OBSERVATION II
MOoLLIÈRE, Annales de Dermatologie, 1887.
Purpura prémonitoire de bacillose pulmonaire. Hémoptisie. — Mort.
B..., 20 ans, coupeur sur cuir, entre le 22 mars 1886 à l’Hôtel- Dieu, salle Saint-Jean, n° 12.
Rien à signaler dans ses antécédents héréditaires et personnels.
Il y a un mois et demi, après un refroidissement et une frayeur, il eut les jambes couvertes de Dion rouge vif. tirant sur le violet, sans élevures.
Pas de phénomènes généraux, mais douleurs dans les genoux. |
Quinze jours plus tard, coup sur coup, il vint vingt hémoptisies. A partir de ce moment, il tousse un peu. Les plaques rouges ont disparu, mais elles reviennent et. disparaissent alter-
nativement.
On note chez le malade un amaigrissement notable, de la disparition des forces, mais l’appétit est conservé.
A l’auscultation des poumons, on entend une respiration soufflante aux deux sommets, sans râles bien accentués. Au cœur, on entend un souffle anémique.
La température, au début, était 38° 4, puis en trois jours elle atteint 40° et se maintient à ce chiffre d’une manière continue. Fièvre hectique.
Les sommets des poumons sont envahis par des tubercules. Sueurs nocturnes. Le purpura évolue normalement.
Trois semaines après, on note du ramollissement des sommets.
Dès le début, les urines, examinées avec soin, ont toujours renfermé de l’albumine en notable quantité et même quelques traces de matière colorante de sang.
12 avril. — Le purpura a disparu. Il n’y a plus d’albumine.
A l’autopsie, le parenchyme rénal ne présente pas d’altération sensible, Malheureusement les pièces ont été égarées et on n’a pu faire d’examen histologique.