‹ Contribution a l'étude des Lésions des Nerfs de la Queue de Cheval et du Cone TerminalChapitre 8 sur 60 · Partie postérieure de la cuisse, excepté la partie dévolue à la · texte numérisé non relu

Partie postérieure de la cuisse, excepté la partie dévolue à la

Une étroite languette de la partie

. Glutée (Fessier -

1'° sacrée ( postérieure de la cuisse; la partie Péroniers ostérieure de la jambe; la plante

2e sacrée Tr L | postérieu a ] p

Muscies antérieurs de la jambe

4 lombaire Extenseur du genou, abducteurs de jambe. la cuisse | dorsale du pied.

Muscles intrinsèques du pied

du pied; une partie de la face

Périnée ; organes génitaux externes;

3° sacrée Muscles du périnée aire en forme de selle à la partie postérieure de la cuisse.

&* sacrée | Vessie et rectum

Physiologie expérimentale

Bechterew et Rosenbach (2), expérimentant sur des chiens, ont cherché, par des sections de la queue de cheval, à reproduire les symptômes observés chez l’homme.

Ils sont arrivés aux résultats suivants :

Paralysie complète de la queue et troubles moteurs appréciables du train postérieur ; anesthésie complète de la queue dans toute sa longueur, du périnée (y compris les organes génitaux), de la région postéro-interne des deux cuisses et des deux sphineters.

Quand la section portait un peu plus haut, entre les deux dernières vertèbres lombaires, on observait en outre :

Des troubles moteurs excessivement prononcés des extrémités postérieures, amenant un balancement à droite et à gauche du train

(1) Thorburn. Brain, 1888.

(2) Wiestnich clinish et sond psychiatrie, 1884. Vratch, no 39, 1800.

oi

postérieur ; de l’anesthésie des régions postéro-internes des deux extrémités inférieures, Au bout d’un certain temps, les muscles paralysés montraient la réaction de dégénérescence.

Cette parfaite similitude avec les troubles observés chez l’homme, nous a engagé à analyser de plus près les fonctions radiculaires chez les animaux.

La distribution des zones de sensibilité a moins préoccupé les auteurs que la recherche des centres réflexes médullaires et les fonctions motrices des racines.

Nous allons rapporter brièvement l’état de nos connaissances et nous donnerons ensuite le résultat de quelques expériences que nous avons reproduites sur des chiens.

Centre vésico-spinal. — Il est situé, d’après Gianuzzi, entre la troisième et la cinquième vertèbres lombaires. Par les nerîs correspondants aboutissent également une partie des fibres destinées à l’urèthre et au bulbo-caverneux.

Centre ano-spinal. — Rossolimo (1) le place, d’après l’expérimentation sur des chiens, au niveau de la troisième racine sacrée ; le chemin suivi par le réflexe étant la quatrième paire sacrée.

Centre génito -spinal. — Ce centre, d’après Budge, est situé, chez le chien, au niveau de la quatrième lombaire. « Chez l’homme, dit Laborde (2), son siège probable est vers la deuxième moitié de la moelle dorsale ».

Ceci est en parfait accord avec les cas où l’on voit la paralysie de la vessie et du rectum coexister avec la conservation de l'érection.

(1) Neurologisches Centralblalt, mai 1891.

(2) Laborde. — Traité élémentaire de physiologie.

Un des symptômes les plus constants, dans les lésions de la queue de cheval, est l’ischurie paradoxale, c’est-àdire la paralysie du muscle vésical avec impossibilité de la miction volontaire, et l'intégrité partielle du sphincter vésical, amenant une rétention suivie d’incontinence par regorgement.

Eulenburg (1), l’un des premiers, avait bien observé ce symptôme dans une observation (obs. XXXIII) qu’il publiait en 1866.

