ESSAI DE CLASSIFICATION
Nous pouvons résumer nos constatations de la façon suivante : Actinomyces assez facile à cultiver après isolement et fixation des propriétés culturales. L'aspect des cultures sur les milieux solides est mamelonné et verruqueux, rappelant en vieillissant les cultures de Bacille de Kocu. Les cultures restent ternes en n’exhalant pas d'odeur de moisi.
L'organisme pousse en aérobie strict ; il produit une gélatinase et une présure, mais ne liquéfie ni le sérum coagulé, ni le blanc d'œuf coagulé. Il ne secrète ni zymase alcoolique, ni d’amylose et reste sans action sur le lait tournesolé, L'organisme végète pauvrement sur milieu de pomme de terre.
Morphologiquement, notre espèce présente sur milieu solide favorable des filaments anastomosés et ramifiés ; sur milieu liquide, il affecte une forme courte, peu ramifiée. Les filaments ne dépassent jamais 1 w de diamètre et les arthrospores peuvent avoir des dimensions plus fortes allant jusqu'à 1 w, 8. Les filaments sont toujours GRaM-positifs et certains éléments peuvent devenir ZIEHL-positifs.
L'organisme est pathogène pour l’homme et pour les animaux de laboratoire.
D'après tous ces caractères nous le rangeons en nous rapportant à la classification donnée par LANGERON dans les Microsiphonées, Genre Actinomyces Harz, Sous-genre: Euaclinomyces, Section des Parasilici, Sous-section des Minores. Nous croyons devoir le ranger au voisinage de l’Actinomyces asteroïdes EPP. et de l’Actinomyces canis Ras.
ACTION PATHOGENE EXPÉRIMENTALE :
En partant de nos cultures sur milieu de SABOURAUD, nous avons entrepris une série de recherches expérimentales sur les animaux.
Nous avons tout d’abord utilisé des souris et des lapins pour ces expériences.
Les inoculations intracardiaques, intrapéritonéales et souscutanées chez la souris ont toujours donné des résultats négatifs. La plupart des animaux ont survécu longtemps (4 à 8 mois) à l’inoculation sans symptômes de maladie. Quelques souris sont mortes dans un délai assez bref après l'intervention, mais l’autopsie a toujours prouvé que l’exitus était la suite d’une maladie intercurrente, sans rapport avec l'infection actinomycétique.
Les ensemencements faits dans le but de réaliser des rétrocultures à partir des différents organes de ces animaux sont toujours restés négatifs.
Les cobayes par contre montrent une sensiblité particulière à l’inoculation au moyen de notre organisme.
Nos injections ont été faites avec:
0,02 gr de culture dans 2 cc de sérum physiologique pour les inoculations sous-cutanées ;
0,01 gr où 0,00 gr de culture dans 1 ce de sérum physiologique pour les inoculations intrapéritonéales ;
0,001 gr de culture dans 0,5 cc de sérum physiologique pour les inoculations intracardiaques.
Nous donnons dans le tableau suivant un aperçu général de la marche de nos expériences au moyen des cobayes et de lapins que nous avons employés.
Nous indiquons dans les différentes rubriques : le mode d'inoculation, les doses d’Actinomyces injectées; la provenance de la souche utilisée, la date d'inoculation, la date de la mort et la durée de la maladie,
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En examinant les résultats donnés par ces expériences on constate tout d’abord que l'organisme présente des propriétés pathologiques identiques pour les deux souches isolées. Les cultures obtenues en partant des prélèvements osseux occasionnent des lésions pulmonaires avec autant de rapidité et d'extension que celles isolées de crachats. On ne peut donc pas constater que Îles deux souches de provenance osseuse et pulmonaire étaient douées d’une organotrophie spécifique. L’Actinomyces semble cependant avoir une prédilection pour les tissus pulmonaires, car, malgré la haute virulence de l’organisme isolé de l'affection tibio-tarsienne, nous n'avons jamais pu observer une localisation mycosique osseuse chez nos animaux, mais la fixation de cet organisme de provenance osseuse sur les poumons s’effectuait avec autant de vigueur que pour la souche pulmonaire même.
