CHAPITRE Ill PATHOGÉNIE
Laissant de côté dans ce chapitre les variétés rares nous ne nous occuperons que de la pathogénie des kystes dermoïdes et mucoïdes.
Actuellement l'histologie des kystes thyro-hyoïdiens est très bien connue ; d'un autre côté l'embryologie de la région ést des plus claires ; il semble que la question des kystes thyro-hyoïdiens soit très près d'être close et toutes les théories pathogéniques émises n'auront bientôt plus qu'un intérêt historique.
Nous passerons rapidement en revue les premières théories connues pour nous arrêter longuement sur la théorie des débris embryonnaires qui est aujourd'hui définitivement acceptée.
Théorie de Boyer. — Boyer quile premier, en 1831, étudie sérieusement les kystes thyro-hyoïdiens est surtout frappé par les fistules interminables qui suivent l'incision de ces kystes ; mais il en explique ainsi la raison :
« Pour que, dit-il, des parties couvertes de bourgeons charnus et de suppurations se réunissent, 1l faut qu'elles se touchent immédiatement ; or, la chose est impossible ici : de quelque manière qu'on s'y prenne,
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il restera toujours un intervalle entre la partie du foyer qui correspond au muscle thyro-hyoïdien et la partie postérieure qui repose sur la membrane thyrohyoïdienne. »
Cette conception ne peut pas Soutenir un examen, car il est toujours facile d'accoler les parois de ces cavités par des points de suture; or, par cette méthode on n'arrivera jamais à guérir un kyste thyro- hyoïdien ou une fistule, pas plus qu'on n'arriverait à transformer l'intestin en un cordon fibreux en faisant une ligature; ce n'est pas l'absence de coalescence des parois qui entraine la fistule; c'est la structure de ces parois.
Théorie de Nélaton. — Nélaton en 1854, ayant observé que certaines fistules consécutives à l'ouverture de ces kystes s'étendaient jusqu'à la base de l'épiglotte en donne ainsi l'explication pathogénique : « Les recherches que nous avons faites sur ce point, et d’un autre côté la nature du liquide qui est muqueux plutôt que séreux, la prolongation de la fistule jusque sous la base de la langue, nous porteraient plutôt à croire qu'il s'agit dans ce cas d'un kyste formé par l'ampliation d'un follicule sous muqueux. » Et il propose de donner à ces kystes le nom de grenouillette sous-hyoïdienne.
Cette théorie semble invraisembable ; une tumeur kystique siégeant dans les glandes épiglottiques se développerait plutôt du côté de la base de Ia langue.
Théorie de Malgaigne. — Malgaigne, en 1854, décrit une bourse séreuseentre le musclethyro-hyoïdien
en avant, la membrane thyro-hycidienne en arrière la face inférieure de l'os hyoïde en haut et regarde les kystes thyro-hyoïdiens comme des hygromas de cette bourse.
L'examen histologique des tumeurs de cette région, nous montre que cette théorie ne peut êtreadmise pour les kystes dermoïdes et mucoïdes, Cependant nous avons observé un cas d'hygroma de la bourse décrite par Malgaigne.
Théorie des débris embryonnaires. — L'origine des kystes thyro-hyoïdiens est dans les débris SRRTON naires qu'on trouve dans la région.
€es kystes sont de deux ordres, mucoïdes et dermoiïdes.
Aussi les débris seront de deux natures différentes : ou ils sont dus au canal de Bochdalek ou au contraire à un enclavement épithélial au niveau de fentes branchiales.
La théorie qui fait du canal de Bochdalek le point de départ des kystes mucoïdes, est admise à l’unanimité.
Pour les kystes dermoïdes, l’accord n'est bas complet et cela parce que les auteurs ont méconnu l'inclusion des téguments.
Pierre Delbet croit que ces kystes sont produits par le canal de Bochdalek.
II semble en effet possible que ce catal produise des
kystes dermoïdes puisque certains auteurs acceptent
que le pharynx est d'origine ectodermique ainsi que le canal qui participe de cette origine.