Les expériences de MM. Courtade et Guyon (2) pourraient peut-être nous donner l'explication de ce phénomène. Ils ont vu récemment que, chez les chiens, les nerfs sacrés agissent presque exclusivement sur la couche longitudinale des fibres musculaires de Ia vessie, et tiennent sous leur dépendance, presque exclusive, l'acte de la miction. « Au contraire, les contractions de la couche circulaire, qui sont surtout marquées au niveau du col, et par suite fournissent l’occlusion plutôt que l'évacuation de la vessie, sont intimement soumises à l’influence du grand sympathique lombaire. »

On comprend alors qu’une lésion inférieure agissant sur le cône terminal ou les paires sacrées laisse, en partie, intact le sphincter et paralyse la vessie.

Les recherches de Fellner (3) faisaient déjà pressentir ces résultats. Cet auteur a démontré que, pour le rectum, il y a quelque chose d’analogue.

Même disposition pour les nerfs érecteurs.

D’après Morat (chien), ils proviennent des racines

() Eulenbürg. — Arch. für Klinische chirurg.. p. 507, 1866. (2) Courtade et Guyon. — Comptes rendus de la Soc. de Biologie, 1895, p.618.

(3) Fellner, — Centralblatt für med. Wissenschaft. Ueber die Innervation des Reclum, 1882,

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antérieures des première, deuxième et troisième paires sacrées (1).

M. F. Franck a démontré, de plus, qu'un second système de nerfs érecteurs était fourni par les troisième, quatrième et cinquième nerfs lombaires par l’intermédiaire du grand sympathique.

Ceci est encore à rapprocher de la clinique où l’on peut voir l'érection conservée ou simplement diminuée, malgré une destruction des nerfs érecteurs sacrés ou de leur centre d’origine.

Fonctions motrices des racines de la queue de cheval. — Quant aux fonctions motrices des racines rachidiennes inférieures, les documents sont plus nombreux.

Nous empruntons à la thèse de Forgue (3) l'exposé des trois théories qui ont été admises par les physiologistes.

La première, soutenue par P. Bert et Marcacci (4), reconnaît à chaque racine une fonction bien définie, flexion ou extension, par exemple. C’est une opinion à peu près semblable que défendent Ferrier et Yeo (5),

La deuxième, absolument opposée, est soutenue, entre autres, par Panizza, qui refuse à chaque racine motrice toute individualité physiologique, n’en faisant qu'un conducteur indifférent à action diffusée à tous les muscles, allant jusqu’à admettre que la conservation d’une seule

(1) Morat. — Arch. de Physiologie normale et pathologique, 1892, p. 689.

(2) Franck. Soc. de Biologie. 1894.

(3) Forgue. Thèse de Montpellier, 1883.

(4) P. Bert et Marcacci. Lo Sperimentale. Octobre 1881. — P. Bert. Soc. de

. Biolozie, 1881,

(5) Ferrier et Yeo. The fonctional relations of the motor roots of the brachial and limb sacral plexus. Proceed. of roy. Soc. of London.

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racine suffit à la motricité du membre, celle-ci étant simplement diminuée.

La troisième opinion moyenne (Muller, Van Deen, Kronenberg, etc.) reconnaît qu’un groupe musculaire synergique n’est point fourni par une racine unique, spécialisée dans cette fonction, mais qu’il emprunte, au contraire, à des racines différentes.

Forgue, qui reprit ces expériences, était arrivé à admettre que « chaque racine commande à une région donnée, qu’elle s’y distribue dans des territoires topographiquement constants, mais fonctionnellement indéterminés; elle est la racine d’un département musculaire donné; elle n’est point la racine d'une fonction. »

Il n’était pas indiflérent, pour notre étude clinique, de savoir si vraiment on devait abandonner tout espoir de rapporter à la lésion d’une racine ou d’un groupe de deux à trois d’entre elles les paralysies et atrophies des muscles des membres inférieurs dans les cas des lésions des nerfs de la queue de cheval.

C'est ce qui nous a engagé à reprendre ces expériences sur les animaux.

