‹ Contribution à l'étude des Kystes Thyro-hyoïdiens MédiansChapitre 25 sur 27 · NU · texte numérisé non relu

NU

queux: A-l’examen, on sent un cordon dur, long de 2 centimètres environ, dirigé à peu près verticalement en haut et en arrière, allant à la ligne médiane ; ce cordon représente le trajet fistuleux et va se terminer au niveau de l'os hyoïde.

Opération le 28 octobre. Ablation du trajet fistuleux et de son orifice cutané sur la sonde cannelée ; adhérence à la face postérieure de l’os hyoïde ; pas d’orifice interne de la fistule. Suture de la plaie. Pansement à la gaze salolée, maintenue par du collodion. Huit jours après, on enlève les points de suture ; pas de pus ; la réunion est parfaité. On remet un pansement salolé avec collodion. Le malade sort le 8 novembre. Revu le 23 juin dans un état parfait.

Examen histologique fait par le docleur Achard. — Muqueuse à épithélium vibratile, cellules cylindriques longues et cellules caliciformes. Cavités multiples à revêtement muqueux, quelques-unes distendues, remplies incomplètement par une masse granuleuse ; d’autres, irrégulières, sinueuses, anfractueuses, à parois accolées, envoyant des prolongements dans les tissus voisins. Ce sont sans doute des anfractuosités d’une même cavité. Les cavités muqueuses s'avancent jusqu’au bord du paquet extirpé.

OBSERVATION IX Martin, thèse de Paris, 1895-1896, n° 84. (Résumée.)

Jeune fille, 19 ans. Pas d'antécédents héréditaires ni personnels. Bonne constitution. Apparition de la tumeur un an auparavant ; volume d’un pois au début ; augmentation progressive ; actuellement, grosseur d’une noix. La peau a conservé ses caractères normaux. La tumeur suit les mouvements du

UE

larynx. Consistance molle, fluctuation peu nette. Indolencé parfaite ; pas de troubles fonctionnels. Extirpation. Tumeur blanc-jaunâtre, lisse, régulière; pédicule supérieur adhérent fortement à l’os hyoïde ; continuité parfaite avec la pyramide de Lalouette. Contenu séro-sanguinolent avec granulations.

Examen histologique. — Kyste formé par une paroi fibroconjonctive renfermant quelques fibres musculaires et de nombreux vaisseaux, Epithélium cylindrique, stratifié en certains endroits, simple en d’autres; cils vibratiles. Liquide contenant des hématies, des leucocytes et des cellules ciliées détachées de la paroi.

OBSERVATION X (M. le professeur Tedenat, in thèse Martin. Paris 1895-1896).

Jean P..., 21 ans, porte au dessus de la. pomme d'Adam une tameur oblongue de 3 ou 4 centimètres dans le sens vertical, large d’un centimètre environ, située sur la ligne médiane. Cette tumeur a été ponctionnée deux fois (Janvier 1889, février 1871). On a retiré chaque fois une pleine seringue de Pravaz, d’un liquide jaune filant. M. Tedenat voit le malade le 3 juillet 1891. Tumeur dure sans fluctuation nette. Elle ne gène en rien le malade et n’est que disgracieuse.

8 juillet, — Incision médiane de 3 centimètres; lèvres de l'incision écartées; la tumeur adhère à la membrane thyrohyoïdienne, au bord inférieur de l’os hyoïde, à la dépression médiane du bord inférieur du cartilage thyroïde et au bord antérieur du même cartilage sur une longueur de 1 centimètre. Le tranchant, pour séparer la paroi kystique, travaille dans un

tissu fibreux pur. Quatre points de suture, sans drain. Réunion

immédiate.

Examen microscopique. — Contrôlé par le professeur

Kiener :

Paroi fibreuse, présentant dans ses plans profonds de nom-.

breux éléments fusiformes et des leucocytes. La face interne est tapissée d’une couche régulière de cellules cylindriques. Sur quelques-unes existent des cils vibratiles très nets. Par place, les cellules cylindriques sont supportées par une assise d’épi-

thélium cubique.

OBSERVATION XI (P. Launay. Société anatomique, juillet 1897).

