OBSERVATION IV
Jorrroy et GomBauLr, Société anatomique, 1900.
Le nommé X..., âgé de 36 ans, sans antécédents héréditaires, fut atteint, vers l’âge de 8 ans, d'une paraplégie complète survenue brusquement avec perle de connaissance et convulsions généralisées.
Ces accidents disparurent petit à petit au bout de deux ans et il vécut jusqu’à l’âge de 36 ans, jouissant d’une santé parfaite, exerçant le métier fatigant de postier ambulant. À cette époque, c'est-à-dire en 1897, il se plaint d’affaiblissement de la vue en même temps que surviennen! par accès des phénomènes nouveaux consistant en engourdissement du bras gauche, parfois des deux bras, avec ou sans difficulté dans l'articulation des mots, mais sans perte de connaissance et sans vertige bien accusé. ,
En 1899, à la suite d’un traumatisme de la région occipitale suivi de perte de connaissance, les troubles de la vue augmentent à un point tel qu'il ne peut plus sortir sans être accompagné.
Vers la fin de la même année, de nouveaux symptômes sont observés; X..., devenu très irritable, s’emporte pour des motifs futiles, et dans ses accès de colère, il va jusqu'à briser les meubles. En 1900 surviennent des troubles de la marche, des hallucinations de la vue, de l’ouïe et un affaiblissement très marqué de l'intelligence. La cécité est complète.
Au mois d'avril 1900, le malade entre à Sainte-Anne dans un état d’inconscience complète, ayant des hallucinalions terrifiantes de l’ouïe et de la vue, un langage absolument incohérent, se plaignant de céphalalgie continue et très vive avec recrudescence fréquente.
La marche est possible avec un aide; le malade avance à petits pas, lentement, ayant de la rétropulsion tous les cinq ou six pas.
Réflexe rotulien légèrement exagéré à droite. Pas de phénomènes hémiplégiques nets, conservation de la force musculaire.
Escarre superficielle sur la fesse droite, gâtisme, urines albumineuses et mort en avril 1900.
Aulopsie. — Épaississement et ædème de là pie-mère généralisés, ni plus prononcés ni plus anciens au voisinage de la tumeur; mêmes lésions sur les méninges médullaires. Le lobe cérébelleux droit renferme une petite tumeur atdhérente à la dure-mère par une large surface
Les ventricules du cerveau présentent une dilatation très marquée.