1) ee

Expériences personnelles

Sur trois chiens de taille moyenne, morphinisés et chloralisés jusqu’à anesthésie complète, nous avons pratiqué la laparatomie médiane. Traversant alors le feuillet postérieur du péritoine, nous avons mis à nu, avec la sonde cannelée, le point d’émergence des racines lombosacrées correspondant aux quatrième, cinquième, sixième, septième paires lombaires, et première, deuxième, troisième paires sacrées. Cette dernière est assez diflicile à bien isoler à cause de la profondeur du bassin et de la nécessité absolue de respecter les vaisseaux. Sans cette précaution, on risque, en effet, comme cela nous est arrivé chez un quatrième chien, à la suite de la section involontaire d’une grosse artère, de voir l’inexcitabilité musculaire s'installer très rapidement. C’est là un point d'autant plus important que ces expériences sur le même animal sont longues, durent plusieurs heures, peuvent être facilement entachées d’erreur si l’on supprime l'irrigation sanguine du muscle par la section de vaisseaux, même de petit calibre.

Nous nous sommes servi de l’excitation électrique et du pincement, dans deux conditions : avant et après la section de toutes les racines. Dans le premier cas, nous devions évidemment avoir à compter avec des diffusions dans l’axe médullaire ; mais les résultats obtenus avant et après la section étant tout à fait comparables, nous avons pu en conclure que les courants électriques, dont

MU ce

nous nous servions, ne présentaient pas une intensité trop grande.

‘Les racines ont été coupées le plus près possible de leur sortie du rachis.

Les choses ainsi disposées, nous avons étudié d’abord les mouvements d'ensemble du membre inférieur sans procéder à la dissection de la patte de l’animal et sans savoir quels muscles entraient particulièrement en jeu.

Puis, après une dissection des muscles, en respectant les nerfs et les vaisseaux, nous avons excité successivement chaque racine, prenant les muscles l’un après l’autre, et notant, pour chacun, le rapport entre l’excitation de la racine et la contraction musculaire.

Dans cette dernière recherche, nous avons employé un procédé spécial, qui consistait à couper le muscle observé en travers et près de son extrémité tendineuse inférieure.

Bien qu’on s’expose ainsi à sectionner quelques filets nerveux intra-musculaires de peu d'importance, ce procédé a l'avantage de placer sous les yeux une tranche musculaire qui se rétracte à chaque excitation, et de ne tenir aucun compte du mouvement du membre.

On constate alors très bien que le muscle ne se contracte pas toujours en entier, mais quelquefois isolément, par sa portion interne ou externe. Cette remarque, déjà signalée par M. Forgue, nous permettra plus loin d'expliquer le mécanisme de certaines guérisons partielles.

Nous n'avons pas cherché à identifier les dix paires lombo-sacrées du chien avec celles de l’homme: rappelons seulement que lon peut rapporter la quatrième racine lombaire à la troisième chez l’homme.

En regard de nos résultats, nous donnons, résumés, ceux des autres auteurs : P. Bert et Marcacci, Forgue, qui

oi

ont expérimenté sur le chien; Ferrier et Yeo sur le singe (d’après Grasset, Tr. des mal. nerveuses).

1° Mouvements d'ensemble du membre inférieur produits par l'excitation isolée de chaque racine.

4e LomBaIRE : Flexion de la cuisse sur le bassin: Extension de la jambe sur la cuisse ; Légère rotation en dehors.

Forgue signale, de plus, l’adduction de la cuisse que Ferrier et Yeo, n’ont pas mentionnée.

P. Bert et Marcacci : Flexion de la cuisse sur le bassin.

de LoMRAIRE : Extension de la jambe sur la cuisse et adduction très marquée. Le mouvement se fait en deux temps : 1° extension avec adduction très légère; 2° adduction énergique.

Ressemblance avec ce qui s’observe chez les hémiplégiques qui fauchent en marchant.

Légère flexion de la cuisse sur le bassin.

Forgue indique, en plus, des mouvements au niveau de l'articulation du pied, qui serait fléchi sur la jambe. P. Bert et Marcacci, Ferrier et Yeo lui attribuaient aussi l’extension de la cuisse sur le bassin.

6° LomgarrEe : Extension de tous les segments du membre inférieur.

Forgue : Extension de la cuisse avec rotation en dehors, jambe fléchie légèrement, renversement du pied. Flexion plantaire des deuxièmes phalanges des orteils.

Ferrier et Yeo : Flexion de la cuisse et extension de la jambe.

