‹ Contribution à l'étude des paralysies consécutives aux infections aiguës (paralysies parainfectieuses), leur traitement par les eaux de La MalouChapitre 18 sur 24 · MO · texte numérisé non relu

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monter ni descendre les marches d'escalier; les crises douloureuses occupent la tête, le cou, la région lombaire et le trajet des nerfs sciatiques (surtout à droite). La malade garde le plus souvenl le lit.

Faiblesse générale; sensibilité obtuse; le sol lui paraît élastique.

La malade a peu d'appétit; elle est constipée; la miction est difficile.

Durant les crises douloureuses, immobilité absolue. Deux cures à Balaruc, sans succès: on lui a appliqué dix cautères sur la région spinale.

Elle prend 13 bains, 7 douches en 18 jours. Dès le -huitième bain amélioration notable qui se continue jusqu'au départ.

Cette dame écrit, peu de temps après, qu'elle est complètement

M. le docteur Cros (loc. cit.") donne l'observation de deux malades aflectés de paralysie développée à l'occasion d'une infection aiguë des voies génito-urinaires. Mais, parmi toutes les observations mises à notre disposition, nous n'avons voulu prendre que celles où les paralysies cadraient bien avec notre conception des akinésies para-infectieuses. Nous avons varié les maladies infectieuses provocatrices, montrant que les eaux de La Malou agissaient favorablement dans tous les cas.

Voici 18 observations; et elles nous paraissent assez probantes. Nous avons, à plusieurs reprises, écarté l'objection relevant de ce fait: les paralysies para-infectieuses rétrocèdent d'elles-mêmes. Nous avons montré que La Malou, en tous cas, active le processus régressif, et souvent le met en train. Nous avons vu, dans certains cas, les eaux de La Malou revêtir des caractères absolument spécifiques vis-à-vis des paralysies; une première cure faisant rétrocéder le processus paralytique; l'effet de la cure épuisé, le processus reprend sa marche en avant, que seules une seconde ou même plusieurs cures postérieures à La Malou arrivent à arrêter.

Il nous paraît que la conclusion s'impose.

Quiconque lira attentivement les observations ci-dessus, outre les nombreux enseignements qu'elles comportent au point de vue de la marche et des localisations des akinésies para-infectieuses, y verra l'action incontestablement favorarable des eaux de La Malou sur la rétrocession de ces paralysies.

Cette action une fois incontestablement établie, pourquoi ne pas envoyer à La Malou les paralytiques para-infectieux dès la cessation des phénomènes aigus ?

Dans nos observations, nous avons vu les malades arriver à des dates plus ou moins éloignées du début de la paralysie (depuisS jours jusqu'à 5-6 ans et plus); chez tous, l'amélioration a été prompte ; il semble môme qu'elle ait été plus rapide chez les paralytiques déjà un peu anciens. Mais la guérison a été obtenue rapide, dès la première saison, chez les paralytiques les plus récents. 11 semble que les eaux mordent plus difficilement sur des lésions déjà anciennes. Il est d'ailleurs rationnel qu'une lésion ancienne rétrocède plus lentement qu'une lésion récente.

La conclusion s'impose : dès qu'une paralysie para-infectieuse se développe, on doit immédiatement envoyer le malade à La Malou ; certainement on a des succès avec d'autres traitements, avec d'autres eaux minérales (Luchon ; in th. Landouzy), mais aucun traitement, aucune autre station thermale n'a donné des résultats aussi rapides, et dans certains cas, aussi merveilleux, on peut le dire, que les eaux de La Malou.

Contre-indications. — Mais tous les malades indistinctement peuvent-ils trouver de bons effets dans les eaux de La Malou? Non, quelques-uns en souffriraient, pour une seconde catégorie ce serait inutile.

