INTRODUCTION ET HISTORIQUE
Les nombreuses et intéressantes discussions proyoquées pendant ces vingt dernières années par l’'appendicite, les célèbres travaux suscités par cette maladie récemment découverte et presque nouvelle, semble-t-il au premier abord, ont montré en même temps que la fréquence, la gravité et l'étendue des lésions et complications dont cette maladie peut être l'origine précoce et tardive. Il n’est, en effet, pour ainsi dire pas d’organe qui ne puisse à un moment donné en ressentir les méfaits, depuis le péritoine, l'intestin, l’estomac, le foie, les reins, jusqu’aux poumons, au cœur et même le système nerveux.
Parmi ces complications, si merveilleusement décrites par Dieulafoy, il en est une qui peut être regardée comme des plus grave et des plus dangc-
reuse, tant par l’intensité de ses symptômes que par
l’époque indéterminée où elle peut se manifester et. sur laquelle cependant on a moins insisté, nous voulons parler de l’occlusion intestinale vraie, c’està-dire mécanique, dont l’inflammation de l’appendice peut être l’origine récente ou lointaine.
Un certain nombre d’observations bien démonstratives ont cependant été publiées déjà sur ce sujet, nombre d’autant plus à considérer que l’appendicite n’est guère bien connue que depuis une vingtaine d'années et que d’ailleurs, comme Pa dit Broca dans l’une de ses cliniques : « Dans les cas d’occlusions inteslinales que l’on opère, il faut agir vite pour sauver la vie du malade, on ne peut donc se livrer à des recherches anatomo-pathologiques, sur le vivant, qui compromettraient gravement les résultats. » RE
Aussi, très souvent des occlusions intestinales appendiculaires ont été et seront encore opérées sans être rattachées à leur véritable cause, tant est parfois difficile et caché le diagnostic précis si l’on n'y songe spécialement. Et pourtant cette phrase de Broca semble bien suggestive, au sujet de leur fréquence : « Quand j'étais chirurgien du bureau central, écrit-il, et que, convoqué dans les cas d'urgence, j'opérais de nombreuses ocelusions intestinales aiguës, j'avais acquis la notion que, pour aller vite ettrouver la pie au nid,il fallait envoyer la main dans les fosses iliaques, car là était le siège le plus fréquent ; et j’ai été frappé de la fréquence relative des brides vers la fosse iliaque droite, »
Bien avant de connaître l'appendieite comme entité morbide, on avait attribué à l’appendice iléo= cæcale la cause de certains étranglements internes. Puchaussoy, entre autres, en a rapporté quelques exemples, qu'il expliquait par un mécanisme très spécial sur lequel nous aurons occasion de revenir. Plus tard, Corivaud, en 1873, publie 2 observations d'étranglement par l’appendice. Vingt ans après, en 1893, Chognon apporte 10 nouvelles observations, Enfin, depuis 1808, cette question a été spécialement étudiée dans les communications d’Albarran et Caussade, de Walter, de Bouglé, de Marion, de Castan, de Broca,de Kirmisson ; les thèses de Blanc,Coittier, Vignard; puis plus tard les observations de Mordret, de Potherat, et les thèses de (Carayon, Folliot, Grouew et Lamy. ;
Dans quelques-uns de ces travaux, spécialement dans la thèse de Grouew, sont colligées les oeclusions paralytiques dues à la péritonite appendieulaire et les occlusions attribuées à un spasme réflexe, en même temps que les occlusions purement mécaniques. Nous laisserons de côté les premières qui ne sont pas, à proprement parler, des complica= tions de l’appendicite qu’elles accompagnent presque toujours dans une certaine mesure et disparaissent avec l'infection, contrairement aux secondes ‘qui entrent alors en jeu.
Nous n’aurons donc en vue, dans eette étude, que les occlusions vraies, purement mécaniques, . apparaissant rarement pendant la crise appendiculairé,
plus souvent après, quelquefois même à uneépoque
assez éloignée de la crise, et celles qui se produisent, parfois sans crise aiguë, au cours de l’'appendicite chronique, Nous les verrons déterminées tantôt par un appendice sain, anormalement développé, tantôt
par un appendice adhérent, par des brides et adhé-
rences péritonéales ou épiploïques, par des abcès, et dans tous ces derniers cas nous trouverons l’appendicite comme origine première.
Nos observations personnelles et les renseigne-
. ments trouvés épars dans diverses publications nous
permettent une revue d'ensemble de la question et une mise au point suivant les théories actuelles.
Dans un premier chapitre nous étudierons l’étiologieet la pathogénie de l’occlusion intestinale vraie causée par un appendice sain ou par un appendice altéré ; nous y joindrons des observations.
Le chapitre II sera réservé à l'anatomie pathologique. |
Au chapitre III nous suivrons l’évolution de la maladie dans les deux types : aigu et chronique.
Au chapitre IV nous étudierons lés divers diagnostics que comporte la question. |
Nous dirons au chapitre V quelques mots du pronostic. | |
Quelques considérations relatives aux divers traitements feront l’objet du chapitre VI.
Puis viendront les conclusions, aussi brèves que
possible, L]
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