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7° LomBaire : Extension de la cuisse sur le bassin; Flexion de la jambe sur la cuisse; Extension du pied; Flexion des orteils.

Forgue : Flexion de la jambe sur la cuisse. Extension du

pied et flexion des orteils.

P. Bert et Marcacci : Mouvements à peu près semblables. Ferrier et Yeo : Extension de la jambe; gros orteil redressé.

{re SacRéE : Rotation de la cuisse au dehors avec extension sur le bassin et abduction de la cuisse ; Flexion de la jambe sur la cuisse; Flexion des orteils.

Forgue : Abduction et flexion du pouce; flexion des orteils. P. Bert et Marcacci : Mouvements de la queue. Ferrier et Yeo : Rotation en dehors de la cuisse : flexion et rotation en dedans de la jambe.

2° SACRÉE : Flexion de la queue ; Flexion des orteils avec extension du pied sur la jambe, muscles intrinsèques du pied.

Forgue : Mouvements de la queue.

Ferrier et Yeo : Flexion de la jambe, extension du pied, flexion des orteils.

3° SACRÉE : Flexion avec adduction de la queue vers le côté excité. |

Forgue : Mouvements de la queue.

Ferrier et Yeo : Muscles intrinsèques du pied. :

Adduction et flexion du: pouce avec flexion des premières phalanges et extension de la dernière.

En résumé, l’on peut dresser le tableau suivant, où

n’est indiqué que le mouvement qui serait le plus difficile a exécuter par la compression ou la section d’une seule racine.

4° LOMBAIRE : Extension de la jambe sur la cuisse avec flexion de la cuisse sur lé bassin.

9° LOMBAIRE : Adduction très marquée de la cuisse ; Extension de la jambe sur la cuisse.

6° LoMBAIRE : Extension de la cuisse sur le bassin ;

7° LOMBAIRE : Flexion de la jambe sur la cuisse ; Extension de la cuisse sur le bassin ; Extension du pied.

{re SACRÉE : Rotation de la cuisse en dehors avec abduc- HOUS Flexion des orteils.

9e SACRÉE : Flexion des orteils ;

3° SACRÉE : Muscles de la queue.

2e Contraclions musculaires provoquées par l’eæcitation de chaque racine.

Forque Résultats personnels Couturier. Psoas.

Vaste interne. Couturier.

Droit antérieur. Droit antérieur.

Pectiné. Vaste interne.

Droit interne. Pectiné.

Droit interne.

Adducteurs de la cuisse.

pe

Couturier. Couturier.

Tout le triceps. Quadriceps de la cuisse.

Droit interne. Pectiné.

Adducteurs. Droit interne.

Jambier antérieur. | Adducteurs.

Extenseurs des orteils. Moyen et petit fessiers.

Vaste externe. Quadriceps, moins le droit antr Pectiné. Pectiné.

Droit interne. Droit interne.

Grand adducteur. Grand adducteur.

Jambier antérieur. Tous les fessiers.

Extenseur des orteils. Biceps.

Fessiers. 1/2 membraneux.

Tenseur du Fascia lata. 1/2 tendineux.

Biceps (portion fémorale). Péroniers.

1/2 membraneux. Triceps sural.

1/2 tendineux. Jambier antérieur.

Péroniers. Extenseur commun des orteils.

Muscle pelvi-trochantérien.

7t LOMBAIRE

Fessiers. Fessiers.

Biceps portion jambière. Biceps.

1/2 membraneux. 1/2 tendineux.

1/2 tendineux. 1/2 membraneux.

Triceps sural. Muscle pelvi trochantérien.

Fléchisseurs des orteils, Triceps sural. Péroniers.

Jambier antérieur.

Long fléchisseur des orteils.

EN ee

Are SACRÉE

Triceps sural. Grand fessier.

Fléchisseurs des orteils. Muscles du périnée. Muscles intrinsèques du pied. Triceps sural.

Fléchisseurs des orteils.

(région jambière et plantaire).

Biceps.

1/2 membraneux.

2e SACRÉE

Même que la {re, Triceps sural.

Fléchisseurs des orteils (région plantaire).

Muscles du périnée.

Muscles de la queue.

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