OBSERVATION XXIV
(Recueillie dans le service de M. le professeur Grayet.)
Désiré G..., vingt-cinq ans, domestique, entré à la clinique le 16 juillet 1894.
Ophtalmie purulente à sa naissance.
Actuellement, l’œil droit est complètement atrophié et la vision absolument abolie de ce côté. La cornée est opaque et présente une ulcération centrale ; des vaisseaux la pénètrent au niveau du : limbe,
Rd age mg Andes T2
Ac dd) Mi À
À # dE À ; ï K rÆ * | A
PA Be EN EN Re Te
LE AREA EEE SU
Des
L'œil gauche présente un leucome central adhérent et Les traces d’une iridectomie ancienne (pupille inféro-externe).
Le malade se conduit, mais distingue à peine les doigts à 20 centimètres, Il n’a jamais souffert.
OBsErvATION XXV (personnelle)
(Recueillie à l’Asile des Jeunes Aveugles de Villeurbanne.)
Marie V..., seize ans. Ophtalmie purulente à sa naissance, Leucomes adhérents des deux yeux consécutifs avec atrophie des deux globes, Double iridectomie à l’âge de deux ans. L’œil droit distingue la lumière de l'obscurité ; l’œil gauche ne voit même pas la lumière. Il est impossible à la malade de se conduire.
OBsERVATION XX VI (personnelle.)
(Recueillie à l’Asile des Jeunes Aveugles de Villeurbanne.)
Benoît T..., quatorze ans. Ophtalmie purulente à sa naissance, Actuellement, l'œil gauche est atrophié et complètement perdu. L'œil droit présente un vaste leucome adhérent, s'arrêtant à 1 millimètre environ du bord de la cornée; iridectomie supéro-externe faite il y a douze ans. Le malade peut à peine se conduire.
OBservaTIoN XXVII (personnelle) (Recueillie à l’Asile des Jeunes Aveugles de Villeurbanne.)
Clotilde V..., onze ans. Ophtalmie purulente à sa naissance.
Actuellement, l'œil droit est en atrophie.
L’œil gauche présente un vaste leucome adhérent, laissant trans-
ER T 4 RES , DES \ # LESC Q pus parente la partie supérieure de la cornée ; ‘iridectomie supérieure
faite il y a dix ans.
La malade ne se conduit qu’à grand’peine.
En résumé, à côté de quelques légères améliorations, la plupart des malades ne retirent aucun bénéfice appréciable au point de vue fonctionnel de l’opération, dans les cas où il s’agit de leucomes assez étendus, à adhérences larges et solides. Si leur œil n’a jamais été enflammé ni douloureux, on peut toujours tenter une iridectomie optique, car si médiocre que soit le résultat, le malade pourra bénéficier d’une amélioration, qui, quoique minime, lui rendra quelques services.
Mais si les malades ont eu leurs yeux longtemps enflammés, il vaut mieux ne pas y touchér, de crainte de réveiller un vieux foyer d’inflammation éteint, car les résultats que l’on peut espérer sont loin d’être en rapport avec le danger qu’on fait courir aux malades.
Si l'œil est sans cesse enflammé et est la source de douleurs continuelles, une iridectomie aussi large que possible, pourra calmer cet état inflammatoire, mais sans améliorer en rien la vision.
Enfin, sila vision est nulle et si l’œil persiste à être enflammé après une iridectomie faite dans ces conditions, il ne reste qu'une opération logique, l’énucléation.