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vaille que par intermittences. S’était remise dans la fleur où elle s’était créée une petite clientèle personnelle. Première liaison à 18 ans. Fausse couche provoquée. Rupture pendant la guerre. Nouvel ami qui la rend enceinte et l'épouse. Un enfant. Durant une absence prolongée du mari en Orient, se croyant abandonnée elle intente une instance en divorce et se met en ménage avec un bomme dont elle a un deuxième enfant. Retour du mari avec qui elle revient habiter. 3° enfant. Rendu à la vie civile, le mari travaille comme sculpteur sur bois; mais il est violent, brutal, avec colères classiques, forçant la femme à partir plusieurs fois; son ressentiment est entretenu par la présence de l'enfant adultérin que pendant onze ans, il se refuse à reconnaître, et auquel il ne donnera son nom que tout récemment. Depuis trois ans cet homme est en chômage; la femme aide en grande partie le ménage à vivre et reproche au mari de la tromper et de boire d’une façon continue. Elle-même reconnaît des habitudes éthyliques qu’elle n’aurait contracté que « par ennui de sa situation conjugale malheureuse », quelques mois avant le début des premiers troubles mentaux.
Histoire de la maladie. — Klle est internée une première fois par nous le 24 août 1929 : délire éthylique subaigu. Idées de persécution, de jalousie, et d’influence avec interprétations et hallucinations mal systématisées. Son mari la fait suivre par deux sergents de ville. Il embrasse les infirmières derrière la porte. Un « supérieur » lui retire de l'électricité de la tête, lui donne des ordres. Hallucinations auditives et cénesthésiques associées. La télégraphie lui apprend ce que fait son mari, iui transmet les paroles injurieuses de sa concierge. Elle entend dire que l'infirmière met du poison dans ses potions. Orientation imprécise. Croit avoir vu son mari dans la matinée, Euphorie. Insomnie. Cauchemars. Zoopsies (canard). Ethylisme habituel. Réflexes rotuliens vifs, achilléens normaux. Douleur à la pression des cuisses. Mydriase. Réactions pupillaires normales. (D' Dublineau).
Le délire avait débuté brusquement 6 jours avant l’inter-
nement. [l avait de même très rapidement cessé au bout de 15 jours, la malade rentrait dans sa famille avec un état mental satisfaisant,
On la revoit trois ans plus tard à l’hôpital Henri Rousselle, où elle fait, à partir du 15 août 1933, une série de courts séjours pour de petites crises avec bouffées délirantes, onirisme visuel et auditif, interprétations polarisées contre le mari, exentricités, fugues anxieuses hors du domicile, le tout paraissant avoir coïncidé avec une reprise des habitudes éthyliques (alcool) abandonnées réellemest durant trois ans. Finalement, le 1* octobre 1932, Mme B.. est internée pour la 2° fois P. H. C. Elle est « en proie à l’électricité. Elle dégage de l'électricité. Des gens s’en emparent et s’en servent contre elle. On prend sa pensée. On lui fait de l’auto-suggestion. Elle a un cerveau immense, peut-être deux âmes. Elle voit des choses que les autres ne voient pas. Elle entend la voix de ses enfants. Son mari est d'accord avec ses persécuteurs. Est allée récemment au milieu de la nuit au commissariat pour le dénoncer. Antécédents d’éthylisme chronique. Déjà internée en 1929 (Mlle Badonnel).
Examinée les jours suivants, Mme B... a présenté une attitude assez aisée, quoique réticente. Elle prétend, à l’occasion de sensations céphaliques être capable de faire de « l’invisibilité ». Elle s'explique difficilement sur ce qu’elle entend par là.
À 18 ans, elle se fit une brûlure accidentelle du cuir chevelu, qui laissa une aire de calvitie de la dimension d’une petite pomme dans la région fronto-pariétale gauche. C’est un an plus tard, dit-elle, qu’elle commença à ressentir au niveau de cette région des brûlures avec sensations électriques qui persistèrent ultérieurement, Dans la masse des éléments anormaux que l’on peut mettre en évidence chez elle, nous distinguons les faits suivants :