‹ Contribution a l'etude des ossifications post-traumatiques de la hancheChapitre 5 sur 20 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

On trouve dans la littérature de nombreux cas d’ossification anormales ouhétérotopiques, d’étiologie traumatique ou non. Elles sont décrites sous des noms différents suivant les auteurs, mais les appellations brouillant d’abord l'esprit par leur diversité, ne rendent souvent pas la véritable étiologie des lésions, et certaines même en donnent une fausse idée.

Les ostéomes musculaires traumatiques sont connus depuis très longtemps. Ils ont été surtout étudiés par les médecins militaires chez les jeunes soldats, soit des cavaliers (et les auteurs allemands appelaient Reiter Knochen les ostéomes constatés), soit des fantassins (exercier knochen). Ces ossifications se développaient et se développent encore en plein muscle, dans la « diaphvse musculaire », pour ainsi dire, et 1e traumatisme qui est le plus souvent à origine agit directement dans leur formation.

Certains auteurs assez nombreux, donnant à ces formalions csseuses une origine périostée, ont adopté le terme de « périostites traumatiques ».

On remarqua plus tard avec les auteurs italiens que de Pos pouvait se développer à la suite d’un traumatisme dans les tendons, On ne pouvait plus conserver pour les décrire l'ancienne appellation d’ostéome musculaire. Les tendons se terminant pour la plupart au voisinage des articulations,

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certains proposérent le ierme de « périarthrite traumatique ».

Deux auteurs italiens: PELLEGRINI et STIEDA, ayant 6bservé et publié de nombreux cas de formations osseuses post-traumatiques au niveau de l'articulation du genou, ont donné leur nom à cette localisation du syndrome. La maladie äe Pellegrini-Stieda est une ossification post-traumatique du genou. Rien ne différencie cette ossification au genou d’une ossification au coude par exemple ou à l'épaule ou à la hanche. C’est pourquoi nous conserverons pour décrire toutes ces lésions le terme unique « d’ossification post-traumatique ». Ce terme a lavantage de ne pas évoquer l’idée d’un néoplasme comme celui d « ostéome »; il n’essaie pas de donner une idée, peut-être fausse, de la pathogénie des formations osseuses comme le terme de périostite. (Nous verrons par la suite combien cette pathogénie est discutée.) Enfin ce terme suffit en lui-même à définir laffection dans son histologie et dans son étiologie.

Les ossifications post-traumatiques observées au niveau de larticulation coxo-fémorale sont rares dans la littérature. Dans un article de RorscHizb en 1900, on trouve un cas publié par BuscH, et qui est une trouvaille d’autopsie. Le cas est donné sans détail et la notion d’un traumatisme antérieur n'intervient pas. Il s'agissait de l’ossification du muscle psoas dans presque toute son étendue.

Le professeur LEJARS à publié en 1901 à la Société de Chirurgie deux cas d’ostéomes précoxaux qu'il avait opérés. Chez les deux malades la tumeur située en avant de l'articulation apparut à la suite d’un traumatisme de la hanche; elle s'était développée progressivement pour atteindre un gros volume, et elle entravait singulièrement les mouvements et les fonctions du membre. LEJARS a fait remarquer qu'il s'agissait là d’ostéomes post-traumatiques

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périarticulaires qui, à la hanche, paraissent exceptionnels.

Dans un travail de EwaLp, datant de 1910, on trouve décrite l'observation d’un homme de 44 ans, qui fit une chute en portant une charge de 62 kilogs, et eut une luxation de l'articulation coxo-fémorale droite. La radiographie pratiquée quatre mois après l’accident révéla un arrachement d’une portion osseuse du grand trochanter, et une nouvelle radiographie montra quelques mois plus tard des noyaux d’ossification dans plusieurs muscles du bassin (piriforme, obturateur externe, carré crural, muscle iliaque), noyaux de petit volume mais en très grand nombre.

RocHER, en 1911, en rapporte un cas dans le Journal de Médecine de Bordeaux.

René CHABRroL en 1912 en fit le sujet de sa thèse inaugurale (ositéome musculaire traumatique).

Mais c’est sûrement pendant et depuis la grande guerre que les observations d’ossifications post-traumatiques ont été les plus nombreuses. Ceci s'explique par la fréquence des traumatismes osseux pendant cette période et par l’emploi systématique que l’on a fait et que l’on fait à l'heure actuelle de lexamen radiographique. |

En 1916, ROCHER rapporte à la Société de Chirurgie neuf cas de périostéomes traumatiques dont 5 siègent au niveau de la hanche.

En 1918, Wizcems et DE CŒSTECRER publient un cas d’ossification complète du ligament de Bertin à la suite d’une blessure par projectile.

Villetard de LAGUERIE, dans sa thèse inaugurale en 1920, cite 5 cas d’ossification post-traumatique du fémur consécutive à de violents traumatismes.

AUvrAY en 1920 décrit un cas d’ossification progressive et complète du musele iliaque à la suite d’un traumatisme.

M. LEITNER adresse en 1935 à la Société de Chirurgie de

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Marseille, un travail sur deux cas d’ossification péricoxo fémorale qu’il a eu l’occasion d'observer dans le service de clinique chirurgicale de l'hôpital militaire de Marseilte. D’après l’auteur, ces deux cas d’ossification anormale seraient superposables à ceux présentés à la Société de Chirurgie de Paris en 1929 par DELAHAYE, MASSART, ARRIVAT, MaucLaiR et DiocLÈs, d'os cotyloïdien supérieur, point épiphysaire complémentaire de l’iléon et auquel est dévolue la formation du toit du cotyie.

M. LEIrINER ne met jamais le traumatisme en cause au cours de ses deux observations.

D’après cet historique, nous voyons que les ossifications post-traumatiques de la hanche ne sont pas très nombreuses, si on les compare à celles décrites au genou, au coude et à l'épaule.

Nous rapportons ici un cas original d’ossification posttraumatique de la hanche, dû à l’obligeance de notre maître, M. le Professeur MassaBuau. Trois autres observations recueillies dans la littérature et qui paraissent se rapprocher de la première seront décrites à la suite.

LHAAUE.

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