Sur un sujet femme âgé de 33 ans, et disséqué à l’amphithéâtre d'anatomie, j’ai trouvé un kyste sous-hyoïdien qui par ses caractères et ses connexions doit être rangé je pense parmi les kystes du canal thyro-lingual.

Avant toute dissection, le cou de ce sujet ne présentait rien d'anormal, aucune saillie. Après dissection de la région sous-hyoïdienne un kyste fut mis à découvert. Ce kyste était du volume d’un pois, bilobé, placé au dessous des deux plans musculo-aponévrotiques superficiel et moyen du cou, à droite de la ligne médiane sous le bord interne du muscle thyrohyoïdien, contre la membrane de même nom. à laquelle il n’adhérait que très faiblement. Situé à deux ou trois millimètres au dessous de l'os hyoïde, la tumeur est appliquée à la face antérieure d’un tractus lameileux et étalé, qui va, en haut, en s'élargissant, s'attacher à la lèvre postérieure du bord inférieur de l'os hyoïdien, se perdant là sans se continuer vers lalangue.

Re

A, Nes

En bas, cette lamelle vient se fusionner, devant le cartilage thyroïde avec l'extrémité supérieure d’une pyramide de Lalouette bien développée. Celle-ci, placée à droite de la ligne médiane, s'attache sur l'isthme du corps thyroïde, qu'elle semble continuer ; cet isthme est en quelque sorte séparé des deux lobes latéraux par deux sillons très nets, mais peu profonds et qui semblent diviser le corps thyroïde en ses trois portions primitives. Peut-être est-ce là une trace de ce mode de développement de la glande.

Le kyste était rosé et transparent, contenait un liquide clair et légèrement visqueux. L'examen histologique a été rendu impossible par le mauvais état de conservation du sujet.

Les connexions intimes de ce kyste avec la bandelette qui prolonge nettement la pyramide de Lalouette jusqu’à la face postérieure du corps de l’os hyoïde, son indépendance de la membrane hyo-thyroïdienne suffisent, je crois, malgré l'absence d'examen microscopique, pour affirmer sa nature congénitale et son développement aux dépens du tractus thyro lingual.....

OBSERVATION XII (In thèse de Roques, Montpellier, 1898).

M° X.…, vingt-deux ans, vient à l’hôpital Suburbain, le 1; mars 1898, dans le service de M. le professeur Forgue, pour être débarrassée d’une petite tumeur qu'elle porte à la partie antérieure du cou.

Cette tumeur siège à la partie médiane dans l'espace thyrohyoïdien. Elle occupe une .surface à peu près circulaire du diamètre d’une pièce de cinq centimes environ.

: go

Légèrement convexe en avant, elle forme au devant du cou une partie assez apparente.

La peau qui la recouvre est normale; on ne constate ni rougeur ni œdème.

Dans les mouvements de déglutition, la tumeur suit les déplacements du larynx.

À la palpation on sent une tumeur arrondie, rénitente; en palpant soigneusement avec les deux index, on arrive à percevoir nettement de la fluctuation.

La peau est mobile sur la tumeur.

La malade a remarqué la tumeur pour la première fois, il y a quatre mois, et n’en a été nullement incommodée, tout d’abord.

Ce n’est que deux mois après cette constatation qu’elle a commencé à ressentir quelques troubles passagers du côté de la respiration ; elle éprouvait de temps en temps un peu de gène respiratoire. Mais depuis quinze jours, les accidents ont revêtu une forme plus intense ; la malade est prise d’accès de suffocation, d'étouffement survenant toute la nuit; ce qui l’a décidée à venir demander une opération.

Obpéralion. — Incision verticale de $ centimètres, dont la partie moyenne coïncide avec le diamètre vertical de la ‘tumeur.

La peau et l’aponévrose ayant été divisées ; on arrive sur une tumeur kystique soulevant de chaque côté les muscles sternohyoïdiens et thyro-hyoïdiens et reposant sur la membrane thyro-hyoïdienne.

