APPLICATION DU TRAITEMENT
Nous avons expliqué le concept du traitement local par la vitamine A. Ii nous reste à considérer les moyens de réalisation ou, autrement dit, comment de l’idée on est allé au fait.
Destiné à agir in situ le premier problème qui s’est posé aux inspirateurs de la méthode a été de trouver le véhicule idéal qui porterait et « maintiendrait » sur les lésions la vitamine A. Après quelques tâtonnements, c’est le véhicule huileux que RACHET et Busson ont choisi comme agents vecteurs du facteur A. Tout portait à croire que la suspension
huileuse répondait le mieux à la qualité de support adhésif,
que l’on demandait au véhicule.
Poursuivant les données de l'hypothèse, il était logique d’essayer de comprendre comment agissait le facteur À ou, autrement dit, est-ce que la muqueuse intestinale absorbe le facteur À ? Comment se fait cette absorption ? Jusqu'où se fait cette absorption ? Le facteur À dépasse-t-il la muqueuse intestinale ? Est-il résorbé par la circulation ou restet-il én situ dans la couche interne de la muqueuse. Nous avons été ainsi amenés à la période expérimentale.
Nous avons emprunté notre technique expérimentale à notre maître CHABROL qui, avec COTTET, a étudié sur l’intes-
9% RECTO-COLITES ULCÉREUSES
tin le problème de l'absorption dés eaux thermales.
Cette méthode consiste à porter in situ sur l’animal vivant et anesthésié la solution à étudier par une technique ingénieuse que nous allons essayer de décrire :
Elle consiste en un système de deux ballonnets :
— agencés entre-eux ;
©— traversés par une première tubulure (a) de caoutchouc
gommé, libre à l'extérieur d’un ballonnet (ouverture et voie
d'admission) terminé en cul-de-sac dans le fond de l’autre
ballonnet. L'ouverture de cette tubulure sert à pratiquer une
injection liquidienne qui gonfle les ballonnets qui se coaptent ainsi sur les parois du segment intestinal où on les a placés ;
ce qui permet l'isolement parfait de la portion intestinale
intercalaire aux pôles des deux ballonnets.
Une deuxième tubulure (b) traverse le premier ballonnet et s'ouvre à « jour ouvert » dans le segment intestinal isolé. Elle permettra l'injection déterminée du liquide Le on veut vérifier l’absorption. <
La réaïisation opératoire est simple, légère extériorisation
du segment intestinal choisi et ménagement de la petite
ouverture nécessaire à l'admission des ballonnets vides. Mise en place des ballonnets, gonflement de ceux-ci par la tuyauterie (a) jusqu'à un point optimum qui laisse présumer au
palper et à la vue que la coaptation du ballonnet gonflé et de la paroi est suffisante pour que le segment intermédiaire |
aux deux distances soit parfaitement isolé.
À ce moment pince à demeure sur le tuyau (a) et introduc-
tion dans le tuyau (b) de la masse liquidienne à étudier et qui va baigner le segment intestinal intermédiaire. Le volume
du liquide introduit dépend uniquement de la distance que
l’on a ménagée entre les deux ballonnets.
Nous nous excusons d’avoir peut-être très embrouillé une méthode si simple dans sa réalisation qui nous paraît aujourd’hui si difficile à exposer.
Nous prions le lecteur de nous excuser de n'avoir pas songé
à-présenter un schéma de cette technique si sue le temps ne nous est plus donné de le réaliser.