‹ Contribution à l'étude des Ostéomes de l'Orbite (volume 2)Chapitre 12 sur 26 · MES · texte numérisé non relu

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correspondait un peu moins d’un centimètre cube de masse néoplasique.

Malgré qu’il y ait déviation du globe en dehors la dipilopie est rare (12 %,). Cela tient à ce que la déviation est tellement importante que le malade arrive à faire abstraction de l'image fausse et imparfaite fournie par l'œil dévié. C’est ce qui explique qu’au début de l'exophtalmie la diplopie soit parfois observée, la divergence de l'œil atteint étant encore peu importante.

La présence d’une tumeur orbilaire traduite par l'exophtalmie peut être confirmée et précisée par le toucher que de Groefe proposait sous-palpébral et qui nous permettra souvent de sentir dans l’angle interne une masse dure, immobile, indolore.

Pour éviter toute erreur de diagnostic on pourra pratiquer une ponction exploratrice.

La gène des mouvements oculaires traduira l’encombrement de l'orbite où le globe à l’étroit ne se meut qu'avec peine. C'est un trouble mécanique à peu près . constant mais qui n'aboutit presque jamais à une immo- . bilité absolue.

Les troubles visuels.

1° Les troubles de la réfraction. — L'ostéome en se développant de façon insolite dans l'orbite comprime le globe oculaire soit latéralement entre lui et la paroi

orbitaire opposée, ce qui aura pour résultat d’allonger

l'œil et par conséquent de le rendre myope, soit d’ar- ) <

rière en avant. Dans le cas, le plus fréquent, le globe s’exorbite, mais bridé en avant par les paupières, il subit, du fait de la poussée de la tumeur, un raccourcissement de son &xe antéro postérieur, d'où hypermétropie. |

2° La compression du nerf optique. — Mais l’affaiblis-

sement de l'acuité visuelle n’a pas eomme cause unique les variations axiles de l’œil. L'ostéome tiraillant,com primant le nerf optique et ses vaisseaux fait obstacle à la circulation en retour,d'où stase papillaire avec papille gonflée en forme de champignon, à bords flous, à veines dilatées et tortueuses.

Ces signes ophtalmoscopiques peuvent cependant, aller de pair avec une acuité visuelle intacte ét un champ visuel normal. Mais le plus souvent ils s’accompagnent de baisse progressive de la vision, de sensation de photophobie, d'obscurcissement intermittent. Abandonnée à elle-même cette névrite œdémateuse se transforme en atrophie avec artères filiformes et décoloration papillaire à limites indistinctes.

Si l'enlèvement de l'obstacle mécanique est fait à temps, le malade peut parfois recouvrer une partie de son acuité visuelle.

Dans l'observation de Lagrange elle passa de 1/10 à 1/3 avec un verre de + 2 dioptries.

Le malade opéré par Le Mond.et qui avait 1/20 avant l'opération, récupéra par la suite 1/3.

A notre connaissance il n'existe dans toute la littérature médicale que trois cas. où l’ablation d'un ostéome de l'orbite ramena l’acuité visuelle à la normale.

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C’est d’abord le cas de Poppert, où de 5/10 pré-opéraloires on atteint ultérieurement 10/10.

Le malade de Bowmann dont nous savons seulement qu’« il avait la vision très affaiblie » recouvra 10/10 quand on J'eut débarrassé de son ostéome.

Enfin l'observation inédite du malade opéré par M. le Dr Sourdille se révèle particulièrement intéressante par sa rareté et par ses résultats, puisque la malade qui sur la table d'opération n’avait plus de l'œil gauche aucuné perceplion lumineuse, avait récupéré trois mois après une facile acuité visuelle de 10/10. IL est d'ailleurs à noter que malgré le retour à la vision normale, la papille a gardé son aspect d'atrophie et est reste décolorée. De plus la persistance pendant deux mois d’un scotome central semble indiquer que ce furent les fibres les plus délicates du nerf optique, celles du faisceau maculopapillaire, qui les plus altérées, farent aussi les plus lentes à récupérer leur fonction.

3° La compression des nerfs ciliaires par la tumeur a été signalée. Elle entraine la paralysie du muscle ciliaire et se traduit par une dilatation de la pupille.

Enfin bien que l’ostéome de l'orbite soit fréquemment indolore,on a décrit des phénomènes douloureux vraisemblablement dus àla compression des nerfs sensitifs : nerf nasal, nerf frontal, nerf sus et sous-orbitaire.

En outre certaines crises douloureuses périodiques accompagnées de larmoiement, de chémosis, de gonflement palpébral, qui souvent font parlie du cortège symptomatique de l'ostéome de l'orbite sont attribuables

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buables à des phénomènes inflammatoires que nous étudierons au chapitre des complications.

Les symptômes des tumeurs osseuses orbitaires variant un peu suivant leur point d'implantation on en a décrit diverses formes cliniques.

Les ostéomes du sinus frontal ne se manifestent par aucun symptôme tant que la tumeur n’'emplit pas la cavité sinusienne. Alors seulement éclatent des phénomènes de distension excessivement douloureux.

Ils évoluent vers la cavité orbitaire où ils affectent alors le type classique, où bien défonçant la voûte du sinus frontal ils tendent à se développer dans le crâne el à y causer de graves désordres par compression cérébrale. |

La diaphanostopie nous sera d’un grand secours pour le diagnostic de ces tumeurs.

Les ostéomes de l'ethmoïide tant qu'ils restent localisés aux fosses nasales se caractérisent par de l’anosmie, du larmoiement par compression du canal nasal,de la gêne respiratoire.On a également signalé des épistaxis à répétition qui traduisent la congestion de la muqueuse piluitaire comprimée par la tumeur.

Les polypes muqueux des formes nasales coïncident fréquemment avec l’ostéome de l'ethmoïde ils disparaissent automatiquement après son ablation.

Les ostéomes issus de l'antre d'Highmore sont rares; ils demeurent latents pendant leur période d'évolution intracavitaire, puis se manifestent par des douleurs névralgiques par distension du nerf sous-orbitaire quand ils emplissent le sinus. L'usure de la voûte

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sinusienne avec poussée de la tumeur dans l'orbite se traduit alors par une exophtalmie en haut et en dehors. |

Les ostéomes à point de départ sphénoïdal ne poussent point en général de prolongements dans l'orbite. Ils Se prolongent plutôt dans la cavité nasopharyngienne, dans les fosses nasales, dans la cavilé cranienne. Parfois cependant ils envahissent l'orbite. Leur caractéristique ‘est leur retentissement très marqué sur le nerf optique qui, vu le siège de la compression, présentera des phénomènes de névrite rétrobullaire typique.

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