‹ Contribution à l'étude des Paralyses Diffuses dans la Fièvre TyphoïdeChapitre 18 sur 48 · II. — Polynévrites · texte numérisé non relu

II. — Polynévrites

La fièvre typhoïde peut également donner lieu à des paralysies revêtant le type classique des polynévrites.

Ce sont certainement de tous les cas de paralysie typhique les plus fréquents et les moins graves.

Le début ici encore peut être insidieux, et les phénomènes de motricité ouvrir la scène (obs. XIV), mais c’est tout à fait exceptionnel.

Dans les polynévrites, les troubles de la sensibilité acquièrent une grande importance.

D’ordinaire, la paralysie est précédée de troubles sensilifs ; parfois il s’agit d’un simple engourdissement (obs. XI, XIV, XXI), de fourmillements, de sensation de faibiesse (obs. XXIT), de froid dans les membres, qui vont être paralysés.

Mais « le début est le plus souvent annoncé par des douleurs vives, continues ou exacerbantes, qui se produisent. sous forme d’élancements, de fulgurations. » (Pitres et Vaillard.)

Dans presque toutes nos observations, nous avons en effet constaté l’existence de douleurs intenses (obs. X, XIII, XV, XVI, XVII, XVIIT, XXII).

Ces douleurs névritiques peuvent persister

= (obs. XIV, XVI, XXII, XXIID) ou disparaitre une fois la paralysie établie (obs. XV.

Plus tard, la sensibilité peut être intacte; mais elle est d'ordinaire considérablement diminuée (obs. XIV, XVI, XXIIL) ou même abolie.

L’abolition peut porter sur tous les modes (obs. XI) ou seulement sur l’un d’entre eux.

Dans l'observation XVI, il n’y a que de l’électroanesthésie du côté droit.

Un malade de Vulpian avait conservé la sensation douleur et perdu celle de contact.

Ily a seulement de l’analgésie aux extrémités (obs. XX).

La pression exercée sur le trajet des nerfs ou sur les masses musculaires est généralement douloureuse (obs. X, XIII, XV, XVII).

Troubles moteurs.

La paralysie peut être complète (obs. XIT, XIV, XXII). Mais souvent le malade, s’il ne peut se tenir debout, et encore moins marcher, peut cependant exécuter quelques mouvements dans son lit.

Le malade peut encore soulever la jambe jusqu'à une hauteur de 50 centimètres (obs. X).

Mais ces mouvements sont peu étendus et la force musculaire très diminuée.

C'est plutôt de la parésie que de la paralysie.

Les réflexes tendineux et cutanés sont le plus souvent diminués (obs. XI, XIII), ou abolis (obs. -X, XIII, X VIN).

On les a cependant vus conservés, et même exagérés.

Dans l'observation XIV, les réflexes plantaires ont un caractère épileptoïde.

Ils sont également exagérés des deux côtés (obs. XX).

Réactions électriques.

Leur examen est très important au point de vue du pronostic.

Il faut rechercher la réaction spéciale, dite de dégénérescence, signalée par Erb.

€ Il y a abolition de la contractilité faradique et galvanique des nerfs; la contractilité faradique des muscles a disparu, mais leur contractilité galvanique est augmentée.

« De plus, la secousse de fermeture du pôle positif est supérieure à celle du pôle négatif. »

Dans les polynévrites typhiques, la réaction de dégénérescence peut s’observer (vbs. XX); mais elle est relativement rare, plus rare, semble-t-il, que dans les autres polynévrites. (Raymond).

L’atrophie musculaire existe, mais à des degrés très variables. |

Parfois énorme, comme dans l’observation X, où la malade n’a plus que la peau sur les os, elle exige d’autres fois, pour être mise en évidence, des mensurations minutieuses.

Les sphincters ne sont généralement pas touchés; nous n’avons trouvé de troubles de ce côté dans aucune des observations que nous avons rangées dans les polynévrites.

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Cependant, comme l’a bien montré M"° Déjerine-Klumpke, et comme le prouve l'exemple des paralysies diphtéritiques, il n’y a rien d’absolu dans cette règle.

OBSERVATION X Polynévrite.

(Service de M. le professeur Spillmann.)

Mie T..., âgée de 22 ans, sans profession, entre le 17 octobre 1897.

Elle avait été prise d’une fièvre typhoïde vers le 15 juillet 1897.

Au bout de 15 jours, la malade avait ressenti des douleurs lancinantes dans les membres inférieurs et supérieurs.

Ces douleurs ont duré tout le temps dela maladie; elles sont allées en diminuant d'intensité ; mais en augmentant de fréquence.

Néanmoins, au bout de six à sept semaines, la malade a commencé à se lever, ou plutôt on la levait, car elle n’a jamais pu marcher.

La malade entre à l'hôpital (11 ocrobre 1897).

Température 38°, pouls 120.

La malade est profondément amaigrie, état squelettique de tous les membres et de la face.

Pas de troubles intellectuels.

Troubles moteurs.

Membres inférieurs.

Un peu d’œdème.

La malade détache facilement la jambe du plan du lit, jusqu’à environ 50 centimètres ; il y a quelques mouvements de saccade pendant l'élévation, pas d’ataxie.

Résistance aux mouvements passifs légèrement diminuée.

La flexion et l’extension sont possibles; mais il y à diminution de la force.

Dimensions. Jambe droite. Gauche.

À 10 centimètres au-dessous de la pointe de la rotule. 22 21 À QU centimètres .......... 20 19 1/2 À 20 centimètres au-dessus de la base de la rotule... 28 27

Les masses musculaires des jambes et des cuisses ont presque disparu, surtout les masses postérieures.

Il n’y a plus que la peau sur les os.

Sensibilité.

A la piqûre conservée, plutôt augmentée, au toucher, idem.

Réflexes abolis au pied, comme au genou.

Pas de contractures.

Légère douleur à Ia pression des masses musculaires.

Membres supérieurs.

Même atrophie, peut-être plus accentuée encore.

Force musculaire très diminuée, mais également des deux côtés.

Abolition des réflexes. Pas de troubles de sensibilité.

Sphincters intacts. Il n’y à jamais eu de troubles de ce côté. Sens normaux.

Les réactions électriques sont intactes, électro pronostic bon.

15 novembre. — La malade peut marcher avec l’aide de quelqu'un.

21 novembre. — Elle sort, toujours très «maigrie, mais améliorée au point de vue de la marche.

0e OBSERVATION XI

R. V..., 32 ans, cuisinière, entre à l’hôpital Saint- Antoine le 9 novembre 1897, au huitième jour d’une fièvre typhoï le. Fièvre adynamique grave.

Le 15 décembre. — Convalescence, mais il persiste une faiblesse extrême.

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