INTRODUCTION
On sait qu'en médecine mentale, il y a peu d'années encore, une des préoccupations favorites des auteurs était d'établir une classification originale des troubles de l'esprit. Ce jeu nosographique était abandonné depuis longtemps déjà dans les autres branches de la science, qu'il était.toujours de mode parmi les aliénistes.
Mais une terminologie incertaine, les mêmes épithètes ne gardant pas la même signification sous des plumes différentes, les mots anciens changés peu à peu de leur acception primitive et la création de vocables récents, rendue nécessaire par les progrès des descriptions, laissaient, par endroits, l'esprit indécis, et permettaient aux générations successives de se répéter les unes et les autres, à leur insu.
On conçoit que, dans de telles conditions, il soit habituellement malaisé de suivre la trace d’une réalité clinique en re montant le cours de la nosologie psychiatrique. Sans doute, en passant d’un cadre dans un autre, tel groupement parfois s’est morcelé et quelques-unes de ses parties se sont-elles égarées.
Il semble bien que pareille aventure se soit produite pour le spleen. Ce mot, employé par les aliénistes depuis la fin du xvur siècle jusque vers le milieu du xrx°, n’est plus mentionné dans les livres de médecine à partir de cette époque.
Nulle part, il n’est indiqué que la chose désignée par lui ait changé de nom, ou qu’elle ait été dissociée, ni que ses éléments soient actuellement rattachés à des entités différentes.