‹ Contribution à l'étude des rapports de la tuberculose et de la syphilis héréditaireChapitre 15 sur 28 · V. À... âgée de 33 ans · texte numérisé non relu

V. À... âgée de 33 ans

Antécédents héreditaires. — Père mort à 59 ans, mère morte à 66 ans,a présenté à 63 ans, une exostose, pour laquelle M. Fournier a prescrit de l'isdure de potassium et des applications d'emplâtre de Vigo. Elle aurait fait une fausse-couche. Morte d'albuminurie. Pas d'autre enfant que la malade qui nous occupe.

Antécédents personnels. — Malade depuis huit ans,époque à laquelle a débuté la lésion du nez. Santé satisfaisante, ne tousse pas, surdité peu accentuée d'un seul côté, qui remonte à l'enfance et qui aurait été provoquée par une otite consécutive à une grippe.

Pendant quatre ans, la lésion du nez a conservé les dimensions d'une lentille. La malade a eu récours à toutes sortes de remèdes indiqués dans les journaux. Puis la lésion s’est étendue progressivement sur la narine gauche.

La cinquième année, elle a été consulter M. Fournier, qui à prescrit de l’iodure de potassium et des injections de calomel (je dois faire remarquer que cette indication n'implique pas absolument chez M. Fournier le diagnostic de syphilis car, ainsi qu’il l’a indiqué à la Société de Dermatologie, dans une des séances mentionnées plus haut, il a souvent appliqué ce traitement au lupus ordinaire : néanmoins comme simultané-

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ment, il mettait la mère de cette malade au traitement spécifique pour une exostose de la jambe, il est permis de penser qu'il eût, dans le cas présent, l'impression d'une manifesta tion de syphilis héréditaire). La malade eut douze injections de calomel, à la suite desquélles elle se trouva améliorée et non guérie. Elle fut traitée également dans le même service, par la cautérisation ignée: la malade vint en 1900 consulter M. Brocq qui la mit aux scarifications.

Si nous nous reportons à la photographie faite à cette époque par M. le D: Sottas, nous voyons que l'aspectest celui d’un lupus végétant du nez. Celui-ci, dans presque toute sa moitié inférieure, est envahi nar une masse bourgeonnante, qui en double le volume. Très rapidement, les scarifications améliorent la malade. Trois mois après, le nez a repris son aspect normal; mais bientôt on observe une nouvelle récidive. Ilest, du reste, impossible d'obtenir de cette femme l’assiduité nécessaire pour le bon effet des scarifications. Ilse produit de fréquentes récidives sous forme d'ulcérations, et de masses végétantes dont, chaque fois pourtant, les scarifications finissent pær avoir raison. Mais devant la fréquence des récidives, M. Brocq pense à un cas mixte de syphilis et de lupus, et prescrit une série de piqûres de calomel, grâce auxquelles on obtient des résultats beaucoup plus durables.

Au moment où je vois la malade (juin 1903) cette femme, qui est restée assez longtemps sans venir à l'hôpital, satisfaite du résultat incomplet qu'on a obtenu, a vu sa maladie prospérer et la lésion pour laquelle elle revient occupe le nez et la lèvre supérieure.

Les deux narines sont en partie détruites ; à droite, sur une étendue de 1 centimètre environ, à gauche, de 1/2 centimètre. Le nez a une apparence blanchâtre, cicatricielle au centre, rouge à la périphérie, avec une desquamation blanche. Petit nodule lupique dans la cicatrice.

La lèvre supérieure présente dans la portion immédiatement sous-jacente au nez, une zone cicatricielle, à la périphérie de laquelle on aperçoit deux ou trois tubercules, qui ont l'apparence de tubercules lupiques.

Il y a, en outre, quelques tubercules sur la joue droite. En somme, l'apparence est celle d'un lupus typique, qui aurait amené la destruction d'une partie des narines.

Nous avons pu suivre régulièrement cette malade pendant

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deux ans; elle est actuellement dans un état très satisfaisant, et le changement a été si completque la malade s’est mariée ; les narines de partet d'autre sont légèrement échancrées par

une perte de substance serni-lunaire, qui découvre la cloison

médiane. Il n’y a pas d’ulcérations, ni de croûte, ni de rou-

geur sur le nez, pas plus que sur la lèvre; dans le tissu cica-

triciel on trouve de tout petits tubercules isolés ; mais pour obtenir ce résultat, il a fallu combiner l’action de la scarification et du traitement mercuriel. La scarification, employée seule, obtenait rapidement la cicatrisation des ulcérations, la disparition du bourgeonnement, mais cette action était éphémère ; pour en assurer la durée, il fallait soumettre l’organisme à l'influence des injections de biiodure. Celles-ci employées seules, n'avaient pour résultat que d'empêcher le processus ulcéreux de se produire aussi rapidement.

Sergent enfin, dans le Bulletin médical du 28 mai 1913, rapporte lui aussi une observation d’hybride de lupus et de syphilis.

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