OBSERVATION XVI
Pierre M..., #3 ans, entre à l'Hôtel-Dieu le 28 décembre
Fièvre typhoïde; adynamie profonde, mais phénomènes abdominaux relativement peu prononcés. Au début de février, plusieurs petits abcès.
Le 8, le malade est pris de rétention d'urine, il faut le sonder, les Jours suivants, il se plaint de vives douleurs névralgiques qui passent d’une jambe à l’autre. Le 15, le malade urine seul, et dans la seconde moitié du mois la convalescence s'accuse, mais il a de la peine à mouvoir ses membres inférieurs et ne peut se tenir debout.
Les névralgies notées plus haut se produisent encore, et il y a endolorissement permanent des membres inférieurs, le droit surtout.
La faiblesse et l’atrophie musculaire portent principalement sur la région jambièro antéro externe. Elles persistent malgré la faradisation; cependant, à la fin de mars, Pierre M... peut marcher avec des cannes.
À la fin d'avril, il se passe d'appui, mais, quand il murche, on constate que le pied droit se pose d’abord sur la pointe et, lorsqu’il quitte le sol, le talon est fortement relevé, la pointe du pied pendant en bas.
Sensibilité musculaire abolie dans les deux jambes,
contractilité musculaire abolie dans les mêmes membres, diminuée dans les cuisses.
Sensibilité intacte, cependant le malade ne perçoit pas un courant électrique fort du côté droit.
Le malade accuse chaque jour une douleur peu intense durant quelques minutes et une sensation de froid très prononcée sur le cou du pied droit.
Pierre M... reste dans un état stationnaire jusqu’au milieu de juin.
Ce n’est qu’alors que l’amélioration se poursuit assez rapide ; au corrmencement d'août, la guérison est complète.
(Observation de VuLpran, rapportée par RIoBLANC, Archives de médecine et de pharmacie mililaires, 1891).