En opposition avec l'image anatomo-pathologique de la tuberculose expérimentale chez le cobaye, nous constatons dans notre cas que l’Actinomyces se fixe après l’inoculation intrapéritonéale en premier lieu sur les poumons en ménageant le foie et la rate, toujours lésés en premier lieu dans la tuberculose.
On constate d’autre part que les deux souches ont un pouvoir pathogène sensiblement identique, car tous les cobayes et les deux lapins inoculés par voie intracardiaque sont morts dans un temps relativement très court. L’injection sous-cutanée par contre a une action toxique beaucoup moins accentuée ; la plupart des cobayes ont bien supporté l’inoculation sous la peau. Un seul d’entre ces animaux a succombé au cours de la 10° semaine de la maladie.
Ces animaux inoculés à la cuisse présentent tous au point d’inoculation, vers la fin de la première semaine de la maladie un abcès dur, ovalaire, de la grandeur d'une noisette. Il se formait une croûte nécrotique sur la peau épilée, puis au bout de k à 5 semaines, l’abcès se vidait spontanément vers l'extérieur et la lésion se guérissait, laissant une cicatrice fortement contractée et pigmentée avec alopésie durable,
Le seul cobaye qui ait succombé à la suite de l'infection sous-cutanée après 69 jours de maladie nous a montré un abcès fermé au niveau de l’inoculation ; cet abcès était rempli de pus caséeux, grumeleux, de couleur jaunâtre. A l’autopsie, nous n'avons constaté que quelques rares nodules dans la rate, dans le foie et dans l'ovaire. Par contre, les lobes pulmonaires présentaient des foyers caséeux assez développés, se touchant et devenant confluents par place. La plèvre était parsemée de nodules plus ou moins microscopiques, indurés en quelques endroits, et on note la présence d’adhérences avec les poumons.
Nous ne pouvons pas exposer ici le protocole détaillé de tous nos animaux ; pour celte raison, nous nous limiterons à décrire l’image anatomo-histologique des cobayes N° 8, 10 et 12 qui nous permettent d'examiner l’évolution rapide, extrêmement aiguë et le développement lent à caractère chronique de l'infection conférée par l’Actinomyces étudié.
Le cobaye N° 8 inoculé par voie intrapéritonéale au moyen de o,1 gr de culture pure de la souche provenant du crachat a succombé le 8° jour de la maladie ; son poids initial était de 320 gr; au moment de la mort, il pesait encore 265 gr.
Au niveau de l’inoculation, nous notons une forte infiltration et la formation de nombreux abcès minuscules situés suivant l'axe longitudinal de l’abdomen sur une longueur de 2,5 à 3 cm et localisés sur le trajet de l'aiguille employée pour l’inoculation. Les deux feuillets du péritoine étaient en outre parsemés de petits nodules, gros comme la tête d’une épingle et de couleur jaunecrème. L'épiploon et les mésentères étaient transformés par places en une masse Caséeuse formée par des nodules actinomycétiques confluents. Les reins étaient normaux, les surrénales fortement augmentées de volume.
Les séreuses péritonéales et prleurales du diaphragme fortement infiltrées étaient remplies de nodules caséeux. Les poumons fortement congestionnés, présentaient des lésions miliaires de taille très petite ; les plus grandes avaient à peine 1 mm de diamètre ; la couleur était d’un blanc-grisâtre ; les ganglions sternaux et bronchiques hypertrophiés se trouvaient remplis d’un pus jaunâtre, grumeleux.
