‹ Contribution a l'etude des Kystes dermoïdes du plancher buccalChapitre 6 sur 21 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Il semble que les kystes dermoïdes aient été décrits depuis fort longtemps. mais l'identification de ces tumeurs est de date relativement récente.

CELSE parle de tumeurs entre là peau et la trachée qu’il appelle des « bronchocèles » et contenant des matières mélicériques et parfois des poils.

En 1664, Pierre de MARCHETTIS, de Padoue cite le cas d’un moine de Modène auquel il incisa une tumeur « mélicérique » du plancher de Ia bouche.

Ensuite on relève une série d'observations confuses dans lesquelles il pourrait y avoir quelques tumeurs dermoïdes, mais la terminologie médicale de l’époque empêche une identification certaine (HEISTER 1770, GERARD 1775, JOURDAIN 1778, LôDER 1796, BENJAMIN BELL, 1798, DEsouLrT 1813).

Ce n’est que dans la deuxième moitié du dix-neuvième siècle que ces tumeurs furent sérieusement étudiées.

La thèse de BERTHERAND (Strasbourg 1845) cite quelques tumeurs graisseuses de la région, attribuées à un développement anormal et localisé du tissu adipeux de la région (obésités locales de BEcLARD). L'auteur relate des cas fort nets de DUPUYTREN, SICHERER, de Syme et de RIGAUD.

En 1843, KonBrAuUCH, le premier décrit la paroi de ces kystes comme formée par les éléments constitutifs de la peau. En 1857, LEBERT, dans son traité d’anatomie patholo-

Jet As gique, revient sur la même question. Désormais un grand pas était franchi; par la suite on donna le nom générique de kystes dermoïides aux tumeurs congénitales à paroi ectodermique.

À partir de cette époque, les faits se multiplient. En 1858, PerRouLTr reproduit la relation de deux cas de LINHART, tandis qu’on retrouve une observation de DENONVILLIERS dans le Compendium de Chirurgie, qui consacre d'ailleur, un article à la question. En 1862, CRUVEILHIER publie un nouveau cas; en 1863 paraît la thèse de LANDETTA, de DEMOXS en 1868. Bryanr (1870), VERNEUIL (1872), PabIEU (1874), NEUMANN (1877), relatent d’autres cas. En 1879, thèse de BARBÉS ; en 1880, la question est discutée à la Société de Chirurgie avec les cas de Th. ANGER, DuPLay et NicaisE et le rapport de PoLAILLON sur une observation déposée par COMBALAT.

En 1877, Cusser étudie dans sa thèse, l'évolution branchiale et précise la pathogénie des kystes de la région.

Les thèses de GÉHÉ (Paris 1882) et PizLox (Nancy 1883), résument les opinions de l'époque.

OZENKE, en 1883, publie un article très documenté, inspiré par GosSsELIN avec 21 cas.

La même année, il faut citer les cas de DARDIGNAC, BAR- KER, GESTER, de Moris en 1885, ainsi que la thèse de FEUIL- LETAUD.

En 1885, Masse (de’Bordeaux) et KaurMaN (de Breslau), reproduisent expérimentalement chez le rat et le coq des kystes purement dermoiïdes.

ACHARD et LANNELONGUE, l'année suivante, écrivent leur * traité des kystes congénitaux présentant surtout un intérêt pathogénique et historique.

En 1886, GERARD-MARCHANT, grâce à 30 observations rassemblées, propose de classer ces kystes en ad-geniens et ad-

hyoïdiens suivant leurs adhérences.

ANRT SA

En 1887, RecLuS attaque cette classification.

A la même époque on relève les cas de BLAND-SUTTON, GUINARD et LEDIARD.

Remarquons que jusqu'à cette date la voie opératoire buccale est fort utilisée. Mais grâce à GERARD-MARCHANT la voie sus-hyoïdienne fut la seule admise par presque tous les auteurs. En 1892, CAYE, dans sa thèse et surtout QUENU réhabilitent la voie buccale. Ce dernier recommande la réunion complète sous drainage. Ce point de technique suscite une vive discussion dans laquelle DELORME, G.-MARCHANT et de nouveau la majorité des chirurgiens se prononceni en faveur de la voie sus-hyoïdienne.

Nous relevons à la même date les articles de Monop et ROUTIER, puis en 1893 les thèses de BUSCARLET (Genève) et de FAURE (Lyon). Ce dernier, inspiré par PonNcETr, défend l'intervention partielle, c'est-à-dire lincision suivie du ràclage. É

RozLaNDp en 1894, publie une thèse (Montpellier), très documentée. MarTiN en #895 (thèse de Paris), s'attache au diagnostic différentiel anatomique. La même année, Ka:- NIG étudie anatomiquement la paroi de ces kystes.

En 1897, nous citerons CHAVANNAS, BOUSQUET, ANDRE.

En 1898, MorEsTIN, FENDT (de Fribourg), RocHa (de Halle): |

En 1899, MorEsTIx inspire la thèse de MOsCAREL.

La même anée, KLapp observe 4 cas à la clinique de WG fler de Prague. |

DELORE relate en 1900 le cas d’un énorme kyste à la fois buccal et sus-hyoïdien à symptomatologie asphyxique. Pox- CET, à l’extirpation, trouva des adhérences au maxillaire et à los hyoïde.

Il semble qu’au xx° siècle, cette question ait perdu de son

ND ES importance en raison du petit nombre de publications sur ie sujet.

Dans sa thèse de Fribourg (1901), SCHUMEHL Cite quelques observations inédites. En 1903, la thèse de CavauD (de Bordeaux) apporte deux observations inédites après une étude historique et anatomique très documentée.

Il faut ensuite noter LEGLAND (1904), HERBERT (1905), Gri- Mau» et CLERMONT (1905), BERTRAND (1907), HEYDENREICH (1908), qui relatent de nouvelles observations personnelles.

En 1908, la thèse de DEBONNELLE (Paris), inspirée par GRÉ- GOIRE, apporte en plus d'une observation personnelie, une étude très documentée. Cette thèse contient in extenso ou en résumé, l'exposé dé 82 observations. L'auteur discute la classification des adhérences, base de la classification de GE- RARD-MaRcHANT: sur 55 observations dépouillées, elles n’existaient que 28 fois. Il propose plutôt une classification basée sur les rapports du kyste avec les muscles voisins. Il les divise ainsi en :

1° Kystes médians supérieurs ad-génioglosse ; inférieurs ad-géniohyoïdien; 2 Kystes latéraux au-dessus du mylo-hyoidien.

Par la suite on'relève les observations de POLLOSSON et DecHauME de Lyon (1927) et de F. LEMAITRE et Y. LEMAITRE de Paris (1951).

Comme on à pu le remarquer par la lecture de ce relevé chronologique, la question des kystes dermoïdes s’est résolue surtout à la fin du siècle dernier.

Depuis cette époque, il semble que ce sujet soit définitive-

ment classé.

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