plusieurs Jours.

Une semaine après l'opération, je dilatai la pupille avec l’atropine, je trouvai un anneau d’un blanc opaque, formé par la capsule, le cristallin manquait. I avait sans aucun doute été piqué par la fourchette et s'était résorbé, mais la vision étant parfaite dans l’autre œil, on ne s'était aperçu de rien. La cause de la diminution de acuité de la vision était maintenant bien connue.

Le 22 Mai je revois l’opéré, il nereste d'autre trace de la maladie que la tâche noire de l’uvée sur liris.

Examiné au microscope, le kyste est constitué par une membrane délicate, homogène, sa surface externe est recouverte par un faisceau de fibres, identiques à celles qui constituent le tissu contractile de l'iris ; sa surface interne est tapissée par une couche de cellules épithéliales pavimenteuses de dimensions variables.

ou

OBSERVATION XI, PAR SCHMIDT-RIMPLER (Marbourg).

L'ORIGINE DES KYSTES IRIENS SÉREUX (Zur Entstehung der serôsen Iriscysten). — (A. v. Graefe’s Arch.,t. XXXV, N°1, p. 147).

Schmidt-Rimpler vit se développer un kyste dans la partie inférieure de l'iris d’une malade âgée de 46 ans, sans qu'aucun traumatisme l'ait précédé. Il observa la malade pendant trois ans. D'abord, il ne constata qu'un petit point noir, non proéminent, à l’entour duquel le tissu de l'iris s’était un peu gonflé. Trois mois plus tard, un kyste de l'iris se présenta au même endroit. Il s'agrandit au bout d’une année, de façon à avoir une étendue verticale de cinq millimètres, horizontale de sept millimètres. I touchait à la cornée, troublée intensivement dans sa partie inférieure. Tension normale, AC. vis. — doigts à 1,5 mètres de distance.

L'auteur chercha d’abord à exciser le kyste sans lésion de la paroi, mais il ne réussit qu'à saisir une partie du kyste et un morceau de l'iris voisin. Le kyste se reformait successivement ; plus tard, une cataracte survenait. L'opération fut répétée avec succès complet, cinq mois après la première ; Cinq mois après, l'opération de la cataracte fut pratiquée. La vision monte maintenant

L'examen microscopique révéla que le kyste s'était formé dans le tissu même de l'iris, qui s'était divisé en deux feuillets. La surface interne du kyste était couverte de plusieurs couches d’endothélium. Le pigment de la couche pigmentaire de l'iris faisait défaut, probablement par suite de la pression exercée par le kyste.

L'auteur est convaincu que le kyste idiopathique avait pris SOn origine d’une occlusion d’un des récessus de la

surface antérieure de l'iris, démontrés dernièrement par Fuchs, récessus qui s’enfoncent dans l'iris presque jusqu'aux vaisseaux de cette membrane et à travers lesquels on voitse faire la sécrétion de l'humeur aqueuse, après l'injection de flaorescéine.

A l’aide de la loupe binoculaire, l'auteur a souvent vu àa l’état normal que des trabécules, et même des membranes très minces, s'étendent par-dessus lesdits récessus. Il n’y à donc rien de surprenant qu'à l’état pathologique ces trabécules ou ces membranes, en s'épaississant, puissent amener une occlusion complète des récessus.

Voilà l'origine du kyste sans traumatisme, non dévoilée jusqu'ici. Le récessus, ayant possédé au premier abord une couverture endothéliale, l'origine de la couche endothéliaie de la surface interne de la paroi du kyste n’est plus douteuse.

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