DU TRAITEMENT DES POLYRADICULONEVRITES
Le point de notre observation sur lequel nous voudrions particulièrement insister est celui du traitement, F
Le diagnostic une fois posé, en effet, après avoir établi une thérapeutique antiinfectieuse classique (urotropine, ozothine), nous escomptions la guérison spontanée si fréquente dans cette affection. Aussi quand nous vimes les paralysies atteindre diapvhragme et intercostaux, menaçant la vie de l’enfant, notre seule idée fut : « Lutter à tout prix contre Pasphyxie, gagner le temps nécessaire à la régression du processus de périnévrite puisqu'elle doit avoir lieu
au niveau du phrénique comme au niveau des autres nerfs. »
C’est alors que le docteur Milhit pensa au Poumon d'acier. Il peut sembler curieux que ce procédé n'ait pas été déjà proposé, alors que tous les cas mortels de polyradiculo-névrites généralisées signalés dans la thèse de Boulin sont dus à l’asphyxie par paralysie respiratoire (sauf une observation où la mort est survenue par syncope cardiaque).
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En particulier, les belles observations anatomocliniques de Margulis, de Dechaume et d’Alajouanine ne laissent aucun doute sur le mécanisme de la mort. Dans son ouvrage, Boudin suggère même qu’on peut être amené à essayer la respiration extificielle (1).
Dans la thèse de Jacques Bonnaïs : « Contribution à l'Etude des appareils dits Poumons d’Acier dans la Poliomyélite antérieure aiguë, l'Encéphalo-myélite de la Rougeole et autres maladies », le seul cas zapporté de polyradiculo-névrite traité par le poumon d'acier est celui d’Albertine C...
Or s’il est déjà très beau de pouvoir sauver la vie de malades atteints de polomyélite antérieure aiguë, on sait combien sont fréquentes et lamentables les séquelles que laisse cette affection, surtout chez l'enfant — sans -parler des cas où la régression des paralysies n’est pas même suffisante pour permettre une respiration naturelle et où le sujet, comme dans l'observation de l'Américain F.S.., semble condamné à vivre indéfiniment dans le poumon d'acier.
Au contraire, lorsqu'il s’agit d’une polyradiculo-névrite, on est en droit d’espérer une régression rapide des paralysies, d’où séjour relativement court dans le Drinker, de quelques jours à quelques semaines au maximum.
D'autre part on a la satisfaction de penser qu’ultérieurement la guérison du sujet sera totale, sans
(1), « Dans les polynévrites, Îe bulbe, comme mous l’avons montré dans l'observation I, est histologiquement sain.
« Il semble que la mort survenne plus par asphyxie que par
syneope bulbaire, le malade tombant dans un coma d’où quelques mouvements de respiration artificielle peuvent le tirer. »
ss BC RCD ei PL D Éi Re Ets PANOUN ES RUE Le à ne RSR SU OE. PANEUN PE
paralysie résiduelle, ni amyotrophie, ni déformation, ni trouble de la croissance. |
Le poumon d'acier n’est évidemment qu’un moyen de suppléer à la paralysie respiratoire et d’ « attendre » la guérison spontanée des polyradiculo-névrites — au même litre que la sonde œsophagienne permet de suppléer pendant quelques jours à la dysphagie.
Il n’en reste pas moins vrai que ce moyen d’attente peut seul et doit permettre de sauver la vie de ces sujets atteints de polyradiculo-névrite généralisée avec paralysie respiratoire.
Que faut-il penser de la tuberculose pulmonaire
= Ph Er LE NN tardivement constatée ?
Il ne semble pas qu’on puisse lui faire jouer un rôle dans létiologie des polyradiculonévrites.
L'enquête familiale et la constatation d’une cutiréaction très fortement positive ont établi qué lenfant avait déjà fait une primo-infection bacillaire (peut-être d'apparition récente et remontant à l’épisode baptisé « congestion pulmonaire» au début de janvier 1939).
Cependant la coïncidence de nouveaux accidents bacillaires avec le séjour dans le Drinker est nette. Nous pensons que les mouvements thoraciques forcés dans l’appareil, par les micro-traumatismes répétés qu’ils entraînent, ont pu provoquer l'extension des lésions tuberculeuses, auparavant minimes.
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ESSAI DE SYNTHESE DES POLYRADICULO-NEVRITES
L'existence des cas mortels dans les polyradiculonévrites avec dissociation albumino - cytologique, maladie dont MM. Guillain et Barré avaient les premiers en 1916 reconnu l'entité clinique et dont ils avaient donné comme principal caractère l’évolution spontanément curable, a longtemps rendu difficile la classification de cette affection. -
En 1936, dans son important travail sur ce sujet,
-Ch. Boudin, à propos d’une observation anatomo-
clinique de polyradiculo-névrite généralisée mortelle (service dü professeur Alajouanine) reprend l’étude de toutes les formes de polyradiculo-névrites, avec ou sans paralysie faciale, spontanément curables ou mortelles.
Il les réunit toutes sous le titre de Polyradiculonévrites aiguës généralisées avec dissociation albumino-Cytologique. ;
Cette assimilation de cas mortels au syndrome
Û qu’il avait précédemment décrit, a soulevé les pro-
*testations du professeur Guillain (Revte de Neuro-
logie de mars 1936); et M. Clovis Vincent concluait à la fin de cette séance à l’autonomie d’un syndrome
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&uillain-Barré, spontanément curable, du moins jusqu'à ce qu'une identification de germes pathogènes permette de prouver le contraire.
Depuis, cependant, la plupart des auteurs ont tendance à identifier les rares cas de polyradiculanévrites où la mort survient par asphyxie, à ceux, plus fréquents, où la guérison est complète, si dramatique et si alarmante qu’eût été la maladie.
Notre observation vient confirmer cette tendance. En recourant au poumon d’acier, en effet, nous supposions établi que le processus pathogène, étant identique, devait régresser complètement au niveau des nerfs respiratoires comme ailleurs. Nous voulions seulement suppléer à la paralysie du diaphragme et des intercostaux, en attendant l'évolution spontanément curable caractéristique de toutes les polyradiculo-névrites.
L'expérience nous a donné raison et a démontré qu'il n’exisiait pas de différence évolutive suivant l'extension du processus pathogène. Si 6n arrive à parer aux accidents immédiats, cette évolution se fait toujours vers la guérison et le retour ad integrum.
On ne doit plus se baser sur la possibilité d’une mort accidentelle pour nier l’unité nosologique des polyradiculo-névrites aiguës généralisées avec dissociation albumino-cytologique.
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