‹ Contribution à l'étude des limites de certains délirs alcooliquesChapitre 34 sur 55 · SR · texte numérisé non relu

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auxquelles elle croit réellement avoir assisté, qu’elle raconte toujours de la même façon, mais qu’elle localise mal dans le temps et dans l’espace. Elle ne peut s’expliquer comment, en montant simplement un étage, elle a pu passer de la maison Renaud rue Coquillière près de son domicile à l’asile Ste Anne qu’elle sait situé près de la prison de la Santé; elle s’irrite à notre étonnement en affirmant qu’elle n’a pas rêvé et que si cela avait continué, elle se serait précipitée par une fenêtre.

Depuis qu’elle a été à Sainte Anne, elle n’a rien remarqué d’anormal, les infirmières étaient pleines de prévenances; l’une d’elles portait des lunettes et paraissait être la surveillante, elle n’a pu comprendre leurs noms parce qu’elle est un peu sourde. Elle a été visitée par une amie, Mlle G..., à qui elle a raconté à peu près dans les mêmes termes, ce qu’elle avait dû subir et aussi sa satisfaction d’être enfin tranquille, elle insistait seulement pour sortir et reprendre au plus vite sa petite voiture, car autour d’elle il y a des folles qui crient et l’empêchent de dormir.

I s’agit bien d’un épisode confusionnel, en effet, à l’exception du souvenir des scènes oniriques, la malade présente une amnésie complète de tout ce qui s’est passé depuis son départ pour l’hôpital jusqu’à son entrée à l’asile Clinique.

D’après les renseignements recueillis auprès de la personne qui est allée la visiter à l’hôpital et à Ste Anne, la période confusionnelle n’a duré que quelques jours, du 24 au 31 janvier environ, du reste le certificat immédiat du service de l’admission en date du 29 janvier signale seulement « léger affaiblissement des facultés intellectuelles, troubles du caractère, aucun délire apparent.

Nous avons ici un cas d’onirisme caractérisé par un délire hallucinatoire visuel, celui-ci est en général d’origine toxique; or, ici cette origine toxique ne saurait être incriminée, car on ne trouve aucun signe révélateur d’habi-

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tudes d’intempérance. Par contre, cette malade avait un petit epithélioma ulcéré de la région frontale supérieure et médiane cicatrisé depuis un mois à peine à la suite d’une brûlure par les rayons X et ses troubles mentaux ont paru pouvoir être mis sur le compte des altérations cérébrales passagères, provoquées par la radiothérapie. Tout en faisant les plus expresses réserves sur une telle pathogénie, nous retiendrons seulement ici, encore, la possibilité de troubles mentaux pseudo-alcooliques, à l'exclusion de tout appoint tonique de ce type.

B) DÉLIRES POST-TRAUMATIQUES.

OBSERVATION VI (D' Masquin).

P. René, 22 ans, entré à l'hôpital Henri Rousselle, le 19 avril 1930. Il n’a pu être conservé en raison de son agitation à l’hôpital Broussois, où on l’avait hospitalisé pour tentative de suicide (plaie profonde du poignet gauche par coup de rasoir).

Sujet normal jusqu’à l’âge de 19 ans. Il fait alors une chute du deuxième étage. Fracture du rocher. Graves modifications du caractère, instabilité, colère. Apparition trois mois après la chute de crises épileptiques généralisées qui se répétèrent tous les quinze jours environ. En outre, état dépressif en partie légitimé par les troubles subjectifs consécutifs au traumatisme et surtout par les crises comitiales. Plusieurs tentatives de suicide, au cours d'épisodes confusionnels. Pas d’éthylisme. Pas de syphilis dans les antécédents. Bordet-Wassermann et Meinicke négatifs.

Dès l'entrée état fébrile conditionné par une congestion pulmonaire bilatérale. Grandes oscillations thermiques (39°- 41°). Mauvais état général, Torpeur. Obnubilation intellec-

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