‹ Contribution à l'étude des Ostéomes de l'OrbiteChapitre 26 sur 31 · RP 7 A2 PE HE · texte numérisé non relu

RP 7 A2 PE HE

L'étude des antécédents héréditaires et collatéraux ne révèle rien d'intéressant.

Ses antécédents personnels nous apprennent qu'elle mouchait beaucoup et toujours des mucosités purulentes mais elle respirait normalement et facilement par le nez.

Pas de traumatisme de la région intéressée, antérieur à la maladie.

A l'examen: le globe gauche saillant et exorbité se meut diflicilement dans l'orbite. Ses mouvements sont très limités. L'exophtalmie esten bas et en dehors.

Au doigt on sent dans l'angle interne, profondément, un obstacle dur, sans limites nettes.

L'acuité visuelle est quasi nulle, la malade ne comptant pas les doigts. .

La pupille est normale mais les vaisseaux centraux sont dilatés et flexueux.

Le diagnostic d'ostéome de la région interne est porté. Une radiographie de face et de profil faite par M. le D: Bianchi confirme le diagnostic. Une masse sombre mamelonnée d'environ 6 centimètres de long sur 5 centimètres de large occupe la plus grande partie de l'orbite

et semble implantée sur l'os planum (fig. 3 et 4.

L'œil droit est emmétrope et ne présente rien d’anor-

mal.

L'état général est satisfaisant.

L'intervention est proposée, la malade l’accepte.

Le 13 novembre 1922, la malaue est opérée par MM. les D" Gilbert Sourdille et Maurice Sourdille,

On constate sur la table d'opération qu’en quatre jours les troubles de l’acuité visuelle ont fait des progrès rapides

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raphie temporaire.

puisque la malade n'a plus aucune pérception lumineuse

de l'œil gauche.

L'anesthésie est donnée au chloroforme.

Premier temps. — On pratique d'abord une blépharo-

Une incision partant du tiers interne du sourcil

suit le bord interne rés l'orbite à un centimètre de la

commissure interne et descend le long du nez dans le

sillon naso-génien pour se terminer dans le pli labio-

génien.

On décolle à la rugine le lambeau externe et on tombe

sur la partie antérieure de la paroi orbitaire interne.

On y trouve quelques gouttes d'un pus jaune et épais

provenant d'une cellule ethmoïdale ouverte. A ce niveau la paroi osseuse apparaît perforée sur une étendue d'un E

centimètre carré et par cette brèche on aperçoit une

tumeur osseuse, bosselée, marronnée, jaunâtre.

Deuxième temps. — On décolle le lambeau interne à

la rugine jusqu'à l’orifice piriforme. Décollement à ce

niveau de la muqueuse nasale puis section à la pince gouge de toute la branche montante du maxillaire supérieur.

Abattement de la moitié interne de la pyramide maxilie ce qui ouvre le sinus maxillaire plein de pus et dont la muqueuse est rouge et boursouflée.

L'ostéome apparaît bien alors enclavé dans l’ethmoïde, le sinus frontal, le sinus maxillaire.

Troisième temps. — On le dégage prudemment à petits

coups à la gouge et à la pince-gouge en avant en bas eten dehors.

J. Legrand 4

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Le dégagement est encore plus prudent à la partie supérieure.

Quatrième temps. — On abaisse alors la tumeur dans le sinus maxillaire et on l'extrait avec un davier de Farabœuf.

Résection de la muqueuse nasale du méat inférieur et drainage du sinus à ce niveau avec une mèche iodoformée. On conserve le cornet inférieur de la muqueuse de la paroi nasale externe.

On suture la peau qu’on recouvre d’un pansement sec.

L'opération a duré trois quarts d'heure.

L'ostéome extirpé est volumineux, mamelonné: il est constitué par du tissu éburné et formé de bosselures séparées par des dépressions profondes. Il rappelle vaguement la forme d’une astragale à grand axe vertical. Il a 56 millimètres de long, 45 millimètres de large, 31 millimètres d'épaisseur. Son poids est de 55 grammes (Fig. 5).

Le 14 novembre, la «malade est en excellent état. Pas de douleurs, température 3508, Pouls : 70. à

Le 17 novembre, ablation des fils. Ouverture de la fente palpébrale . L'œil est en parfait état. La vision commence à revenir,la malade distinguant les gros caractères d'en-tête d'un journal.

Le 19 novembre, amélioration continue, léger emphysème palpébral,

Le 25 novembre, exéat.

Le 4 janvier 1923, la malade revue par le Dr Sourdille présente un scotome central. Son acuité visuelle est de

6/10 très difficiles, vision para-maculaire.

Fonre

. Le 18 janvier 1923, l’acuité visuelle est de 10/10 dificile.

Le 1° février 1933, l'acuité visuelle est toujours de

blanche, à bords légèrement flous avec disparition de l'anneau scléral. Le champ visuel'est normal, UE Le 29 mars 1923, l'œil gauche a maintenant une acuité visuelle de 10/10 facile. Il n'y A pas de diplopie, l'œil est mobile, mais la pupille reste toujours décolorée. La ligne d’incision opératoire est à peine visible.

La guérison est parfaite.

OBSERVATION H (inédite) (Communiqué par M. le D' Gilbert Sourdille).

Î Un matin de juillet 1920, Henry B..., 19 ans, habitant à Drain (M.-et-L.) s’aperçut en se rasant qu'il n’y voyait - pas du côté gauche, ce qui le gênait considérablement pour se raser, a Il ne s’en inquiéta point et ce n'est que trois mois plus tard devant une exophtalmie gauche qui débutait qu’il alla voir un médecin de Liré qui lui parla d’un anévrysme H ‘ orbitaire.

# Trois mois après, devant la persistance de ces phépnomènes il vient à Nantes consulter M. le Dr Gilbert Sourdille le 29 janvier 1921.

On ne relate rien dans les antécédents héréditaires, per-

sonnels on collatéraux. Henry B... a jusqu'alors toujours

10/10 difficile. A l'ophtalmoscopie on constate une pupille

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joui d’une bonne santé et n'a jamais eu de traumatisme. de l'œil.

A l'examen. — Le malade présente une exophtalmie directe très apparente. Les mouvements du globe oculaire sont très limités. I1 n’y a pas de déviation manifeste. L'œil droit est emmétrope et a 10/10 d’acuité visuelle. L'œil gauche est hypermétrope de deux dioptries à la skiascopie, etn’a qu’1/20 d'acuité visuelle. |

A l'ophtalmoscope : névrite optique œdémateuse en pleine évolution.

Le 16 avril 1921, la malade revient, L’exophtalmie a légèrement augmenté en avant et en dehors,

La papillite continue son évolution.

A l'exploration digitale, on constate sur la paroi interne de l'orbite, assez profondément une tumeur arrondie, non mobile, de dureté osseuse, du volume d'une grosse noisette.

Le 98 avril 1921, une radiographie faite par M. le

D: Bianchi montre une tumeur du volume d’une bille à jouer insérée sur l'os planum. |

On propose au malade une opération qu'il refuse.

Observations déjà publiées.

Lagrange et Valude consignant, dans leur Traité des tumeurs de l'œil et de ses annexes, tous les cas d'Ostéomes de l'orbite connus en 1904, nous ne publierons brièvement résumées, que les observations parue à notre connaissance depuis cette date.

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