‹ Contribution à l'étude des modifications du sang dans les néphritesChapitre 11 sur 58 · HE · texte numérisé non relu

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$ 1. — MODIFICATIONS DU NOMBRE DES GLOBULES BLANCS NÉPHRITES ET LEUCOCYTOSE

La numération des globules blancs, au cours des néphrites, n’a pas donné lieu à un grand nombre de travaux. Ilsemble, en se basant sur l’avis de la majorité des auteurs, qu'une légère leucocytose soit la règle.

Historique. — Dans les néphrites parenchymateuses aiguës et chroniques, Grawitz, dans son traité de pathologie du sang, ne note pas de modification du nombre des globules blancs. Bogdanow-Beresowsky pense au contraire que le nombre des globules blancs augmente un peu dans la plupart des cas. Reinert, Jaksch, notent aussi une légère augmentation. Gilbert trouve de la leucocytose dans la néphrite aiguë. Castellino, dans son travail sur le sang dans la néphrite parenchymateuse chronique, trouve une leucocytose parfois si marquée qu’elle simule une vraie leucémie : il est vrai queses résultats sont contestés par Pierraccini ; cet auteur critique les résultats de Castellino en faisant remarquer que le même auteur étudiant le sang dans la fièvre typhoïde lrouve de la leucocylose alors que tout le monde admet qu'il y a leucopénie ; il est probable que dans les cas qu'il a étudiés, de néphite ou de fièvre typhoïde, 1l y avait une complication surajoutée qui causait l'augmentation des globules blancs et qu'il est difficile de retrouver dans ses observations trop peu détaillées.

Dans plusieurs cas de néphrite interstitielle ou

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d’urémie, Cuffer note que les globules blancs sont en général augmentés de nombre; Zappert, sur 8 cas de maux de Bright, n'a pas observé de leucocytlose sauf dans 2 cas, l’un où le sang fut recueilli à la période préagonique, et l’autre où le malade avait en même temps une tuberculose pulmonaire.

Pierraccini a étudié les leucocytes dans beaucoup de cas de néphrite, et n’a pas noté de modifications bien marquées. Pour lui le nombre des leucocytes dans ces maladies n’est pas régi par une loi constante et systématique ; la néphrite par elle-même n’influence pas la masse leucocytaire, et dans la plupart des cas le chiffre des globules blancs est entre 8.000 et 12.000 environ. Ce nombre est selon lui subordonné à une cause extrinsèque à l’état du rein; maladie infectieuse causale s’il s'agit d'une néphrite aiguë, complications diverses. L'absence de modifications du nombre des leucocytes tient suivant cet auteur à ce fait que dans la plupart des néphrites, il se passe au niveau du rein des processus dégénératifs exclusifs ou en tout cas nettement prédominants sur les processus inflammatoires : or ceux-là seuls pour Limbeck créent de la leucocytose. Urbino conclut de même que le nombre des leucocytes reste normal au cours des néphriles.

Mais Hamelin, dans sa thèse sur l’anémie urémique, note dans l’urémie une légèreleucocytose, entre 10.000 et 18.000 globules blancs. Ses résultats sont en relation avec ceux qu'ont obtenu Dopter et Gouraud dans l'urémie expérimentale : la néphrectomie unilatérale donne à un animal une légère leucocylose qui diminue au bout de cinq jours, puis disparaît : si on enlève

noie

ensuite le deuxième rein, on note une leucocytose moins considérable, durant jusqu’à la mort. Quant à la néphrectomie double d'emblée, elle donne une leucocytose intense et progressive.

L'empoisonnement causé par l'insuffisance rénale semble donc amener une réaction leucocytaire. Tout récemment en 1909, Rénonet Moncany, provoquantdes néphrites expérimentales par injection à des animaux de sérum physiologique ou de 0,002 d’azotate d’urane, observent de la leucocytose. Passant ensuite sur le terrain de la clinique, ils trouvent que la leucocytose est un fait constant dans les néphrites aiguës ou chroniques, sans être proportionnelle n1 à l'abondance de l’albuminurie, ni au degré de rétention chlorurée ; elle semble moins marquée dans la néphrite avec œdèmes. Enfin elle est d’autant plus intense que la néphrite, surtout la néphrite chronique, est plus grave. Aussi ces auteurs concluent-ils que, au cours des néphrites, la leucocytose a une réelle valeur pronostique et indique l'intensité du processus d’auto-intoxication qui l’a causée.

Etude des modifications du nombre des leucocytes dans les diverses variétés de néphrites. — Recherches personnelles. — Le nombre des leucocytes se trouve indiqué dans toutes nos observations (voir la deuxième partie de ce travail}, et nous pouvons en les consultant établir les considérations suivantes.

1° Néphriles aiquës. — Au début de la maladie, ilest de règle de noter une légère leucocytose, et dans deux de nos cas nous avons trouvé 15.000 à 20.000 globules

ES Le AE blancs. Cette leucocytose persiste pendant toute la durée de la maladie, tantôt plus, tantôt moins marquée qu'au début. Plustardaprèsla guérison cette leucocytose a disparu et on ne trouve plus que 8.000 à 10.000 globules blancs. Cette leucocytose doit-elle être mise sur le compte de l'insuffisance rénale, ou de la maladie infectieuse générale qui a causé la néphrite aiguë ? Pierraccini penche pour la deuxième hypothèse ; il est d’ailleurs difficile de pouvoir être très affirmatif sur ce point. Le régime lacté n’est peut-être pas étranger à la production de cette leucocytose, car Sabrazés et Lesson dans l’auto-observation dont nous avons déjà parlé, se soumettant huit jours à un régime lacté absolu, ont constaté sur eux-mêmes à partir du cinquième jour une leucocytose assez notable qui allait ensuite en diminuant après cessation du régime.

2° Néphrites chroniques. — Dansles cas de néphrites chroniques, parenchymateuses ou interstitielles, que nous avons examinés, à la période de bonne compensalion, nous avons toujours trouvé à part de rares exceptions un nombre de globules blancs normal, de 7.000 à 10.000, parfois de 11.000 où 12.000. Nous exceplons toutefois les cas où il y a des complications infectieuses diverses, et encore ceux où la néphrite coexiste avec une tuberculose pulmonaire, la leucocytose observée alors (dans deux cas, 1l ÿ avait 14.000 et 18.000 globules blancs) étant explicable par cette tuberculose. Nous ne pensons donc pas avec Rénon et Moncany que la leucocytose soit un phénomène à peu près constant dans les néphriles chroniques; d’ailleurs, si nous nous reportons au travail des auteurs,

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