ÉTUDE CLINIQUE
Signes fonctionnels. — L'’indolence et la pauvreté des siones fonctionnels sont à mettre en évidence.
Le malade éprouve une certaine gêne causée par une grosseur située sous la langue, et c’est tout.
Autrefois, cependant, ces tumeurs n'étaient pas vues par le chirurgien très précocement et continuaient à s’accroître. Mais. fait important, cet accroissement est excessivement lent, se faisant par simple refoulement des organes voisins, jamais de compressions, jamais de douleurs dans l’évolution On conçoit que par la suite, ces tumeurs puissent, par leur volume, causer quelque gêne.
Géêne de la mastication et de la déglutition signalée dans 23 observations. Dans 4 cas, la salive s’écoulait par la bouche, ne pouvant être déglutie.
Gêne de la prononciation notée dans 27 cas.
Géne respiratoire légère, notée dans 9 cas.
Notons enfin que jamais ces kystes ne s'infectent, et cela se conçoit en raison de l'épaisseur de leur paroi ectodermique.
Signes physiques. — Les signes physiques, au contraire, sont au premier plan ou même sont seuls existants.
Le kyste peut donner lieu à une tuméfaction sublinguale (cas habituel) ou sus-hyoïdienne (cas rare) ou les deux à la fois, suivant le sens de son accroissement et suvant son orisine ad-hyoïdienne ou ad-génienne.
A l'inspection, il suffit de faire relever la langue. On apercoit alors une tuméfaction soit latérale, soit en général, médiane par rapport au frein qui semble la diviser en deux portions plus où moins symétriques.
SAGYO RE
La surface de cette voussure généralement sphérique et régulière sans bosselures, apparaît avec une coloration blanc jaunâtre à travers une muqueuse normale et nonadhérente.
Suivant son volume, elle remplit plus ou moins l'arc mandibulaire et refoule plus ou moins la langue.
Se développe-t-elle au contraire en bas, la région sus-hyoïdienne médiane est le siège d’une tuméfaction donnant l’im- Pression d’un double menton. Mais en même temps elle fait saillie sous la langue.
A la palpation (endo-buceale et cervicale simultanément pour épouser les contours tumoraux), la consistance est variable, dure et tendue parfois, ferme et élastique en général, voire fluctuante.
Un signe regardé autrefois comme très important mais malheureusement exceptionnel, serait la consistance pàteuse, gardant même l’impression du doigt en godet (signe de LANDETrA). Il n’a guère été décrit que dans 2 cas nets (LINHART et GarLarp). La muqueuse buccale de même que le tégument cervical glissent aisément sur la masse.
Quant aux adhérences géniennes ou hyoïdiennes, il n’est pas possible comme le voulait GERARD-MARGHANT, de les caractériser par la palpation. La dissection seule peut les individualiser.
Théoriquement en effet, c’est chose facile par létude des mouvements de la déglutition. Mais étant donné que la déglutition produit « un tel branle-bas que tout le plancher buccal accompagne la langue dans son ascension pharyngée » la distinction n’est guère possible.
Les canaux de Wharton sont normalement perméables, , on peut aisément les cathétériser par l’ostium.
On voit donc que l'aspect clinique du dermoïde sublingual
AA
est des plus simples; c’est une tumeur ferme du plancher
huccal sans troubles fonctionnels notables.