‹ Contribution à l'étude des paralysies névritiques consécutives aux injections de sérum antitétaniqueChapitre 9 sur 15 · TROUBLES D£S RÉACTIONS ÉLECTRIQUES · texte numérisé non relu

TROUBLES D£S RÉACTIONS ÉLECTRIQUES

115 sont encore assez fréquents, maïs variables comme intensité. Îs se caractérisent soit par une simple hypoexcitabilité faradique et galvanique, soït même par une réaction de dégénérescence totale, maïs ce dernier Cas paraît cependant assez rare. Naturellement l’évolution de ces troubles dans un sens ou dans l’autre permet de suivre la marche de l'affection.

Évolution.

Tous les auteurs insistent sur la rapidité d’apparition de l’amvyotrophie et sur sa constance ; dans notre cas, nous l’avons vu, elle existait trois semaines après le début de la paralysie. quoique peu marquée.

Nous avons déjà eu l’occasion de dire qu’elle ne s'accompagne pas de contractions fibrillaires, sauf dans le cas de Sainton, Descouts et Le Clerc.

En général, elle est surtout marquée au niveau du deltoïde et des épineux, aplatissant le moignon de l’épaule; accusée aussi au niveau du grand dentelé décollant plus ou moïns l’omoplate du thorax.

Formes cliniques.

A côté de cette forme que nous avons prise pour type et qui est la plus fréquente, il en existe d’autres où la paralysie est plus limitée ou plus diffuse ; dans d’autres cas, plus rares encore, elle occupe le territoire d’un seul nerf, ou bien siège ailleurs qu’au membre supérieur.

A. — Nous citerons d’abord les PARALYSIES PAR- TIEILES ::

Nous avons déjà noté que notre malade présentait une paralysie strictement limitée au deltoïde et, cependant, l’impotence était encore très marquée. Il ne pouvait pas détacher son épaule du thorax et faisait des grimaces sans pouvoir se déshabiller facilement.

A. Thomas cite un cas où la paralysie aurait été encore plus limitée, le chef postérieur du deltoïde étant le seul atteint, tandis que le chef antérieur et moyen étaient relativement épargnés. Il faut cependant ajouter que cette paralysie, quoique partielle en ce qui concerne le deltoïde, s’accompagnait de paralysie d’autres muscles.

B. — Il existe aussi des FORMES PLUS DIFFUSES

Elles ne sont que l’exagération du type que nous avons décrit, et Pollet trouve qu'après le grand dentelé, les épineux et le deltoïde, les muscles les plus atteints seraient par ordre de fréquence : le biceps, le brachial antérieur, le grand dorsal, le rhomboïde, alors que le long supinateur, le grand rond, le faisceau claviculaire du grand pectoral et le court supinateur restent souvent intacts.

. Dans toutes ces formes, un fait est remarquable comme le dit Lhermitte, il s’agit ordinairement d’une paralysie radiculaire supérieure dissociée du plerus brachial. Elle intéresse plus ou moins, à des degrés divers, une partie des muscles innervés par la cinquième et sixième racines cervicales.

C. — FoRMES OU LA PARALYSIE OCCUPE LE TERRI- TOIRE D'UN SEUL NERF.

À côté de cette forme habituelle de paralysie à type radiculaire supérieur, on a rapporté quelques observations où le processus pathologique semble s'être localisé sur un seul nerf, et non plus sur une seule racine.

Dyke conclut à une névrite du nerf circonflexe dans un Cas, mais son observation est discutable, dit A. Thomas, puisque les épineux participèrent à la paralysie.

Il existe, enfin, une observation plus récente de Sicard et Cantaloube, où la paralysie motrice n’affecte que les muscles innervés par le radial et où la sensibilité est également altérée dans le territoire de ce nerf,

D. — FoRMESs OÙ LA PARALYSIE SIÈGE AILLEURS QU'AU MEMBRE SUPÉRIEUR

Enfin la paralysie peut se localiser, quoique de façon beaucoup moins fréquente, sur d’autres nerfs. Nous passerons rapidement sur ces cas : nous citerons seulement l'observation d’Etienne et Benech, rapportée par Pollet, où il s’agit d’une paralysie motrice siégeant au membre inférieur. A. Thomas rapporte aussi une observation de polynévrite des membres inférieurs, mais à la suite d’une injection de sérum antistreptococcique.

Nous rappellerons également le cas de névrite optique, rapporté par Mason et celui de névrite du pneumogastrique rapporté par Weill-Hallé et Lévy. |

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Diagnostic.

En présence d’un sujet qui se trouve dans l’impossibilité de remuer son bras, atteint parfois d'amyotrophie, le diagnostic pourra s’égarer, surtout si les conditions étiologiques sont peu nettes.

On pourra penser à une pseudo-paralysie hystérique, mais ici le début a été indolore, progressif, sans modification des réflexes, ni des réactions électriques, On a vu que dans notre cas un médecin a fait le diagnostic d’hystéro-traumatisme, en raison de l'agitation du blessé.

On ne confondra pas non plus ces paralysies avec les impotences dues à une arthrite de voisinage : pas de modification des réflexes, ni des réactions électriques, et l'examen soigneux de l'articulation fera le diagnostic.

On éliminera aussi rapidement les myopathies du type d’Erb, ou du type facio-scapulo-huméral de Landouzy-Déjérine, où le début est progressif, symétrique souvent, sans troubles de dégénérescence.

Les amyotrophies post-traumatiques décrites par Claude, Vigouroux et Lhermitte, intéressent aussi très

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souvent les muscles de la ceinture scapulaire, mais, contrairement aux paralysies post-sérothérapiques, elles se développent insidieusement, les réflexes sont normaux et, dit Lhermittte, « l’affaiblissement de la motricité est exactement proportionnel à la fonte musculaire ».

Enfin, dans certains cas, devra-t-on penser à la présence d’une côte cervicale, mais le début est progressif et une radiographie tranchera le diagnostic.

Il faut naturellement penser à ces diverses hypothèses et faire les recherches nécessaires ; en réalité, le diagnostic est ordinairement des plus simples, parce qu'on a généralement sous la main la cause évidente : il suffit de faire expliquer les’conditions d’apparition de la maladie, ce que l’on doit faire dans toute enquête diagnostique, pour apprendre que le sujet a reçu du sérum.

Généralement le délai séparant la piqûre de l’accident est assez bref pour que la filiation soit nette ; — c’est seulement dans des cas de coïncidences invraisemblables qu'il pourrait ÿy avoir une erreur d’interprétation.

On doit toujours par acquit de conscience, même si on a fait le diagnostic de paralysie sérique, vérifier rapidement les autres causes de névrite.

En somme, on pourrait réduire toute cette question du diagnostic en ces simples mots : «il faut savoir qu'il existe à la suite des injections de sérum, surtout antitétanique, des névriles plus fréquentes au membre supérieur el y penser loules les fois qu'on est en présence d’un syndrome clinique de cèt ordre. »

Pathogénie.

Nous allons la considérer à un triple point de vue :

1° Où est le siège de la lésion ?

2° Quelle est la cause de cette lésion ?

3° Pourquoi se localise-t-elle surtout au membre supérieur

10 — Siège de la lésion.

En l’absence de constatations anatomo-pathologi- - ques, force nous est de recourir aux hypothèses. Celles-ci peuvent se réduire à trois :

A. — Soit au niveau du nerf périphérique ; B. Soit au niveau de la racine ;

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