UNIVERSITÉ DE GENÈVE FACULTÉ DES SCIENCES
La Faculté des Sciences, sur le préavis de M. le Prof. J. WeiGre, autorise l'impression de la-thèse présentée par
M. JEAN D’Espine, de Genève (Suisse), intitulée:
Contribution à l’étude des rayons B
par la méthode des spectres magnétiques
sans exprimer d'opinion sur les propositions qui y sont énoncées.
Genève, le 18 mars 1931.
Le Doyen:
EUGÈNE Prrrarp.
Tirage à part des Annales de Physique.
Xe Série, Tome XVI, Juillet-Août 1931.
https://archive.org/details/IA41543505 0078
CONTRIBUTION A L'ÉTUDE DES RAYONS £ PAR LA MÉTHODE DES SPECTRES MAGNÉTIQUES
Par JEAN D'ESPINE.
INTRODUCTION
Le présent travail est une contribution à l'étude des rayons émis par les corps radioactifs. On sait que les recherches sur ces rayons présentent un grand intérêt théorique par les hypothèses qu’elles suscitent sur la nature intime de la structure atomique et nucléaire.
Tandis que les rayons « sont émis avec une vitesse unique, au moins en première approximation (!), pour une transformation radioactive déterminée, une transformation du type £, caractérisée par l'expulsion d'un électron nucléaire, est -accompagnée de l’émission de toute une série de rayons B, animés de vitesses variant souvent entre des limites très étendues et atteignant presque la vitesse de la lumière.
J'ai pu entreprendre, au laboratoire de Mme Curie, à l'Institut du Radium de Paris, une étude détaillée du rayonnement & de plusieurs corps radioactifs, par la méthode du spectre magnétique de vitesses. J'ai été amené tout d’abord à examiner, en collaboration avec D. K. Yovanovitch, le
(:) En effet, M. S. Rosenblum a pu obtenir récemment des clichés photographiques révélant une structure fine du « spectre de vitesse » des rayons &. Voir CG. R. 188, 1929 p. 1401, 190, 1930.p. 1129.
rayonnement 8 du mésothorium 2. Nous avons réussi à mettre ,en évidence des rayons £ de très grande vitesse émis par ce radio-élément, ce qui m'a conduit à rechercher des rayons B très rapides, encore inconnus, dans les spectres de vitesse relatifs à d'autres substances radioactives. J'ai pu mettre en évidence de tels rayonnements, au cours de mes recherches, dans les spectres relatifs au thorium B + C, au radium B + Cet au radium E.
Simultanément, j'ai pu vérifier dans le domaine des rayons 8 moins rapides émis par ces radio-éléments, les résultats obtenus précédemment par d'autres auteurs.
Enfin, l'emploi d’ampoules de verre mince contenant du radon, comme source de Ra (B + C), m'a amené à étudier, à titre de correction, le ralentissement des rayons P par la matière — en l'espèce par le verre de l’ampoule.
J'ai donc divisé ce travail en quatre parties :
1° Description de la méthode de déviation magnétique pour la mesure des vitesses et des énergies des rayons £ ; étude des différents appareils employés ;
2° Examen des rayons £ émis par le MsTh2, le Th B + C, le Ra B + Cet le RaE ;
3° Etude du ralentissement des rayons B par la matière ;
4° Conclusions.
J'ai terminé ce travail en rappelant les théories actuelle: ment admises à propos de l'émission des rayons £ par les corps radio-actifs, et en formulant quelques hypothèses suggérées par mes expériences.
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