‹ Contribution à l'étude des Pancréatites aiguës hémorragiquesChapitre 7 sur 29 · ARS TES · texte numérisé non relu

ARS TES

Parfois relève-t-on dans les antécédents du malade quelques vagues douleurs épigastriques à répétition (comme dans l’observation I), des troubles gastro-in-testinaux, des accidents lithiasiques (observation V par exemple) ; mais ordinairement c’est en pleine santé apparente que le début éclate.

Peu après un repas abondant, un sujet jeune et vigoureux, assez souvent un obèse, est pris brusquement d’une douleur extraordinairement violente au point de déterminer parfois une syncope. Cette douleur est plus intense encore que celle qui résulte de la perforation d’un ulcère ou de la vésicule. Le siège en est souvent mal précisé, mais, signe important pour Mayo-Robson et Russer, elle irradie habituellement à l’angle costo-vertébral droit ou gauche.

Elle reste le symptôme dominant, s’exagérant parfois en paroxysmes atroces.

Bientôt apparaissent des vomissements, alimentaires d’abord, puis bilieux, jamais fécaloïdes.

Puis le ventre se ballonne ; il y a suppression complète des évacuations fécales et même des gaz.

Facies aux traits tirés, au nez pincé, au regard anxieux, souvent cyanosé, pouls petit, rapide et hypotendu avec température normale ou du moins peu élevée, tout porte à croire qu’il s’agit d’une péritonite par perforation. Et cependant « l'examen de l’abdomen est décevant » : il fournit peu de renseignements.

Rarement contracturé (au début tout au moins), habituellement ballonné surtout au niveau de l’épigastre, il est quelquefois souple et:se laisse déprimer profondément. On réveille alors une douleur diffuse

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de la région ombilicalé et sus-ombilicale ; son maximum serait « sur la ligne médiane à mi-chemin de l’ombilic et de l’appendice xyphoïde, soit un peu à droite quand la lésion débute dans la tête de l’organe, soit à gauche jusque sous le rebord costal dans les pancréatites de la queue ».

Halstead avait décrit, comme un signe particulier à l’affection, « l'existence de marbrures livides sur la peau du ventre ». Malheureusement, c’est un symptôme exceptionnel. Nous ne l'avons trouvé chez aucun de nos malades ; tout au plus avons-nous noté une fois une légère cyanose de la face (observation H).

Il est enfin d’autres symptômes dont la fréquence est bien moindre : l’ictère qui relève de la lithiase concomitante, la diminution de la quantité des urines.

Ces formes aiguës ont une marche très rapide et entraînent généralement la mort en 12, 24, 48 heures, 3 jours. Et il est à remarquer, comme l’affirment Bernard, Desplas et Ebrard, que « les formes les plus sévères sont les formes hémorragiques pures où manque

la stéatonécrose ».

Dans certains cas, la mort est si brutale « qu’elle prête à toutes les suppositions ». Aussi, Léoncini d’abord, puis Chalmers ont-ils décrit une forme médicolégale de la pancréatite hémorragique. C’est une forme suraiguë, véritable apoplexie, qui tue en quelques

heures : elle est exceptionnelle.

On a individualisé ces temps derniers une autre forme: la forme œdémateuse.

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