L'examen histologique des différents organes nous à montré:
Dans le foie, nous n’avons observé qu’un petit foyer situé à la périphérie d’un sinus à gauche. La coloration hématoxylineéosine nous fait voir une infiltration faible de ieucocytes polynucléaires neutrophiles ; la coloration de GRAM permet de mettre en évidence au centre du foyer de rares filaments actinomycétiques, longeant les parois vasculaires, pour les perforer par endroits. Les éléments réticulaires et les fibroplastes sont très rares.
Les lésions dans la rate sont également peu importantes : nous trouvons au moyen de la coloration à l’hématoxyline-éosinesafran quelques foyers au centre des follicules spléniques, n'’intéressant jamais les cordons.
La structure des follicules a subi une modification histologique montrant une zone interne caractérisée par des éosinophiles, des lymphocytes en petit nombre et principalement de grandes cellules mononucléaires à protoplasme granuleux azurophile. Puis on trouve une forte proportion de débris nucléaires pycnotiques.
On note une deuxième zone concentrique constituée par un tissu lâche formé de grandes cellules réticulaires entourant des capillaires nombreux néoformés. Cette zone est souvent entourée d’une troisième, périphérique, de petites cellules rondes. Mais elle peut aussi faire défaut.
La coloration de GRAM nous permet de voir que le centre de ces foyers est très pauvre en éléments mycosiques, tandis que les parties périphériques sont remplies de filaments actinomycétiques, richement anastomosés et entourant comme une gaine les cellules des corpuscules de MarpPicui.
Les nodules dans les poumons sont principalement localisés au niveau des vaisseaux. La coloration à l’'Hématoxyline-éosinesafran montre que ces foyers sont constitués en majeure partie par des leucocytes éosinophiles ou neutrophiles à noyaux fortement granuleux. On trouve de très rares lymphocytes. Autour des vaisseaux dont on reconnaît encore les parois, on note une forte réaction ; ils sont fortement dilatés et présentent dans ces préparations des agglomérations hyalines, bleues vers le centre de la lésion et rougeâtres vers la périphérie. Le centre des nodules est souvent constitué par des cellules mononuclées, dont le noyau se colore faiblement en bleu et renferme de petites vacuoles. En général, le protoplasme des leucocytes, des fibrilles et des réticulocytes renferme des granulations fines, éosinophiles et le plus souvent les noyaux de tous les macrophages sont orientés par leur axe longitudinal dans un sens radiaire avec le centre du nodule, de sorte que l’image microscopique prend un aspect astéroïde ; mais chaque nodule reste nettement isolé et les dimensions ne dépassent jamais le champ microscopique.
La coloration de GRAm montre tout d'abord que les centres hyalins à l’hémotoxyline ne sont rien d’auire que des foyers mycéliens. Dans certains cas, nous trouvons au centre du nodule, un véritable enchevêtrement de filaments actinomycétiques. Ceux-ci se prolongent vers la périphérie en serpentant autour des éléments cellulaires pulmonaires et augmentent ainsi encore l'aspect astériforme des nodules. Des autres foyers plus jeunes présentent un mrycélium beaucoup moins développé. La structure histologique normale des vaisseaux pulmonaires est mieux conservée ; on note une infiltration leucocytaire et chaque macrophage est pour ainsi dire entouré ou bourré de courtes chaînettes, fortement fractionnées d'éléments pseudostreptococciques ou en bâtonnets de taille irrégulière.
Le cobaye N° 10 inoculé par voie intrapéritonéale au moyen de 0,005 gr de culture de souche provenant de la lésion osseuse, a succombé après 35 jours de maladie. Son poids initial était de 335 gr et à sa mort il pesait 295 gr.
Au niveau du point d’inoculation, nous notons encore l'existence de nombreux microabcès qui s'étaient tous vidés vers l'extérieur et étaient déjà bien cicatrisés au moment de la mort. Nous ne notons pas d’adénopathie focale, En opposition avec l’image du cobaye N° 8, nous constatons une hypertrophie marquée du foie et de la rate qui est environ trois fois plus grande que normalement. Macroscopiquement, nous constatons sur le foie des foyers diffus de la grosseur d’une tête d’épingle à celle d’un petit pois. Ces nodules sont nettement limités, à centre légèrement surélevé et facilement détachable au moyen d’un scalpel ou d’une aiguille du tissu proprement dit du foie.
