Rolland. Thèse de Montpellier
Mascarel 3
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: Malheureusement il est rare que les tumeurs qui
nous occupent se présentent avec une symptomato-
logie aussi complète. Presque toujours en effet, un certain nombre de signes trèsimpottants manquent, et ce n’est qu’en procédant par élimination successive, que le clinicien arrive à faire un diagnostic exact, surtout quand le kyste au lieu d’être médian, est latéral.
Il faut d’abord se méfier de la confusion possible avec un certain nombre de tumeurs solides, telle que les sarcomes, les épithéliomes, et les adénites chroniques, en particulier les adénites tuberculeuses à la période de crudité. Mais ces différentes tumeurs,
même lorsqu'elles n’ont pas envahi la peau, se recon-
naissent généralement avec une grande facilité» grâce à leurs caractères ordinaires: diffusion, engorgement ganglionnaire, adhérence à la peau et aux tissus voisins; état général du malade, absence de fluctuation, et même de pseudo-fluctuation, etc.
Parmi les tumeurs demi-solides, deux surtout méritent d’attirer plus particulièrement notre attention, car elles peuvent prêter facilement à confusion ; ce sont les lipomes etles tumeurs érectiles.
Comme les kystes dermoïdes, les lipomes ont habituellement une marche lente, progressive, indo-
lente, sans réaction inflammatoire, et une fausse
fluctuation. Maïs ces tumeurs s’observent très rare-
ment au niveau de la région qui nous occupe ; en outre, elles se développent primitivement vers la peau de la région sus-hyoïdienne ; et ne soulèvent
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le plancher buccal que légèrement, même quand elles ont atteint un volume relativement énorme.
, D'ailleurs, au palper on n’a pas la consistance pâteuse
de la matière sébacée ; mais on sent une mollesse élastique, fuyante, ‘et quelquefois suivant Morel- Lavallée, on perçoit une sensation spéciale, caractéristique, de « bosselures et de collision crépitante. »
Les tumeurs érectiles bien étudiées par Dolbeau,
et désignées sous le nom de grenouillettes sangui-
nes, sont habituellement assez faciles à reconnaître,
car elles sont violacées, réductibles, molles au
repos, tendues et gonflées pendant les efforts. D'’ail-
leurs, en cas d’hésitation, la ponction exploratrice léverait vite tous les doutes.
Les abcès chauds, grâce à leurs caractères habituels, chaleur, rougeur, douleur et tuméfaction, ne peuvent évidemment prêter à confusion ; mais dans certains cas exceptionnels les kystes dermoïdes du plancher de la bouche peuvent s’enflammer et suppurer, et alors le diagnostic est souvent impossible avant l’incision et l’exploration de la poche purulente.
Les kystes hydatiques s’observent très rarement au niveau de la région sus-hyoïdienne ; cependant ils n’en existent pas moins, comme le prouvent le cas de Gosselin et de Richet. La ponction exploratrice et la recherche au microscope des crochets sont alors les seuls moyens de diagnostic.
La grenouillette par hydropisie aiguë de la bourse séreuse de Fleischmann, ne fait jamais saillie que du
PAPER côté de la bouche. D'ailleurs nous n’avons pas à insister ici sur ce diagnostic différentiel, car la bourse séreuse en question admise en Allemagne, ne l’est jamais guère en France ; et d’après les travaux de M. Poucet de Lyon et de son élève Faure (1), les kystes de la bourse séreuse de Fleischmann, seraient simplement des kystes congénitaux. ke
Le diagnostic différentiel avec les grenouillettes vulgaires est aujourd’hui assez facile ; cependant ceitains cas exceptionnels peuvent encore donner lieu à une interprétation erronée.
Pour les hystes médians, leur aspect clinique diffère sensiblement de celui de la grenouillette ordinaire. Celle-ci fait toujours saillie principalement dans la bouche ; et est habituellement latérale. Sa teinte bleuâtre est caractéristique ; sa consistance plus molle, sa paroi plus mince ; l'absence d’adhérences osseuses, permettent généralement de la distinguer. Toutefois il existe des grenouillettes en bissac, comme dans le cas de Schmidt, pour lesquelles il est très facile de se tromper.
Quand il s’agit de kyste dermoïde latéral, le diagnostic devient très difficile, et souvent même impossible. C’est ainsi que l'erreur était inévitable dans le cas que nous avons observé, car l'analyse minutieuse n'avait pu apporter aucun élément sérieux de diagnostic.
Cependant, en pareille circonstance, dit M. Mo-