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par le défaut d’emploi du métal dans la vie courante et en thérapeutique. D’autre part, tous les ouvriers atteints étaient des professionnels du cadmium de longue date, ayant eu des contacts prolongés et répétés avec le toxique. Le délai le plus court d’apparition des premiers signes fonctionnels ayant pu attirer l'attention sur le système osseux a été de cinq ans. Les autres cas se manifestèrent au bout de six, huit, et même onze années.
L'intoxication se fait par l'intermédiaire de la poudre de cadmium qui pénètre dans l'organisme, soit par la voie respiratoire, soit par la voie digestive, soit enfin par la voie cutanée (ces faits ont une importance au point de vue de la prophylaxie à em— ployer dans les usines utilisant le métal).
Cliniquement l'attention est attirée sur le squelette par l'apparition de signes fonctionnels, souvent graves, pouvant aller jusqu'à créer une véritable infirmité. Il s’agit d’un syndrome douloureux, fait de douleurs de siège variable : les lombes. les membres inférieurs le plus souvent. s'accompagnant dans quelques cas d’une gêne considérable de la marche.
Contrastant avec cet ensemble de signes fonctionnels importants : l'absence à peu près complète de tout symplôme physique, au moins dans la plupart des cas,
L'état général témoigne, dans plusieurs cas, de l'intoxication ; il existe en effet un teint terreux, une asthénie plus où moins marquée, un amaigrisse— ment.
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Cependant, seule, la radiographie est caractéristique et permet le diagnostic. Elle révèle la présence de stries osseuses, donnant à première vue l'illusion de fractures spontanées, mais ne s’accompagnant jamais de cal ni de déplacement des fragments osseux. Ces lésions s’observent surtout au niveau des fémurs, tibias, péronés ; au niveau du bassin et des omoplates.
L'examen humoral, en particulier le dosage du calcium et du phosphore dans le sang, a donné des résultats variables selon les cas et ne permet ainsi de
tirer aucune conclusion.
Voici, au hasard, deux des observations rapportées
par les auteurs :
C’est tout d’abord l’histoire d’un ouvrier de 41 ans, travaillant à l’usine de cadmium depuis onze ans. Depuis trois ans (soit au bout de huit ans de manipulation du métal), il se plaint de vifs élancements dans les membres inférieurs, les hanches et les lombes. La marche est très pénible et douloureuse et se fait à petits pas. Peu à peu, le malade est devenu un infirme et se voit obligé d'interrompre son travail.
L'examen ostéoarticulaire est négatif. On note seulement l’existence d’un mauvais état général. Le teint est terreux ; il existe de l'asthénie, de l’amaigrissement. La tension artérielle est à 13-09.
Un examen radiologique de tout le squelette se révèle instructif en montrant l'existence de deux stries
fémorales symétriques situées au-dessus de la petite
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tubérosité de chaque fémur : il s’agit, de chaque côté, d'une fente linéaire, transversale, bordée en haut et en bas par un liseré dense. Il existe une autre fente linéaire sur le col de l’omoplate droite, ainsi que quelques becs ostéophytiques au niveau de la colonne lombaire.
Cet aspect rappelle tout à fait le syndrome décrit par Mizkmann en 1934.
Toute une série d'examens complémentaires est faite chez ce malade et permet les constatations d'une hypoglycémie à 0,65 et 0,66 gr.. d’une anémie modérée : 3.240.000 globules rouges. La calcémie est normale : 104 mgr. La phosphalase (unité Bodansky) : 8,35. Le phosphore minéral : 138 mgr. Une ponction sternale et un dosage de l’acide ascorbique dans les urines sont normaux ainsi qu’un examen électrique des nerfs et des muscles des membres inférieurs.
Une autre observation est celle d’une ouvrière de 48 ans, qui, au bout de six ans de travail à l'usine de cadmium commence à présenter une certaine faiblesse de la jambe gauche accompagnée d’élancemerts pénibles dans la même zone ainsi que dans les lombes, les côtes, les épaules. La malade a dû cesser son travail. Pour marcher, elle doit se servir d’une canne. Enfin, elle se plaint de troubles dentaires depuis deux à trois ans.