La rate est plus ou moins bosselée, d'une couleur mosaïquée gris rouge. Les nodules, tous de très petite taille, ont les mêmes caractères que ceux du foie. Dans les poumons, la destruction est beaucoup plus accentuée. A l’autopsie, ils sont fortement conges-
tionnés et adhérents à la plèvre. ils présentent une surface blancgrisâtre, granuleuse, rappelant l'aspect de grains de maïs. Les lésions sont confluentes et le tissu sain interstitiel est très rare ; on ne constate que des fibres rougeâtres de tissu conjonctif.
Les ganglions sternaux et trachéo-bronchiques sont à peine hypertrophiés. Les plèvres et le péritoine ne sont que peu lésés et on ne constate pas d'infiltration exsudative.
L'examen histologique de tous ces foyers montre par la coloration à l’'Hématoxyline-éosine-safran que la destruction est beaucoup plus avancée. Dans les poumons, nous notons une forte infiltration interstitielle occasionnant une congestion beaucoup plus prononcée, Les nodules se sont multipliés à ce point qu’on en trouve 6 à 10 et plus par champ microscopique.
L'infiltration par les leucocytes éosinophiles est remplacée par une prolifération de réticulocytes qui sont encore remplis de granulations éosinophiles.
La coloration de GRam montre des éléments mycéliens beaucoup plus riches, fortement ramifiés et filamenteux ; l’aspect astéroïde a disparu et le nodule prend une organisation plutôt diffuse. Les filaments longent les parois vasculaires ; celles-ci sont souvent complètement détruites et on les devine uniquement par les agglomérations mycéliennes qui les ont remplacées et les ont souvent largement percées et dépassées par leur croissance,
Dans la rate, les modifications histologiques sont aussi prononcées que dans les poumons. Les nodules très nombreux sont devenus confluents, les follicules spléniques et les cordons de BizLrorTx sont bouleversés. Le réticulum fibrillaire serré, normalement agencé en mailles concentriques assez régulières, a presque partout disparu et il est remplacé, comme la coloration de GrAM le prouve, par des enchevêtrements mycéliens richement ramifiés et présentant un aspect corémié. La Iymphopoïèse a complètement cessé et on note une forte infiltration de leucocytes éosinophiles entremêlés de débris nucléaires fortement pycnotiques et assemblés souvent en petits amas, à la suite d’une sorte d’agglutination. Nous voyons donc que dans l’ensemble la structure typique des nodules actinomycétiques que nous avons rencontrés dans tous ces organes chez le cobaye ayant succombé très rapidement, a presque complètement disparu chez l'animal ayant survécu longtemps à l'infection moins massive cette fois.
L'image anatomique était encore toute différente chez le cobaye N° 12 ayant survécu à l’inoculation sous-cutanée pendant 69 jours. Ici, la lésion au niveau de l’inoculation était complètement cicatrisée et, à l'endroit de l’abcès, il s'était formé un tissu nécrotique. Le système lymphatique focal ne présentait aucune hypertrophie. A l’autopsie, la rate, le foie, les reins, les surrénales ne montraient aucune lésion. Le cobaye a succombé à une maladie pulmonaire avec épanchement pleural très abondant.
L'examen histologique montre des nodules parsemés sur tout le parenchyme pulmonaire. Aucune relation entre la localisation
des lésions et les vaisseaux sanguins. Sauf une congestion peu marquée, le parenchyme ne semble guère prendre part au processus infectieux.