Pas n'est besoin de signaler lesétats aigus; lacontre-indication est formelle pour toutes les eaux minérales. Privât (Joe. cit., page 57) prétend quelerhumatismearticulaire aigu retire bénéfice du bain à La Malou. Nous nous inclinons devant l'autorité de l'illustre praticien, mais nous avouons que nous hésiterions beaucoup à plonger dans des eaux éminemment congestionnantes un malade en pleine hyperthermie ; nous redouterions les complications si graves du rhumatisme cérébral.

Les cachexies, les dégénérescences organiques avancées, les épanchements des grandes cavités sont autant de contreindications, dès longtemps connues et justifiées de toute cure thermale. A La Malou, il est de plus des contre-indications spéciales.

1° La grossesse : il pourrait y avoir congestion du côté de l'utérus et avortenient ; les exemples de flux menstruel ramené par les bains de La Malou, après une longue période d'aménorrhée, ne sont pas rares.

2° Disposition aux métrorrhagies (mêmes motifs que cidessus).

3° Etat tuberculeux : les bains pourraient provoquer des hémoptysies; on en a vu des cas; les malades qui entrent pour la première fois dans les piscines éprouvent toujours une certaine gêne respiratoire, provoquée par l'activité imprimée à la circulation par les eaux minérales.

4° Toute affection cutanée aiguë : les eaux de La Malou excitent les fonctions cutanées: elles augmenteraient l'inflammation.

5° L'asthme de toute nature; à cause de la gêne respiratoire sus-mentionnée.

6° L'hémophilie (tendance aux hémorrhagies).

La menstruation n'est pas une contre-indication formelle; les femmes bien constituées pourraient se baigner sans

dommage, mais, chez la plupart, la ménorrhagie pourrait se transformer eu métrorrhagie: aussi, est-il de règle de suspendre les bains pendant toute la durée de la période catainéniale.

Médication. — ■ Le paralytique para-infectieux, qui ne présente aucune des contre-indications sus-mentionnées, doit être envoyé à La Malou: comment devra-t-il y être traité ?

Dans les diverses observations ci-dessus, il n'a jamais été question que de douches et de bains de piscine ; les bains de baignoire peuvent être pris à La Malou, mais nous leur préférons les bains de piscine, nous dirons tout à l'heure pourquoi.

Les bains et les douches, en effet, constituent le mode d'administration le plus général, indispensable même, des eaux de La Malou ; quelques buvettes existent : Capus, pour l'anémie ; l'Usclade, pour les dyspeptiques ; la Vernière, pour l'atonie gastro-intestinale (nous ne nommons que les principales). Mais leur action, tout au moins dans les cas qui nous occupent, est absolument accessoire.

Le paralytique para-infectieux doit donc prendre des bains de piscine.

Ce traitement, qui est très simple, devra toujours être surveillé : cette surveillance facilite et hâte le succès de la cure. Le premier bain doit être trèscourt(dix minutes au maximum). On doit tàter la susceptibilité du malade, qui éprouvera une impression bizarre en entrant pour la première fois dans l'atmosphère des piscines, impression de dyspnée, qui disparaît d'ailleurs bientôt. Aux cardiaques, il faut recommander de sortir, pour peu qu'ils éprouvent des palpitations, une angoisse trop vive. Il est bon, toutefois, d'observer que les cardiaques supportent bien les eaux de La Malou: quelques jeunes rhumatisants y voient même disparaître leurs lésions endocardiques.

D'ailleurs, peu après, à cette angoisse première succède

un sentiment de bien-être, d'expansion agréable, au contact de l'eau qui fait éprouver à la peau comme une sensation d'enveloppement dans de l'eau savonneuse.

Les malades trouvent, en général, trop courte la durée du bain; il faut, néanmoins, maintenir la limite de dix minutes pour le premier bain ; on va ensuite en progressant tous les jours juscpi'à 25, 30 minutes, rarement au delà, jusqu'à lafm de la cure qui doit être d'environ 20-22 bains.

Le traitement doit être suspendu pendant un ou deux jours, après chaque 5-6 bains.

