‹ Contribution à l'étude des pseudo-paraplégies chez le chevalChapitre 10 sur 20 · AU TE · texte numérisé non relu

AU TE

de la cause permet aussitôt à l'animal de se relever, et alors le doute n’est plus possible. Disons pourtant que ce décubitus forcé peut être la cause de la pseudoparaplégie que nous étudions, ainsi que nous le verrons plus loin.

Des fractures des membres font parfois que le cheval reste obstinément couché. Dans ce cas, les commémoratifs ont une grande valeur et, en tout cas, l'examen complet permet assez facilement de découvrir la lésion (déformation, sensibilité, crépitation). Il en va de même pour les luxations, bien rares sur les membres postérieurs du cheval, et pour les arthrites aiguës bilatérales qui ne s’observent guère que chez le jeune poulain.

Il est pourtant des fractures et des luxations qui entraînent la paraplégie et dont le diagnostic est bien difficile à poser par le seul examen du malade, Nous voulons parler de celles qui siègent sur la colonne vertébrale. La déformation est souvent nulle et la crépitation impossible à déceler. Cet accident s’accompagne d’une section plus ou moins complète ou de la compression de la moelle. Il entraîne donc une paraplégie authentique, s’accompagnant de troubles moteurs et sensisitifs. Il y a donc lieu de toujours rechercher ceux-ci, mais en se souvenant que, chez nos animaux, le résultat peut être parfaitement négatif, en particulier sur les gros chevaux lymphatiques. Aussi, en pareil cas, le clinicien est mis sur la voie surtout par les commémoratifs. La compression de la moelle est signalée de temps à autre chez les

équidés, et elle résulte de tumeurs intra-rachidiennes, d'exostoses vertébrales, etc. Elles aboutissent à la paraplégie, mais le trouble locomoteur s'installe progressivement, et de façon assez lente pour attirer l'attention avant que le malade reste en décubitus.

La myélite du cheval est assez rare, mais nous ne pouvons cependant la négliger. Elle s'accompagne de troubles moteurs et sensitifs, d’ailleurs variables avec la localisation du processus. D’autre part, là encore, le début n’est généralement pas brusque, et ce n’est pas en l’espace de quelques heures qu'un animal bien portant jusqu'alors est trouvé subitement sur la litière.

L'hémoglobinurie paroxystique représente, peuton dire, une pseudo-paraplégie. Mais il est absolument exceptionnel que cette maladie débute à l'écurie. En pareil cas, deux symptômes permettent d'éviter la confusion avec le processus que nous étudions : le gonflement et la dureté des masses musculaires de la croupe d'une part, la couleur foncée de: l'urine d'autre part.

Enfin, il est une constatation qui est valable en toutes autres circonstances; aucun autre accident et pas une autre maladie n'arrivent à la guérison en

l’espace d’une heure du seul fait de la suspension.

Page 1