Les nodules actinomycétiques affectent une forme de régénération. À la place des zones centrales riches en leucocytes, nous remarquons ici une nécrose fibrinoïde avec des débris mucléaires rares. Dans d’autres nodules les polynucléaires de la zone centrale sont toujours conservés, mais nous trouvons une sclérose conjonctive avec des lymphocytes, des réticulocytes et de grands fibroblastes entourant cette zone centrale et limitant le nodule nettement du parenchyme pulmonaire sain.
La coloration de GRAm montre dans ce cas que les filaments mycéliens ont complètement disparu dans le nodule et on n'y trouve plus que des courtes chaînettes pseudostreptococciques fortement GRAM-positives.
Nous avons pu observer rarement une structure en forme de rosette des différents nodules. Dans ce cas, on trouve au centre un grand nodule fortement sclérosé, ne renfermant que les éléments pseudostreptococciques. Autour de celui-ci se sont formés un certain nombre de nodules secondaires se groupant concentriquement autour du nodule mère.
Les nodules filles possèdent en général une structure histologique plus jeune avec une zone centrale riche en macrophages et renfermant des éléments filamenteux plus nombreux, surtout vers la périphérie des nodules.
Le parenchyme pulmonaire est généralement complètement détruit ou bouleversé au niveau de ces formations en rosettes. L'existence de processus bronchopneumoniques dans le voisinages de ces lésions ne peut pas étonner et ce sont probablement ces phénomènes secondaires qui occasionnent la mort de l’animal.
Nous pouvons donc résumer nos résultats sur la pathologie expérimentale de la façon suivante :
Les deux souches de notre Actinomyces sont pareillement pathogènes pour le cobaye et le lapin ; ces deux souches ont une prédilection marquée pour le parenchyme pulmonaire.
L'image anatomo-pathologique de l'infection se propage du foyer local en premier lieu sur les poumons, et le foie et la rate ne sont affectés que tardivement. Nous n'avons jamais pu observer une hypertrophie Iÿymphatique au niveau de l’inoculation.,
L'image histologique montre à la suite des inoculations par voie intracardiaque, intrapéritonéale ou sous-cutanée la formation d’une affection nodulaire rappelant macroscopiquement le nodule tuberculoïde, mais montrant à l'examen microscopique la structure d’un abcès caractérisé par la présence de cellules oxyphiles et de polynucléaires éosinophiles.
L'évolution rapide de la maladie montre des nodules pulmonaires à structure typique avec un mycélium filamenteux astéroïde au centre. Ce phénomène rappelle la formation des grains
actinomycétiques rencontrés dans les prélèvements pathologiques humains. La formation de massues n'a pas pu être mise en évidence au cours de nos expériences.
L'évolution lente de l'Actinomycose expérimentale du cobaye à la suite d'une inoculation intrapéritonéale ou intracardiaque prouve l'organotropisme prononcé du champignon pour le poumon et l'affection tardive seulement pour les organes abdominaux.
L'infection sous-cutané: est peu virulente pour le cobaye et le lapin et nous permet de suivre de près la défense de l’organisme contre le processus parasitaire par une sclérilication fibrinoïde progressive.
Conclusions générales
Au cours de notre travail, nous avons étudié deux cas de mycoses osseuses avec métastases ultérieures.