En disséquant de chaque côté, en arrière et en haut, on peut enlever le kyste qui présentait des adhérences avec la membrane thyro-hyoïdienne et un prolongement en cul-de-

sac allant prendre attache en haut, en arrière de l'os hyoïde.

Réunion immédiate.

Le kyste est constitué par une membrane blanchâtre, à tons bleutés, assez mince, contenant un liquide séro muqueux.

Examen hislologique fait par M. le docteur Poujol. — Des coupes perpendiculaires à la surface interne du kyste montrent que la paroi a la structure suivante :

a) Une membrane fibreuse, assez riche en vaisseaux et parsemée d'amas de cellules lymphocytaires paraissant représenter une ébauche de tissu lymphoïde, pas de glandules ni de fibres lisses.

b) Un revêtement épithélial suivant les points considérés, tantôt pavimenteux stratifié à trois ou quatre couches, ailleurs s’aplatissant en une seule rangée de cellules cubiques devenant enfin en beaucoup de points un épithélium cylindrique stratifié à cils vibratiles. Le passage de l’une à l’autre variété se fait par transition.

Une semblable structure doit faire éliminer d'emblée l'hydropisie de la bourse séreuse de Boyer, ainsi que le rapprochement des kystes lymphangiomateux du cou; l’hypothèse d’une dilatation glandulaire est à rejeter également ; le revêtement épithélial serait dans ce cas une seule couche de cellules cubiques et plus aplaties encore à l'exclusion de tout revètement dermoïde ou cylindrique vibratile ; de plus, il n'existe pas de glandules dans la paroi kystique.

C'est donc à un kyste dermo mucoïde d’origine congénitale

que nous avons affaire.

OBSERVATION XIII (personnelle).

Jeune fille âgée de 17 ans vient consulter M. Ricard à l'hôpital Saint-Louis, le 1° novembre 1900, pour une fistule de Ja région thyro-hyoïdienne ; elle raconte que depuis son enfance, elle portait une petite tumeur dans cette région.

A l’âge de 12 ans, M. Felizet intervint. A la suite de l’intervention elle eut un pansement pendant huit mois. Tout s'était enfin refermé, lorsqu'il y a deux ans une toute petite tumeur est apparue de nouveau qui s'est bientôt ouverte en laissant écouler un liquide filant. Depuis, l’orifice est toujours resté ouvert et c'est à cause de ces écoulements que la malade vient consulter Ricard.

Signes physiques. — La malade présente une cicatrice haute de trois centimètres, large de plus d’un centimètre. La peau a la coloration normale. Cette cicatrice dépasse l'os hyoïde en haut de deux centimètres en bas d’un centimètre. L’orifice fistuleux est situé au niveau de la partie supérieure de la cicatrice à quelques millimètres au dessus de l'os hyoïde.

La palpation attentive ne dénote aucune induration.

Pas de symptômes fonctionnels.

Opération le 1$ novembre. — M. Ricard pratique l'extirpation du petit cordon allongé qui part de la fistule et aboutit à la face antérieure de l'os hyoïde ; il dissèque assez facilement ; l'os n'est pas à nu; l’extirpation semble totale, réunion par première intention,

Un mois après, récidive sous forme d’une tumeur molle, fluctuante, sans limites précises, siégeant dans la région de l'os

hyoïde.

Le 14 décembre, la tumeur crève et laisse écouler un liquide filant.

Le 18 décembre, nouvelle opération pratiquée par M. Ricard.

Les recherches les plus miuutieuses, la dissection la plus attentive ne permettent pas de découvrir une poche. Cependant la face inférieure du mylo-hyoïdien fut explorée, le muscle lui-méme incisé et ces recherches profondes ne donnèrent rien.

Pas de récidive.

- Examen histologique. — Des coupes faites perpendiculairement à la direction du cordon fibreux montrent que la couche externe est formée d’un stroma très vasculaire. Le centre du tractus est occupé par une muqueuse formée d’une double rangée de cellules. Les cellules profondes, petites, cubiques, sont très colorées, les cellules superficielles au contraire extrêmement hautes ont un noyau très coloré et un protoflasma peu visible. Du côté de la lumière les cellules présentent un plateau. On ne voit pas de cils vibratiles.

Page 1