A l’examen, on peut mettre en évidence au niveau du tibia gauche quelques modifications pathologiques :
le tibia paraît déformé, épaissi, sensible au palper. Le
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teint est terreux. La tension artérielle est de 14-8. Des radiographies osseuses pratiquées montrent des déformations singulières du tibia gauche : il paraît augmenté de volume, ses bords épaissis, la partie centrale de l’os décalcifiée. L’aspect radiologique est celui d'un tibia pagétique. De plus, au tiers inférieur du péroné droit il existe une strie typique bordée d’un liseré opaque.
Un examen hématologique pratiqué enfin, dénote une certaine anémie à 3.450.000 globules rouges. Les auteurs rapportent encore quatre autres observations. Elles sont tout à fait semblables à celles que nous venons de décrire. Toutes sont reliées entre elles par la similitude de l’aspect clinique se traduisant, avant tout, par un syndrome fonctionnel douloureux conduisant à l’impotence plus ou moins complète. L'examen clinique peu important révèle peu de signes objectifs en dehors d’une atteinte de l’état général qui semble constante à des degrés divers dans tous les cas cités. L'examen humoral apporte peu d’éclaircissements. Seul, l’examen radiologique permet des constatations particulières en révélant l’aspect de syndrome de Milkmann. L'examen systématique du squelette est indispensable : certains os que l’on pourrait croireindemnes en se basant sur la seule clinique, se révèlent en effets porteurs de lésions typiques. Nous n’avons pu retrouver aucun travail expéri-mental reproduisant chez l'animal de laboratoire des modifications analogues. Cependant l’origine cadmique de ces phénomènes ne semble pas devoir être
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mise en doute. Sur vingt ouvriers d’une usine de cadmium, MM. Lartrre et Gros en ont trouvé six porteurs des lésions que nous venons de rappeler. On sait par ailleurs la rareté de ce syndrome de Milkmann.
Avant ces six observations de professionnels intoxiqués par le cadmium, il avait été signalé seulement dix cas de ce syndrome dont l’étiologie avait, du reste, été très discutée.
Par quel mécanisme agit le cadmiumP S'agit-il d’une action directe sur le tissu osseux, ou d’une action indirecte? on ne peut tirer aucune conclusion des faits rapportés; il faudrait, de toute évidence, compléter la clinique par une étude expérimentale, faire des dépistages et éventuellement des dosages du métal dans les os.
Cependant, il semble que le cadmium soit susceptible de se fixer sur les os. Nous n'en voulons pour preuve que l’aspect particulier des dents des ouvriers du cadmium et que M. LesourG à décrit sous le nom de « dent jaune cadmique ».
Les constatations suivantes ont été faites dans une usine d’accumulateurs en 1939, sur les dents des ouvriers manipulant, dans certaines conditions, le cadmium.
Les ouvriers manœuvrant des cuves chaudes d’hydroxyde de cadmium et restant exposés pendant des heures aux vapeurs quis’en dégagent, présentent une coloration jaune particulière au niveau des dents. Cettc coloration disposée en bandes et d'intensité va-
riable du jaune orangé au marron, est plus accentuée
du côté du collet et sur les dents antérieures. Elle va en se dégradant vers les molaires, mais laisse toujours une portion d’émail normal du côté du bord libre. Elle est très adhérente, résistant au grattoir ; ne s’accompagne d'aucune altération gingivale.
Pour M. LesourG, cette coloration est due à l’apport direct dans la cavité buccale du cadmium ou de son hydroxyde contenu dans les impuretés de l'air. Elle est due à la formation du sulfure au contact du sulfocyanate de la salive. Les ouvriers présentant cet aspect spécial des dents peuvent ne présenter aucun autre trouble. Cependant il y là une preuve de l'absorption chronique de cadmium.
MM. Larirre et Gros ne :nentionnent pas cette coloration des dents chez leurs ouvriers porteurs de syndrome de Milkmann. Ils parlent seulement de troubles deutaires sans préciser autrement.
Y a-t-il fixation du cadmium sur l’ensemble du squelette comme au niveau des dents? Quels sont les rapports de ce métal avec le calcium ? Ge sont là, des problèmes intéressants qu'il conviendrait d’élucider par une expérimentation appropriée.
Toutefois un résultat semble acquis; c’est l'influence d'une thérapeutique par le calcium et la vitamine D dans les cas de syndrome de Milkmann, qu'ils soient d’origine indéterminée ou dus au cadmium. On associe à cette thérapeutique récalcifiante de l’extrait parathyroïdien. Les résultats ont été excellents dans deux des six cas cités. Un troisième malade en
cours de traitement présentait déjà une neîte amélio-