‹ Contribution à l'étude des paralysies de la choréeChapitre 4 sur 33 · OBSERVATION X · texte numérisé non relu

OBSERVATION X

(Gowers).

Fillette de 9 ans. Faiblesse progressive du bras gauche puis mouvements choréiques de ce même membre. Insuffisance mitrale. Guérison en un mois.

Ces paralysies débutent souvent par des troubles psychiques assez particuliers.« Un enfant naturellement gai, » gentil, devient méchant et criard, il pleurniche sans » motif, boude dans les coins, frotte ses yeux ; il cesse » de s'amuser et pousse des cris lorsque les personnes » veulent l’approcher ou le toucher, il refuse de manger; » laisse reposer sa tête qui lui semble lourde, la serre » entre ses bras comme si elle était endolorie, il peut » présenter des céphalées intenses (Obs. de Charcot) ». (Périsson).

Parfois l'on note des antécédents de rhumatisme.Dans le cas de Rockwell le petit malade avait eu l'année précédente « une attaque de rhumatisme articulaire aigu » qui a tenu les articulations du côté droit plus que » celles du côté gauche. Gomme l'état inflammatoire se » calmait, il se trouve qu’il est une paralysie très » marquée des membres du côté le plus atteint ».

Dans un cas de Gowers,la fillette ayant souffert de rhumatisme articulaire aigu. D’autres fois, la rougeole, la coqueluche ou telle autre infection générale a précédé de peu l’apparition de la paralysie. Le début brusque, sans autre prodrome, est signalé par de nombreux auteurs (Charcot, Rondot, Périsson, etc ).

Que le début ait été ou non précédé de phénomènes prodromiques, les troubles moteurs ne tardent pas à faire leur apparition. Ils se développent peu à peu, et affectent, suivant les cas, les types monoplégique , hémiplégique ou paraplégique.

Le type monoplégique a été observé par Rondot et Gowers. Le plus souvent, il s’agit d'une monoplégie brachiale qui s’installe progressivement et finit par acquérir une telle intensité que le bras pend inerte le long ducorps; d'autres fois, les troubles sont beaucoup moins accusés et consistent simplement en faiblesse des mains, qui laissent tomber les objets qu’on leur confie.

Plus fréquent est le type hémiplégique, que relatent les observations de Charcot, de Rockwell, de Rondot, de Périsson, de Daucher. Cette hémiplégie respecte habituellement la face ; cependant dails un cas de Charcot, la face était atteinte, quoique à un moindre degré que les membres.

Enfin le type paraplégique n'est signalé que par Ollive, dans une observation qiii ressortit plutôt à la chorée molle. Nous nous contenterons donc de le signaler.

Lés troubles moteurs peuvent encore frapper la musculature des yeux. C’est ainsi que, dans le cas de Rockwell, la pupille droite était notablement dilatée. Les troubles de la phonation ne sont pas rares, mais il est difficile de savoir quelle part revient, dans leur pathogénie, h la paralysie finissante ou à la chorée commençante.

La sensibilité, tant objective que subjective, est intacte dans la majorité des cas.

L’état des réflexes tendineiix n’est signalé que dans

quelques observations. Charcot et Rondot remarquent que, dansleurs cas, les réflexes rotuliens étaient abolis.

Ces paralysies préchoréiques ne s’accompagnent d’aucun trouble trophique : elles ne se compliquent ni d’atrophie musculaire (Rondot), ni de troubles de la circulation cutanée, ni de modification de la contractilité électrique .

Quant aux réactions électriques, elles n’ont pas été assez étudiées pour qu’on puisse donner, à leur sujet, une formule générale.

Telle est, à sa période d’état, la paralysie préchoréique : ainsi constituée, elle reste pure pendant plus ou moins longtemps puis, peu à peu elle se complique des mouvements choréiques : ces mouvements « vont s’accentuer » au fur et à mesure que la force augmentera dans les » membres atteints, et nous n’aurons plus alors devant » nous que la chorée vulgaire avec ses mouvements » incoordonnés ». (Ollive). D’autres fois, la paralysie, d’abord localisée, se généralise, et Ton assiste alors à la transformation de la maladie initiale en chorée molle.

§ II. — Paralysies interciioréiques .

Chez un petit malade atteint de chorée depuis plus otï moins longtemps, on peut voir survenir des paralysies. Ces paralysies peuvent se généraliser et aboutir à la chorée molle ; plus souvent, elles restent localisées soit à un membre, soit h un côté du corps.

Michel

A. — Monoplégies.

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