PREMIER CAS : Ce cas est intéressant à plusieurs points de vue :
1) Il s’agit non d’une scaphoïdite tarsienne des jeunes enfants, mais d’une ostéite du scaphoïde tarsien chez l'enfant ;
2) Les cas de mycétomes du pied étant assez rares en Europe, ils se développent généralement à la suite d’un traumatisme quelconque qui fournit une porte d'entrée au parasite ; dans le cas étudié par nous l’origine de l’affection est resté inconnue, la peau étant complètement indemn: et aucun traumatisme n'ayant précédé l’évolution de l'affection. Le malade a présenté des métastases osseuses et mastoïdienne ;
3) Si le traitement par les rayons ultra-violets combiné avec la thérapeutique iodée interne à doses assez élevées pour un enfant à pu enrayer l’évolution de l'infection, il a dû être continué pendant assez longtemps et il n’a pas pu empêcher au début la propagation de l'infection et la formation de nouveaux foyers ;
4) Nous rangeons cet organisme dans la famille des Saccharomycélées, le genre Schizosaccharcmyÿces LiNDNER. D’après le magistral exposé que LANGERON a donné dans le Nouveau Traité de Médecine, ce parasite entre dans le groupe des Blastomycoses. L'auteur divise les agents blastomycétiques en :
a) Saccharomycétacées: genre Debaryomyces, Saccharomyces, Willia, auxquels nous ajoutons le genre Schizosaccharomyces d’après GUILLIERMOND ;
b) Endomycétacées : genre Endomyces ;
c) Hyphomycèles thallosporées : Blastosporées : genre Cryptococcus, Monilia.
Arthrosporées : genre Mycoderma.
5) Ge cas est à notre connaissance le premier dans lequel on à pu constarer la production de grains à massues par une Saccharomycélacée, car dans le tissu pathologique, il affecte la forme de grains, munis d’une membrane capsuleuse, formant des massues rayonnantes. Il est donc important de noter que l’apparation des grains dans le pus ou tout autre prélèvement ne constitue, comme l'ont déclaré À. et R. Sarrory, M. et J. MEYER, aucun caractère de diagnostic différentiel pour les Actinomycoses.
Il apparaît que chaque mycose peut engendrer ces éléments pathologiques.
On peut, d'autre part, remarquer que la présence ou l'absence de massues dans les coupes histologiques importe aussi peu pour le diagnostic et la classification du parasite.
D'après les travaux de K. Meyer et de E. Mayer, il semble certain que la formation des massues est due à un mode le réaction de l'organisme en présence d’agents infectants ou irritants divers organisés ou inorganiques. Ces auteurs ont constaté la formation de massues avec des Actinomyces, Actinobacillus, Bacille de Kocn, Staphylocoques et aussi avec le Tellure et le Kaolin. Le diagnostic différentiel de la maladie ne peut donc être effectué que par des examens directs et culturaux au laboratoire.
DEUXIÈME CAS : 1) Dans notre deuxième cas pathologique, nous avons isolé des différentes lésions (pied et crachats) un Actinomyces assez facile à cultiver après isolement et fixation des propriétés culturales. L'aspect des vicilles cultures rappelle le Bacille de Koca ; les cultures restent ternes et n’ont aucune odeur. L'organisme est aérobie strict, secrète une gélatinase, mais est sans action sur l’albumine d'œuf et le sérum coagulé. Il ne secrète pas de zymase alcoolique, ni d’amylase, ne modifie en rien le lait tournesolé ; il pousse avec une allure chétive sur la pomme de terre. Morphologiquemeat, l'organisme présente sur milieu solide favorable des filaments anastomosés ramifiés ; sur milieu liquide, il affecte une forme courte, peu ramifiée. Les filaments ne dépassent jamais 1 uw de diamètre et les arthrospores ont des dimensions plus fortes allant jusqu'à 1 w, 8. Les filaments sont toujours GRAM-positifs et certains éléments peuvent devenir ZieuL-positifs. L'organisme est pathogène pour l'homme et les animaux de laboratoire.
D’après tous ces caractères nous le faisons rentrer (en nous rapportant à la classification donnée par LANGERON) dans les Microsiphonées, Genre Actinomyces Harz, Sous-genre : Euaclinomyces, Section : Parasilici, Sous-section des Minores. Sa place est au voisinage de l’Actinomyces astéroïides Err. et de l’Actinomyces canis Ras.
2) En ce qui concerne la pathologie expérimentale les deux souches isolées, l’une des lésions osseuses, l’autre des crachats, sont aussi pathogènes l’une que l’autre pour le cobaye et le lapin, et présentent toutes deux une prédilection marquée pour le parenchyme pulmonaire.
