‹ Contribution à l'étude des ostéomes du plancher buccal et des muscles masticateursChapitre 18 sur 19 · ER A · texte numérisé non relu

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tiquées à cette époque montrèrent des éclats multiples et un arrachement de l’apophyse coronoïde. Actuellement on note la présence d’une chéloïde étoilée au niveau de la région trau-

matisée, et une consrriction permanente très serrée (notre patient ne peut écarter ses crêtes alvéolaires presque complètement édentées).

Un cliché radiographique du squelette facial montre la présence d'un cal osseux unissant la tubérosité du maxillaire supé-

rieur gauche à la face interne de la branche montante et de l’apophyse coronoïde correspondantes.

Cette synostose est formée d'os condensé.

On remarque au niveau de la branche montante gauche une plage étendue de raréfaction osseuse, décalcification bien mise en évidence par beriche et expliquant la mutation calcique locale, qui joue un rôle dans la genèse de l’ostéome voisin.

Intervention. — MM. Worms et Bercher pratiquent une ostéotomie par voie endobuccale et obtiennent la dilatation et l’écartement des arcades dentaires à l’aide d’un appareil de Darcissac.

On note en outre quel’atrophie du maxillaire supérieur, par défaut d'usage, s’améliora rapidement grâce à l’appareillage, le maxillaire supérieur reprenant ses dimensions normales. -

OBS. n° 4. — Ostéome du temporal. (Observation recueillie dans le service du professeur Lemaître.)

Mme V.., adressée par le docteur Béal du service de stomatologie, où elle était en traitement pour un ostéophlegmon mandibulaire lié à des accidents d'évolution d’une dent de sagesse inférieure, entre en novembre 1932 au Pavillon Isambert.

Nous apprenons qu'elle a reçu il y à quatre ans un corps dur, bouteille, au niveau de la région temporale droite.

Depuis elle assiste à l’évolution :

D'une tuméfaction ;

D'une constriction des mâchoires.

L'examen. révèle une légère asymétrie faciale.

La palpation permet de constater au niveau de la région suszygomatique droite (fosse temporale) la présence d’une tuméfaction très dure, adhérente au plan profond, absolument indolore.

Allongée obliquement: de bas en haut, elle semble se perdre en bas avec le malaire, elle est bien limitée en,arrière par une arête tranchante.

Les mouvements de l’articulation temporo-maxillaire droite sont très limités, alors que ceux de l'articulation opposée paraissent normaux.

On note une latéro-déviation à droite Hans le mouvement d’abaissement de la mandibule. 5001)

L'ouverture de la bouche est très limitée et si un espace

semble exister sur la ligne médiane, il est dû au fait que la crête neisive inférieure est complètement édentée.

On ne relève aucune maladie dans les antécédents. A noter qu'une réaction de Wassermann faite récemment dans un ser-

vice hospitalier à été franchement positive, mais notre malade n’a suivi aucun traitement régulier.

Un cliché radiographique montre une image sombre, triangulaire, partant du coroné, se dirigeant en haut et en arrière, dépassant l’areade zygomatique pour s'épanouir dans la fosse temporale où elle se limite en haut par une ligne courbe à concavité postéro-supérieure.

En présence de ces symptômes, on décide d'intervenir.

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Protocole opératoire.

Opérateur M. le professeur Lemaître.

Aide M. Y. Lemaitre.

Anesthésie générale.

L'intervention est très difficile.

II ne s’agit pas d'une myosite ossifiante, mais bien d’une production osseuse importante.

Il existe étendu de la fosse temporale au col du condyle et au coroné, un bloc osseux que l’on est obligé de sculpter en ses différents points au milieu d’un champ opératoire très vasculaire.

L'articulation temporo-maxillaire est ouverte, à ce moment les efforts d'ouverture des mâchoires qui étaient transmis à la région temporale sont plus efficaces et l’on arrive à une ouverture de 2 centimètres environ.

Néanmoins on se décide à réséquer le condyle, et comme cela paraît insuftisant, le coroné.

A ce moment l’ouverture se fait beaucoup plus facilement. La cavité qui en résulte est comblée par deux mèches.

Les suites opératoires furent normales, quinze jours après l'intervention, la malade quittait l'hôpital avec restitution complète de ses mouvements mandibulaires.

OBS. n° 5. — Un cas de myosite ossifiante du masséter.

Le docteur Zierz de Waldenburg (Silésie) rapporte un cas de myosite ossifiante massétérine datant déjà de quelques années.

En 1924, vient à sa consultation, une jeune fille âgée de 25 ans chez laquelle on était frappé par une asymétrie de la face.

Au niveau de l’angle droit de la mandibule on remarquait un léger épaississement.

La bouche s’ouvrait de travers, le côté droit du maxillaire supérieur s’écartant de quelques millimètres seulement de l’arcade dentaire supérieure alors qu'à gauche lécartement était plus considérable.

On avait l'impression d’un trismus unilatéral.

A l’interrogatoire la malade avoua avoir reçu durant son enfance un coup sur la joue à la suite duquel elle ne put ouvrir la bouche durant plusieurs jours. Un médecin appelé aurait diagnostiqué une fracture de maxillaire consolidée secondairement de façon vicieuse. Ce qui était une erreur de diagnostic.

La palpation révéla une tuméfaction non mobile, de consis-

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tance osseuse, au niveau de la face externe de la région angulomandibulaire droite.

Un cliché radiographique montra l'absence de fracture antérieure et la présence, au niveau de l'angle, d'une surface arrondie, claire, donnant l'impression d’une tumeur maxillaire avec ébauche de formations osseuses.

