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En avant, sous la peau, on trouve des fibres musculaires extrêmement tendues et amincies ; ce sont les fibres des cleido-hyoïdiens soulevés d’abord, puis portés en avant par le kyste qui s’accroit.
En arrière, le plus souvent, on trouve des adhérences avec les plans profonds soit avec la membrane thyro-hyoïdienne, soit avec le bord supérieur du cartilage thyroïde. Mais de toutes ces adhérences, les plus intimes, les plus résistantes, les plus constantes, celles qui gênent le plus le chirurgien sont sans contredit, les adhérences que la tumeur contracte avec l'os hyoïde, au niveau de sa face postérieure.
Dans l'observation !, le chirurgien est obligé de « râcler l'os ».
Dans l'observation IT, la tumeur est « intimement . confondue avec le périoste de l'os hyoïde. »
Plus loin, dans l'observation IIT, nous voyons que M. Panas, après incision de la tumeur, essaye d’arracher la poche kystique sans pouvoir y arriver.
De même dans les observations VII, VIIT et X.
Mais ces adhérences hyoïdiennes ne sont pas les seules difficultés que rencontre le chirurgien. Souvent, en effet, et particulièrement dans les kystes mucoïdes, l'opérateur se trouve en présence de tumeurs doublement pédiculées. Ces pédicules, attestant par leur présence l'origine même du néoplasme se dirigent, l'un en haut, derrière l'os hyoïde, vers le foramen cæcum ; l'autre, inférieur, se continue avec la pyramide de Lalouette ; c'est ce que nous voyons dans les
observations V et .VI où le kyste ne présente qu'un pédicule supérieur.
Mais il a deux pédicules dans l'observation IX. Enfin les observations XI et XII sont celles de tumeurs à pédicule supérieur.
. En dehors de ces adhérences. hyoïdiennes et de ces prolongements supérieur et inférieur, le kyste est entouré d'une capsule tant qu'il n'est pas infecté. Cependant Pierre Delbet a opéré un de ces kystes adhérent au cleido-hyoïdien gauche.
La tumeur en général ne dépasse pas le volume d'une noix ou d'une petite pomme. Celle qu'opéra M. Picqué peut être considérée comme exceptionnelle ; elle avait le volume d'une grosse mandarine.
__ Le contenu de ces kystes varie avec la nature de la paroi. |
Vartélés. — Il y a deux grandes variétés de kystes thyro-hyoïdiens: les kystes dermoïdes et les kystes mucoiïdes.
Nous verrons si à côté de ces cas normaux fréquents on peut observer dans la région, et à titre d'anomalie, des kystes d'une autre nature.
K ystles dermoïdes.— La paroi des kystes dermoïdes est une membrane blanchâtre, relativement épaisse et résistante ; elle peut atteindre et même dépasser deux millimètres d'épaisseur. Elle présente au point de vue histologique les caractères généraux du tégument externe ; on trouve en allant de dehors en dedans un derme souvent doublé dans sa profondeur d’un pannicule graisseux, et un revétement épilhélial formé de
cellules pavimenteuses siratifiées qui subissent l'évolution de l'épiderme.
Le derme présente sa structure normale. On n'y trouve pas, en général, de papilles ; cependant leur présence a été signalée dans une observation de Petel et Duménil.
Les glandes sébacées, annexées ou non à des follicules pileux, sont moins rares. Des poils sont implantés dans la paroi et n'existent qu'en des points très limités. Ce n'est que par exception qu'on a rencontré des glandes sudoripares.
L'épiderme est pavimenteux, stratifié et pourvu quelquefois d’une couche cornée et d’un séralum granulosum avec grains d’éléidine. Dans la plupart des cas la couche cornée épithéliale est en partie desquamée et se continue sans ligne de démarcation précise avec les cellules qui forment le contenu sébacé de la poche kystique.
Le contenu est une matière sébacée, d'aspect blanchâtre ou grisâtre ; on l’a comparé à de la substance cérébrale, à dela purée de chataigne, à de la glace au café, à du mastic de vitrier.
Cette masse est composée de graisse libre, de cristaux de cholestérine, de débris de cellules épithéliales plus ou moins déformées et racornies ou infiltrées de graisse.
Dans la moitié des cas environ, on a rencontré des poils mélangés avec la matière sébacée. Ils sont plus ou moins nombreux, tantôt fins et courts tantôt longs de plusieurs centimètres:
Jp
On n'y a jamais trouvé d'os ni de dents comme dans un certain nombre de kystes dermoïdes des autres régions. |
Kystes mucoïdes. — Ces kystes sont en général moins tendus que les kystes dermoïdes ; ils sont plus régulièrement sphériques. Leur paroi est mince et transparente ce qui leur donne une couleur blanchâtre ; nous avons vu qu’ils pouvaient présenter deux pédicules.
Au point de vue histologique ces kystes présentent à étudier : 1° Une paroi; 2° Un contenu. La paroi est le plus souvent résistante quoique mince ;. la face externe est lisse et peu adhérente aux parties voisines ; la face interne présente des sinuosités, des diverticules plus ou moins nombreux.
Sur la coupe on trouve en allant de dehors en dedans :
1° Du tissu connectif ou élastique ;
2° Un épithélium formé de cellules petites et transparentes; ces cellules possèdent un noyau assez petit mais parfaitement net. De forme allongée, elles présentent une petite extrémité tournée du côté de la paroi et une grosse en forme de plateau strié, regardant la cavité du kyste. ;
On distingue très fréquemment à la surface libre de ces cellules, des cils vibratiles ; — mais ces derniers peuvent manquer. — Dans tous les cas on retrouve toujours dans cette couche interne les caractères d'une muqueuse.
Le contenu de ces kystes, est variable. Le plus