‹ Contribution à l'étude des néphrites aiguës à manifestations azotémiques prédominantesChapitre 32 sur 37 · V. — ETUDES D'ENSEMBLE DE CES NEPHRITES · texte numérisé non relu

V. — ETUDES D'ENSEMBLE DE CES NEPHRITES

Ces observations sont intéressantes à plus d’un titre et méritent que nous nous y arrêtions quelque peu.

Nous étudierons successivement l’étiologie, le syndrome azotémique, les diverses manifestations rénales autres que l’azotémie et les difficultés diagnostiques auxquelles elles donnent lieu. Toutes nos observations correspondent à des néphrites aiguës cliniquément primitives.

ETIOLOGIE

En effet, notre quatrième observation mise à part, on ne connaît pas l’origine de ces néphrites. Cependant, on pourrait discuter dans notre observation II la possibilité d’une intoxication. Le malade travaillait depuis deux jours avec un nouveau produit, succédané de l’huile de lin, appelé « huile acétique ». Il racontait que les troubles qu’il présentait : céphalées, vertiges, nausées, barre épigastrique, avaient été ressentis par d’autres ouvriers. Mais on peut se demander d’une part si 48 heures ont pu suffire à déterminer une néphrite aiguë avec azotémie malgré tout considérable (2 gr. 54 le lendemain de son entrée) et, d’autre part, si ces signes mis par le malade sur le compte de l’intoxication, ne sont pas dus tout simplement à la rétention azotée. Celle-ci existait déjà et devait être assez considérable puisque le malade a présenté des crise comitiales avant son entrée dans le service : or, la rétention azotée est manifestement à l’origine de ces crises.

Dans notre quatrième observation, l’étiologie ne fait aucun doute, il s'agissait d’une néphrite aiguë streptococcique, comme le démontre l’hémoculture. La malade a eu une angine avec rougeur diffuse de la gorge réalisant un type d’angine qui pourrait se rapprocher de ce que les anciens auteurs décrivaient sous le nom d’érysipèle interne.

RTS

LE SYNDROME AZOTÉMIQUE

Dans toutes ces observations, il existe des manifestations cliiiques de l’azotémie, et dans les deux premières ce sont elles qui ont amené les malades à se faire hospitaliser.

Dans le premier cas, le diagnostic d’urémie grave avait été porté par le médecin traitant ; le malade présentait effectivement des vomissements, des céphalées et des symptômes de nephrite autres que des manifestations purement azotémiques : douleurs lombaires, wædème du visage, albuminurie.

Le second malade était envoyé par son médecin pour « vomissements incessants, céphalées et crises comitiales ».

Tous les quatre, au cours de l’évolution de leur maladie ont présenté des vomissements, un état nauséeux, de la sécheresse de la langue (obs. IT), de la prostration (obs. IT), de la torpeur (obs. IV). C’est l’association de la torpeur aux vomissements qui incite à pratiquer le dosage de l’urée sanguine et

oriente vers le diagnostic exact (obs. IIT).

Les taux d’urée ont toujours été élevés (5 gr: 16 dans notre quatrième observation).

Enfin, toutes ces néphrites ont évolué sans modification de la température et l’on peut se demander s’il ne faut pas voir là Paction hypothermisante de la rétention azotée, notion sur laquelle ont insisté Lemierre et Et. Bernard et à laquelle nous avons déjà eu l’occasion de faire allusion. Dans trois de nos observations (I, IT, et IV) la température oscillait aux environs de 37° et dans la RUES (obs. IIT) il existait une hypothermie nette.

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