La malade fut adressée au professeur Partsch, qui sous anesthésie générale fit une inscision le long du bord inférieur du maxillaire et libéra une tumeur osseuse située dans le masséter, masse apparemment unie à la corticale de la branche montante du maxillaire inférieur, mais se laissant soulever avec la rugine et énucléer du muscle,

Peu de temps après, la constriction avait complètement disparu et la malade ouvrait la bouche normalement, permettant des soins dentaires auparavant impossibles. Il persiste encore aujourdh'ui une légère asymétrie faciale et aucune récidive ne s’est produite depuis l'intervention.

OBS. n° 6. — Ostéome du masséter. (Observation personnelle recueillie dans le service du docteur Bercher.)

Nous examinons, le 26 mars 1934, dans le service de Stomatologie du Val-de-Grâce, le jeune soldat B..., âgé de 22 ans.

Nous apprenons qu'au cours de la première semaine de janvier il à fait une glissade ayant déterminé sa chute sur le pied d’un lit en fer de la chambrée.

La région qui à subi ce choc est l'angle mandibulaire gauche.

Notre jeune soldat qui à l’époque n'a pas même consulté le médecin du régiment, ne semble pas avoir beaucoup souffert de ce traumatisme.

I n'a pas présenté d’ecchymose, ni de fracture, comme les clichés radiographiques effectués depuis l'attestent.

Il a accusé tout au plus une douleur sourde durant deux ou trois jours au niveau de la région traumatisée.

Cinq ou six jours plus tard notre jeune patient contracte les oreillons.

Il est hospitalisé à Orléans et durant trois semaines n'absorbe qu'une alimentation liquide (bouillon et lait).

Un mois après l'accident, en reprenant une alimentation solide, il éprouve de la difficulté à ouvrir la bouche ; actuellement sa constriction serait moins serrée,

EXAMEN. — Absence totale de signes fonctionnels, sinon une gêne à la mastication.

L'examen extrabuccal montre une légère déformation de

l’'ovale du visage par une tuméfaction de la région angulomaxillaire gauche.

On note une légère déviation de la commissure labiale gauche qui est légèrement surélevée et attirée vers la gauche.

Le palper révèle au niveau du masséter et faisant corps avec lui une masse oblongue, très dure, dirigée obliquement en bas et en arrière, du volume d’un œuf de pigeon.

Cette masse qui n’adhère pas aux téguments, s'étend en bas Jusqu'à un travers de doigt du rebord basilaire, en avant arrive presque jusqu'au bord antérieur du masséter et en haut se perd insensiblement en direction du zygoma.

Cette masse ne peut se mobiliser et est complètement indolore.

A l'examen intrabuccal, on note que dans le mouvement d'ouverture l’écartement des arcades dentaires atteint 1,5 centimètres dans la région incisive, en outre il se fait un mouvement très net de latéro-déviation vers la gauche de toute la mandibule comme si elle était attirée par une bride fibreuse.

A la palpation endobuccale des deux masséters à l’aide de l'index placé dans le vestibule et en faisant ouvrir et fermer la bouche à notre patient, on note que ces deux muscles se contractent également et que leur bord antérieur se présente comme normalement sous la forme d’un cordon induré.

En palpant un peu en dehors du bord antérieur du masséter gauche on sent une masse dure s’amincissant progressivement en avant.

En présence de ces symptômes, M. Bercher décide de temporiser, jusqu'à ce que l’ostéome arrive à maturité complète, et de l’opérer secondairement.

A deux semaines d'intervalle on note :

Que l’écartement des arcades dentaires à augmenté et atteint > centimètres.

Que la tumeur massétérine a diminué, son volume étant maintenant celui d’une amande.

Que les contours de cette masse sont plus nets et que tout en faisant corps avec le muscle, elle à acquis une certaine mobilité, mais qu’elle s’immobilise complètement au cours de la contraction musculaire, lors du mouvement d'ouverture de la bouche.

Enfin en mobilisant cette masse contre les plans profonds, on obtient de la crépitation.

Nous avons fait pratiquer une calcémie qui nous à donné le chiffre de 98,5 milligrammes légèrement au-dessous de la normale.

Le cliché radiographique ci-dessous, pris le 28 avril, montre dans les parties molles de la joue gauche, au niveau du masséter,

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x hauteur du 1/3 moyen de la branche montante, la présence d’un noyau calcifié de la grosseur d'une noisette environ, à contours nets, précis, à structure granitée et représentant un ostéome pas tout à fait mür.

En face, le contour du maxillaire apparaît bordé par une bande à contours nets mais un peu rugueux, d'épaississement du périoste en voie d'ossification probable.

Un mois plus tard les symptômes cliniques sont inchangés, et des radiographies de contrôle montrent que l'ostéome est arrivé à maturité.

Le 30 mai 1934.

Opération sous anesthésie locale.

Opérateur : M. Bercher.

Aide : M. Peyrus.

On pratique une incision curviligne, suivant en arrière l’angle du maxillaire.

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La faciale est juste à l'extrémité antérieure de l’incision, elle est sectionnée entre deux ligatures. Le lambeau antérieur est rabattu en haut et en avant, découvrant la face externe du masséter jusqu'à mi-hauteur environ.

Les fibres musculaires sont dissociées, avec une spatule mousse d’abord, puis écartées par deux écarteurs. L’ostéome est tout entier entre la face profonde du muscle et la branche montante.

Il n’a aucune adhérence osseuse et il est facile à détacher, à la rugine, des fibres du masséter. Suture du muscle et suture de la peau sans drainage.

H'ostéome à une forme ovoïde et mesure 10 millimètres sur 21 millimètres.

Les suites furent normales et on obtint la cicatrisation par premiere intention.

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