‹ Contribution à l'étude des Réactions de la Base Droite au cours des Affections hépatiquesChapitre 13 sur 30 · RER · texte numérisé non relu

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dans la région des espaces intercostaux 7, 8 et 9, suivant la ligne axillaire ; de plus, elle est atteinte de diarrhée profuse avec huit à dix selles gris jaunâtre par vingt-quatre heures. Depuis juillet, dégoût des aliments, et spécialement des viandes et graisses ; régime lacto-végétarien. L’entrée à l’hôpital est amenée par la persistance des douleurs et de la diarrhée. -

À son entrée, état général mauvais, malade amaigrie, subictérique. Cypho-scoliose dorso-lombaire, datant de la seconde enfance. Douleur dans l’hypocon- ‘“re droit avec irradiations vers le dos, l’épigastre et l’épaule droite. Matité hépatique très augmentée ; en avant, elle remonte jusqu’à la quatrième côte et s’abaisse jusqu’à l’ombilic et la crête iliaque ; en arrière, elle atteint le tiers inférieur de l’omoplate. A la palpation, le foie est gros et dur, à bord dentelé, avec une forte saillie piriforme dans la partie moyenne de son bord antérieur. Rate et autres viscères abdominaux rormaux, ainsi que les poumons et le cœur, mais skodisme sous-claviculaire droit. Examen des urines, négatif. La radioscopie permet de constater, à gauche, un diaphragme mobile avec cœur repoussé vers la gauche, et, à droite, un diaphragme invisible noyé dans une zone obscure, à convexité supérieure remontant au delà de l’épine de l’omoplate et s’étendant transversalement au-dessus de l’ombilic. Température oscille entre 37°,2 et 39°,2 le soir. Le diagnostic était en suspens, lorsque le 30 octobre, la malade s’est mise à tousser et a rejeté des crachats bruns, puis a eu une vomique nettement purulente, et depuis est en état de dyspnée.

La malade est envoyée dans le service de M. le professeur Caubet, et examinée par M. Miginiac. Dyspnéique, presque asphyxique, elle reste en position assise, la toux est incessante, le pouls misérable ; l’émission de pus brun chocolat continue. On constate une ampliation évidente de la base du thorax à droite,

avec œdèmé de la paroi et matité énorme, tant en. avant qu’en arrière, comme dans un empyème de la grande cavité. Le foie est hypertrophié et abaissé. On pense à l’existence d’un abcès du foie avec collection propagée à la cavité pleurale. Deux ponctions exploratrices au trocart de Potain pratiquées sur la ligne axillaire antérieure et la ligne axillaire postérieure au niveau de la neuvième côte ramènent du pus chocolat. ” ne 0

Anesthésie par pulvérisation de chlorure d’éthyle dont le jet suit le bistouri. Incision postéro-latérale et résection de la neuvième côte. Pas de liquide dans la plèvre, dont le cul-de-sac est bloqué ; à travers les. tissus lardacés de proche en proche, le diaphragme est incisé et le foie apparaît ; il n’y a pas de pus entre le foie et le diaphragme. E eee

Ponction exploratrice du foie au trocart de Potain ; d’une notable profondeur, le pus arrive et s’écoule en\ abondance, au moins un litre de pus chocolat avec débris pulpeux. L’orifice est agrandi au thermocautère, la cavité explorée au doigt et deux drains très’ gros entourés de mèches y sont introduits.

L'amélioration a été immédiate ; dès le soir, la dyspnée, l’état du pouls et de la température étaient améliorés, ainsi que le facies et l’état général,

Le professeur Rispal a pratiqué l’examen du pus. Il n’a pas pu y déceler la présence d’amibes : ce pus est resté stérile et aucun microbe n’a cultivé. Le diagnostic de dysenterie amibienne a cependant été retenu ; il reste le plus vraisemblable, et il paraît logique de le conserver, ne fût-ce qu’en raison des suites. |

Dans les 8 jours suivants, les injections quotidien: nes d’émétine ont été pratiquées ; la diarrhée a 'disparu au dixième jour, en même temps que l’expectoration du pus chocolat. Les drains ont été supprimés Au quinzième jour et la cicatrisation, sans fistule,

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complète en un mois. La convalescence n’a été troublée que par un œdème double des membres inférieurs, sans phlébite, qui vers le quinzième jour esi, apparu et a duré environ 6 semaines, et par un abcès sous-cutané de la cuisse droite consécutif à une injection d’huile camphrée.

Au Ier janvier 1921, la malade guérie est rentrée chez elle.

Le diagnostic de ces syndromes pseudo-pleurétiques consécutifs à une affection hépatique, kyste aseptique ou abcès est le plus souvent assez facile. L'augmentation de volume du foie, un passé de crises d’urticaire, une réaction de Weinberg positive, une éosinophilie sanguine feront reconnaître un kyste hydatique.

D'autre part, une diarrhée chronique ou même des. crises antérieures typiques de dysenterie chez un malade qui a pu ne jamais quitter la France caractérisent une enterite amibienne. |

L’augmentation du volume du foie, une température de 38°5 avec névralgies phréniques, douleur à l'épaule droite, polynucléose sont les symptômes

‘ d’un abcès du foie dont l’évolution s'accompagne de signes de congestion de la base droite que nous avons décrits plus haut.

En pratique un kyste hydatique postéro-supérieur sera facilement diagnostiqué. Une pleurésie séro-fibrineuse est reconnue par la ponction exploratrice, une radioscopie et la constatation d’un souffle qui n’existe pas au cours des kystes.

Par contre, les congestions pleuro-pulmonaites dues à un kyste suppuré ou à un abcès du foie pourront être, quand elles sont prédominantes,

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