CHAPITRE. PREMIER HISTORIQUE
L'étude des kystes thyroïdiens date du commencement de ce siècle.
C'est Boyer quien 1831 dans son Trailé des Maladies chirurgicales (t. VIT) étudie le premier sérieusement ces tumeurs.
Il insiste surtout sur les fistules interminables consécutives à l'ouverture spontanée ou chirugicale de ces kystes.
Dupuytren, dans la Gazetle des hôpilaux (t. VI, 26 juillet 1831) démontre l'extirpation parfaitement praticable de ces kystes.
Mais les premières théories pathogéniques ne commencent qu'avec Malgaigne (1859) (1) qui décrit une bourse séreuse entre la membrane thyro-hyoïdienne et le muscle thyro-hyoïdien et considère ces kystes comme des hygromas.
Nélaton (2) (1854) en fait une dilatation kystique des follicules sous-muqueux de la région épiglottique.
Broca (3) en 1869 applique à ces kystes la théorie pa-
() Traité d’anat. chirurgicale, t. IT, p. 131, 1659. (2) Eléments de pathologie chirurgicale, 1854, t. III. (3) Traité des tumeurs, t. Il, p. 79, notes 1 et 2, 1860.
ES
, thogénique de l'enclavement épithélial émise par Verneuilen 1852, et après lui tous les auteurs admettent sans réserve cette théorie.
Lannelongue et Achard, en 1886 dans leur important Trailé des kystes congénilaux insistent sur une variété spéciale de ces kystes à épithélium cylindrique et les décrivent sous le nom de kystes mucoïdes.
Cependant après les travaux embryologiques de His qui démontre que les fentes branchiales n'existent pas sur la ligne médiane du cou, la théorie de l'enclavevement est abandonnée et on reprend les idées de Bochdalek qui, en 1866, à propos d’un kyste du plancher de la bouche, avait émis l'hypothèse que les grenouillettes de la base de Ja langue résultaient d'une ectasie du canal qui porte son nom.
Neuann en 1877, Verchère et Denucé en 1885 sont en France les propagateurs de cette théorie pathogénique et certains auteurs comme Bland-Sutton et Streckeisen veulent l'appliquer à tous les kystes médians de la langue et du cou.
C'est alors que Lannelongue (1) en 1891, tout en admettant cette pathogénie, s'élève contre cette tendance, certains kystes mucoïdes reconnaitraient en effet pour lui une origine thyro-linguale. La même année M. A. Broca dans le Traité de chirurgie de Duplay et Reclus écrit : « Il est bien certain que le canal de Bochdalek n'a rien à voir avec les kystes dermoïdes de la pointe de la langue et du plancher buccal. Mais
(1) Affections congémitales, t. 1, 1891.
SRE
je crois que l'on doit l'invoquer pour expliquer les kystes et les fistules médians et mucoïdes de la base de la langue et de la région thyro-hyoïdienne. »
En 1894, Mademoiselle Sulicka sous l'inspiration de À. Broca publie sa thèse : Contribution à l'étude des Jistules et kystes congénitaux du cou.
La même année Denucé dans une communication à la Société de médecine et de chirurgie de Bordeaux attribue une origine thyro-linguale à tous les kystes congénitaux revêtus d'un épithélium cilié qu'ils soient linguaux, sus et sous-hyoïdiens.
Il inspire deux thèses, l'une de Martin : Des kystes du canal thyro-lingual, Paris, 1895, l'autre de A. Chemin : Contribulion à l'étude des resles, chez l'adulte, de l'ébauche thyroïdienne, Bordeaux, 1895. C'est un des plus importants travaux parus sur ce sujet.
-Enfin, M. André Roques dans sa thèse Contribution à l'étude des kystes congénilaux médians de l'espace thyro-hyoïdien, Montpellier 1898, étudie les kystes dermoïdes et mucoïdes et tandis qu'il admet l'origine thyroïdenne pour les kystes mucoïdes, il semble réserver l'origine branchiale aux kystes dermoïdes.
Mais tous les auteurs, jusqu'à présent, n'ont pas bien montré le mode d'inclusion de l'épithelium et c'est ce sur quoi nous insisterons le plus.