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Couper : tailler? ce sont les tailleurs qui font cela. Couper des coupons.
Couronne : c’est le roi du pays qui la porte ordinairement,
Rude: quand il fait froid dehors il fait rude. Ça ce remarque le mieux près du poêle.
Prison: est un établissement pour ceux qui ne sont pas convenables.
Quitter (ou divorcer) : quand un homme et une femme ne sont pas heureux ensemble ils se quittent. Moi je ne permettrais jamais cela.
Malade: quand on est malade, quand on a quelque chose. Des fois que soi-même on s'est fait quelque chose comme moi. Pourquoi vous êtes-vous fait quelque chose? : par bêtise sans doute.
Vouliez-vous vous suicider? : ben oui, à cause de ma fiancée. Ce sont des gens qui ont de l'argent. Le. père s’y opposait, dès que je serai rétabli, je m'en 1irai. J'ai à Paris une place en vue pour machines à écrire et à calculer. On fait beaucoup de choses par bêtise. Mais quand je serai de retour on se mariera quand même, ma fiancée m'attendra.
Mes sœurs vont aussi assez bien. Ceci est ma première maladie. Mon père et ma mère viennent me voir presque tous les jours.
Pendant les semaines qui suivent le malade reste . à peu près au même état. Il est la plupart du temps assez calme. Orienté dans le temps et dans l’espace, cependant par moments, confusion de lieux. Il se rend compte qu'il est à l’hôpital, mais situe cet établissement au Neudorf, faubourg de Strasbourg. Comme il
est Strasbourgeois, il devrait parfaitement savoir que l'hôpital ne se trouve pas au Neudorf. Son affectivité est caractérisée par de l’euphorie constante vis-à-vis du médecin. Il répond par un sourire à toutes les questions. Ce sourire ne le quitte même pas lorsque l’entretien se porte sur son crime et sa tentative de suicide. Bien au contraire : souvent il rit aux éclats lorsqu'on touche ces questions tragiques. Il parle souvent de s'évader et ne s’en cache pas du tout. Il menace toujours, le sourire aux lèvres, de scier les barreaux qui garnissent les fenêtres de la salle. « Et alors gare à vous, je saurai vous retrouver et ce ne sera pas moi qui aurai un trou dans la tête mais vous, à moins que je ne vous assomme avec une hache. Quant aux infirmiers, je me contenterai de les rosser d'importance «gründlich durchweichen ».
Un jour qu'on lui permet de se promener au jardin avec les autres malades, et sous surveillance, il escalade le mur avec une célérité remarquable et ce n’est qu'avec peine qu’on arrive à le retenir. Il ne manifeste qu’une résistance minime lorsqu'on le transporte au quartier des agités, et son sourire ne le quitte pas. «Ich komme doch schon einmal wieder heraus ». « J'arriverai bien à sortir un jour». Dans ses rapports avec les infirmiers il est souvent très grossier et brutal. Il manifeste un mépris profond pour L:s règlements à l'usage des malades: il fume des cigarettes dans la salle de malades, commande de alcool à sa mère, des couteaux, des ficelles, des allumettes. Lorsqu'on l'interpelle à ce sujet il se contente de sourire. Les visites de ses parents et de ses sœurs ne le touchent pas. Aucun signe de joie ne trahit son émotion. Il
MODO Te
leur fait des reproches de ne pas avoir apporté les objets qu'il avait commandés et les somme de le remmener avec eux. En guise d'adieu il leur dit «Ben, foutezle-camp, vous n’êtes tout de même bons à rien» (Jo, haue ab, mer kann eich doch füer nex brüeche).
Peu à peu pour dormir il prend une attitude spéciale. Il se couche sur le dos complètement à plat, la tête basse, un mouchoir mouillé sur le front. Puis pendant le sommeil il se retourne, sans doute inconsciemment, reste couché sur le ventre, les bras croisés en haut de la tête. Ses parents disent ne jamais avoir remarqué cette particularité auparavant.
Par moments il se plaint de douleurs dans la région frontale, surtout lors de changements de temps. Il est toujours très irritable, devient par moment agressif et quérulant, se plaint des soins, de la nourriture, de toute l’organisation de la clinique, mais se calme rapidement après un paroxysme d’excitation. Son euphorie niaise, son éternel sourire ne tardent pas à réapparaître.
Le malade entre temps fait l’objet d’une expertise médico-légale, à la suite de laquelle il est interné dans un asile d’aliénés. Un dernier examen avant son départ donne les résultats suivants :
27. 7. 28. Orientation parfaite sous tous les rapports. Vous disiez un jour que vous vouliez aller à l'asile? Oh, ce n’est pas grave ça. — Vous avez tué votre fiancée? Ce n’est pas vrai, elle n’était pas du tout auprès de moi, elle n’est pas morte du tout.
Enumérations : fournies correctement. Epellations bien fournies également. Calcul correct et rapide.
Echolalie avec et sans sens: reproduite correctement. Lecture bonne, reproduction correcte.
Proverbes : Jeder ist seines Glückes Schmied : comme on se le fait on l’a. Viele Hunde sind des Hasen Tod: oui, il ne sait plus où aller quand les chiens l’entourent. Es ist kein Meister vom Himmel gefallen: il faut
d’abord qu’on apprenne quelque chose quand on veut réussir. — Ehrlich währt am längsten : quand on trouve quelque chose il faut le porter au bureau.
Dénomination de couleurs correcte.
Choix de couleurs: +
Images: + s. p.
Mémoire optique: +
Mosaïque : + très vite.
Echopraxie: +
Praxie symétrique : +
Stéréognosie : +
Classements de poids: +
Rythmes: +
Associations Jung-Ricklin :
Noël: jour de fête.
Dimanche : jour de repos pour les ouvriers.
Hiver: dernière saison de l’année.
Lac: c'est de l’eau.
Ecolier : un jeune homme qui va à l’école.
Père : le plus haut placé dans la famille.
Table : une chose faite de bois.
Tête : la chose de l’homme.
Encre: pour écrire,
Aiguille : pour coudre.
Pain : le boulanger le fait pour être mangé.
Lampe: pour voir quelque chose la nuit.
Arbre : un objet qui sort de terre.
Montagne : élévation de la terre.
Rêve: ça, je ne peux pas le dire.
Cahier : on y écrit.
Papier: c’est du papier.