Il est bon, dans les cas de paralysie, d'associer les douches aux bains de piscine ; on commence à donner des douches, le plus souvent spinales, vers le huitième bain.

L'usage est de prendre le bain le matin et la douche dans l'après-midi. Toutefois, dans nos cas particuliers, la douche du matin est préférable, le corps est plus libre et répond mieux à la stimulation provoquée.

On peut, au soir de la douche, donner un bain, plus court de quelques minutes, qui est alors très sédatif.

La température du bain est différente suivant les heures et suivant les piscines: elle varie entre 32° et 35° ; suivant la susceptibilité du malade, on ordonnera l'une ou l'autre des quatre températures. Toutefois, dans la majorité des cas, c'est 33" qui sera la température indiquée pour les malades qui nous occupent.

La température des douches peut varier dans des limites plus larges, on devra les donner entre 35° et 40°. Le nombre des douches doit être restreint : 7-8 au maximum ; la durée de chacune ne devra pas excéder 2-3 minutes.

On ne devra jamais permettre qu'un malade prenne deux bains en un jour.

Après le bain, et plus encore après la douche, le malade doit se coucher une heure ou deux. Durant sa cure, il ne doit

— Î15 — point se fatiguer par des courses trop pénibles, et laisser les excursions aux touristes: les promenades en voiture ne peuvent au contraire que lui être favorables.

M. Labat (1) a beaucoup approuvé la thérapeutique prudente en usage à La Malou ; il lui attribue une bonne partie des résultats obtenus dans cette station thermale.

Mode d'action des eaux. — Pourquoi les eaux de La Malou guérissent-elles les paralysies? Comment agissent-elles contre le processus paralytique ?

Subjudice lis est, et depuis toujours ; nous le craignons, pour longtemps encore.

On a attribué la propriété des eaux à des éléments bien divers, à chacun des métaux contenus en dissolution dans l'eau ; ceux qui dominent dans les eaux de La Malou sont le fer, le cuivre, l'arsenic (2) ; comme sels, ce sont les bicarbonates et spécialement ceux de soude, dépotasse, de chaux, de magnésie. M. Guinier (3), médecin à Cauterets, l'attribue non à chacun des métaux, mais au mode spécial de combinaison adopté par ces métaux dans chacune des eaux. Cette combinaison est d'autant plus stable que l'on se rapproche plus de la source même des eaux, qui sont par suite d'autant plus efficaces qu'elles sont plus rapprochées de leur point d'émergence ; d'où le précepte d'établir les établissements thermaux sur les sources mêmes qui les alimentent.

C'est là un précepte très justifié et nous nous rallions entièrement, sur ce sujet, à l'opinion du médecin de Cauterets.

On a attribué encore l'action des eaux à l'électricité que développeraient certains éléments contenus dans l'eau.

(1) Labat. — Les eaux de La Malou. [In Annales d'hydrologie).

(2) Voir les tableaux de Privât.— Loc. cit., p. 33, 34,36.

(3) Guinier." — Préjugés relatifs à l'application des eaux sulfurées sodiques, 1891.

Récemment, on a fait, à Lu Malou,des recherches sur les microbes contenus dans l'eau et dans ses dépôts.

On a enfin attribué l'action des eaux à leur thermalité; c'est là une opinion très rationnelle. Avec des bains d'eau chaude ordinaire, on obtient certains elfets sédatifs : mais les bains d'eau ordinaire ne guérissent pas les paralysies ; il y a donc plus.

Nous avouons notre ignorance sur ce point. Si nous n'avons examiné à fond aucune des opinions émises, c'est qu'elles ne reposent sur aucune base sérieuse.

Nous ne pouvons que souhaiter que l'avenir nous éclaire sur ce point.

En attendant, l'action des eaux étant manifeste, quels que soient les procédés intimes de cette action, nous devons dire aux malades: « Voici une source de gnérison : usez-en.»

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