L'évolution rapide de la maladie montre des nodules pulmonaires à structure typique avec un mycélium filamenteux astéroïde au centre. Ce phénomène rappelle la formation des grains actinomycétiques rencontrés dans les prélèvements pathologiques humains. La formation de massues n’a pas pu être mise en évidence au cours de nos expériences.
L'évolution lente de l’Actinomycose expérimentale du cobaye à la suite d’une inoculation intrapéritonéale ou intracardiaque prouve l'organothropie prononcée du champignon pour le pou-
mon et l'affection tardive seulement en ce qui concerne les organes abdominaux.
L'infection sous-cutanée est peu virulente pour le cobaye et le lapin et nous permet de suivre de près la défense de l'organisme contre le processus parasitaire par une sclérification fibrinoïde progressive.
Si l’on réussit à déceler l’élément parasite dans les préparations histologiques, la lésion se présente ordinairement sous un aspect de circonférence ; le centre est formé par des éléments mycosiques plus ou moins agrégés ou libres, entourés d’une large zone de polynucléaires et de macrophages ; un deuxième cercle est formé par des éléments de l’inflammation chronique.
Autour de ce foyer d’inflammation, on constate une zone de tissu granuleux qui résulte de la prolifération du tissu conjonctivo-vasculaire et qui est composée principalement de fibroblastes et de cellules fusiformes, tandis que les leucocytes et les Iymphotytes sont en décroissance.
Une zone périphérique forme une sorte de capsule autour du foyer d’inflammation qui renferme du tissu conjonctif et des fibres collagènes en grand nombre.
Nous croyons donc devoir insister sur le fait que les cellules épithélioïdes augmentent d'autant plus qu'on se rapproche de la périphérie, alors que les éléments leucocytaires et lymphocytaires diminuent.
La structure histologique des microabcès inflammatoires mycosiques se distingue donc neittement du nodule tuberculeux. Tandis que dans le tubercule les cellules épithélioïdes se trouvent en nombre élevé vers le centre du nodule et les cellules lymphocytaires et leucocytaires logent vers les parties périphériques, nous constatons dans nos cas de mycoses un arrangement inversement dirigé.
Fr.
Frc.
Fic. 3
Fic.
Fic.
Fr.
Fic. 7
Fc.
Fic.
Frc.
Table des Figures
Image classique de la scaphoïdite tarsienne
(On voit le scaphoïde rapetissé et condensé avec des contours irréguliers)
Pied droit sain
Aspect du pied malade après enlèvement de l’appareil
| plâtré (Image classique d’un pied de Madura) juillet 1933
Aspect du pied en mars 1934
Radiographie du pied guéri vu de face
(Décalcification générale des os ; le scaphoïde a disparu ; condensation marquée du 2° métatarsien) Radiographie du pied vu d'en haut
Grain formé d'éléments levuriens à double membrane, de substance réfringente et d’une capsule périphérique ; massues rayonnantes fines ; quelques noyaux de macrophages autour du grain.
Coloration : Méthode de Gram
Grossissement : Objectif à immersion au 1/15° ; Oculaire Makam 4 Leitz
Aspect microscopique d’une culture sur milieu de jus de pomme de terre gélosé
Coloration : Méthode de Gram
Grossissement : Objectif à immersion au 1/15° ; Oculaire Makam 4 Leitz
Aspect microscopique des cellules isolées plus âgées, sur milieu de jus de pomme de terre. Cellules ovoïdes à double membrane.
Coloration : Triple colorant de Gueguen
Grossissement : Objectif à immersion au 1/15° ; Oculaire Makam 4 Leitz
Eléments avec ascospores réunies par 2, 4 ou 8, en forme de demi-lune ou de chapeau de gendarme Coloration : Triple colorant de Gueguen
Grossissement : Objectif à immersion Stiassnie au 1/18° ; Oculaire Makam 4 Leitz.
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