‹ Contribution à l'étude des kystes hydatiques multiples du foieChapitre 7 sur 27 · PAS LE · texte numérisé non relu

PAS LE

Eu gro a . Et réserver le nom de kystes multiples à ceux que nous venons de définir.

Si les kystes multiples sont faciles à séparer des variétés précédentes, il n’en est malheureusement pas de même d'avec les kystes réeidivants.

L'échinococcose récidivante est en effet beaucoup plus difficile à reconnaitre. La confusion est fréquente comme le faisait remarquer M. Quénu dans son rapport à la séance de la Société de Chirurgie du 17 novembre 1910. Il cite deux exemples à l’appui :

- « En novembre 1896 j’opère une femme de 37 ans pour un kyste hydatique du foie. En novembre 1905, soit neuf ans après, M. Duval a l’occasion de la revoir et lui trouve un kyste hydatique de la face convexe ;

en l’opérant ilcommence par ouvrir un kyste hydatique de la paroi abdominale et trouve en arrière la. poche hépatique. »

« En 1898 j'opère par incision et drainage une jeune femme de 25 ans. Dix-huit mois après j'excise dans la cicatrice un petit kyste isolé, et plusieurs mois après,unabcèss’élantouvert spontanément dans la cicatrice, il en sort des débris d'hydatideset je puis m’assurer qu'il vient de la profondeur d’une grande poche hépatique. »

Ces deux exemples sont très démonstratifs en raison de la présence d’un kyste dans la parot abdominale, au niveau de la cicatrice, qui constitue la signature de la récidive ; mais à côté de ces cas il est facile d’en trouver d’autres plus troublants.

Ave

Guinard opère un kyste diagnostiqué chniquement, done d'un certain volume, qu'il considère comme récidivant, car la malade avait été opérée par Moreslin d’un autre kyste huit mois avant.

Cette observation, que Guinard ne compte pas dont sa statistique de kystes multiples, semble bien devoir y rentrer ; il n’est pas habituel de voir un kyste hydatique se développer en aussi peu de temps au point d’être cliniquement appréciable.

Routier opère en 1896 d’un kyste hydatique de gros volume un homme de 48 ans qui guérit en trois mois. En 1897, il le réopère d’un kyste d’où il retire un bassin et demi de liquide et de vésicules ; par conséquent d’un kyste volumineux, qui ne semble pas devoir être considéré non plus comme une récidive. Il réopère enfin le malade d’un gros kyste du

foie. de kystes de la paroi et de l’épiploon en 1902, soit cinq ans après. Ces kystes semblent devoir, cette fois, être considérés comme récidivants.

En l’année 1910 nous avons eu l’occasion d’observer dans le service de M. le professeur Delbet à Necker une malade opérée pour la quatrième fois et dont voici l'observation :

Observation I (personnelle, n° 1).

La nommée Françoise L..., âgée de 27 ans, entre le 24 août 1910, Salle Lenoir, à l’hôpital Necker. Cette femme qui a toujours été bien portante a été opérée déjà {rois fois pour kyste

hydatique du foie.

NP Lin OU PRRUE LOS nn ARTE Ge taie do De Hs SD PEN EU EN MTS à ME ete Las RO | : taie A UNE jt A trie Le M a er Le VTT Sp Î

Tri

RS PAL Première opération par M. Thierry en 1904. Incision médiane, drainage, longue suppuration.

Deuxième opération le 9octobre 1906, par M. Delbet à Laën-

nec, capitonnage d’un gros kyste gauche, guérison parfaite.

Troisième opération le 31 octobre 1906, capitonnage d’un gros kyste du lobe droit, guérison.

Depuis ce temps la malade se portait à merveille; jamais aucuu signe d’hydatisme.

Il y a un mois, douleurs de l’hypochonde droit, état nauséeux et depuis quiuze jours elle s’aperçoit que son ventre augmente de volume.

A l'examen, voussure, visible à jour frisant dans l’hypochonde droit, descendant à trois travers de doigts des fausses côtes ; on sent une masse lisse, arrondie, rénitente. La matité remonte jusqu’à la quatrième côte et descend jusqu’à deux travers de doigts sous les fausses côtes, trois travers de doigts sous l'appendice xyphoïde; pas de frémissement ; flot transthoracique. Réaction de Weinberg positive.

Opération le 26 août 1910 par M. Delbet. Incision sur la cie

‘catrice droite, ponction du kyste ;

; formolage ; évacuation

complète. Kyste énorme profond de 20 centimètres. On n’arrive pas à extraire la membraue ; on verse 1.500 gram res de sérum pour faire flotter et on extrait ainsi le contenu avec difficulté ; fermeture aux catgut de la plaie hépatique, aspiration du Élu reduction sans drainage, Accidents d'intoxication hydatique, arrêts respiratoires, pâleur et cyanose, cœur affollé, Réveil seulement à 6 heures de soir (éther et huile camphrée, respiration artificielle, tractions de la langue). Fistule qui suppure. Sort le 30 octobre guérie.

Chez cette malade, les deux kystes opérés en octobre 1906

AD ES sont bien des kystes multiples, mais semblent être une récidive du kyste de 1904. Quant au kyste dé 1910 il semble bien être aussi, malgré son volume, une récidive ; car en quatre ans un parasite a le temps de grossir, On ne peut cependant pas affirmer qu’il n’existait pas, petit et caché, en 1906, on ne peut donc

savoir dans quelle catégorie il faudra le ranger.

Nous pourrions multiplier ces exemples à linfini. Cela nous semble inutile. Pour en tirer profit il faudrait savoir combien de tempsilfaut à un scolex pour donner un kyste d’un volume donné. Il faudrait savoir si le fait d’être décomprimé par lévacuation d'une poche voisine ne peut hâter le développement d’un kyste oublié. De tout cela nous ne savons rien; aucun critérium ne nous permet donc à l'heure actuelle de dire sûrement si un kyste est récidivant ou est le simple résultat du développement d’une poche oubliée.

Nous nous contenterons donc declasser, un peu au hasard, mais avec le maximum de probabilité; parmi les kystes multiples, ceux où une nouvelle poche a été reconnue volumineuse peu de mois après la première opération ; parmi les kystes récidivants tous les autres, avec cependant cette remarque que sile second kyste était tout pett il a pu demander beaucoup de temps pour se développer.

Page 1