V9 INTERPRÉTATION
Nous avons volontairement réduit le nombre de nos essais cliniques, désireux en effet d’avoir au préalable notre technique bien en mains.
Par ailleurs, les recherches expérimentales de RAWSON, STERNE et AUB (1943), ALBERT, RAWSON, MERRILL, RIDDEL, LENNON (1945) nous semblent à prendre en considération avant de tenter l'interprétation des résultats obtenus. Nous n'insisterons pas beaucoup sur ces points que nous comptons ultérieurement développer. Mentionnons seulement que RAWSON, STERNE et AUB ont démontré l'inactivation de l’hormone thyréotrope par le tissu thyroïdien normal. Ce phénomène est au moins deux fois plus important quand l'hormone thyréotrope est mise en contact avec un parenchyme thyroïdien de maladie. de Basedow. Cette constatation oblige à une première réserve en présence d'un test négatif, d'autant plus que peu de critiques peuvent se formuler à l'égard de ces travaux. Ces derniers ont montré aussi que le tissu des ganglions lymphatiques et du thymus fixent l'hormone thyréotrope dans des proportions presque égales à celles de la thyroïde. Une deuxième réserve se présente donc, c'est celle qui consiste à émettre un doute sur l’état fonctionnel du système réticulo-endothélial du malade. La thèse de Pierre GUILLAUME (1950) aidera à mieux comprendre cet aspect du problème. Peutêtre y aurait-il intérêt, dans ces conditions, à explorer dans la mesure du possible le système réticulo-endothélial des malades dont on demande un dosage quantitatif de l’hormone thyréotrope dans le sang ou les urines.
ALBERT, RAWSON, MERRILL, RIDDEL et LENNON se sont attachés à un autre aspect de la question. Ils pensent que l'hormone thyréotrope s’élimine dans les urines sous une forme inactive. En chauffant l'urine ou en la traitant par des agents réducteurs légers, on obtiendrait une activation thyroïdienne très supérieure à celle qui suit l’injection d'urines non traitées.
Cela constitue donc, à notre avis, une troisième difficulté d'interprétation des résultats obtenus.
Enfin, 1l nous faut signaler une quatrième objection qui se fait jour dans de nombreux travaux. Beaucoup d'auteurs se refusent à injecter le sérum sanguin sans l'avoir traité au préalable, parce que, disent-ils, on administre à l'animal, non seulement l'hormone thyréotrope, mais encore la thyroxine dont on sait l’action inhibitrice sur la sécrétion pituitaire. FELLINGER a, dans ce sens, proposé une méthode d'extraction de l'hormone thyréotrope du sang circulant par l'acétone. Notons que, de l'avis même de cet auteur, la technique enlève aussi une minime quantité d’hormone thyréotrope. Mais on sait depuis longtemps que la thyroxine diminue l'activité thyréotropique par l'intermédiaire de la pituitaire. L'objection précitée perd donc sa valeur quand on emploie des animaux pituitoprives.
En conclusion, 1] nous paraît inutile de compliquer le problème du dosage de l'hormone thyréotrope en cherchant à extraire l'hormone par telle ou telle technique.