‹ Contribution À L'Étude Des Résections Intra-Fébriles Du Genou Primitives et Secondaires En Chirurgie De Guerre Observations Personnelles, Résultats ÉloignésChapitre 22 sur 51 · OBSERVATION XXX · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXX

L..., Marie, vingt-huit ans. Blessé le 13 mars 1916 (8 h.) en avant de Souville.

Plaie pénétrante du genou droit par éclat d'obus. S. A., 13 mars 1916.

Intervention : 17 mars 1916. Orifice d'entrée au niveau du condyle externe, pas d'orifice de sortie.

.Projectile inclus entre les portions du condyle externe brisé.

Résection entièrement sous-périostée. Gouttière pelvidorso-pédieuse.

8 avril 1916. — Incision d'une collection à la jambe.

Evacué le 12 avril 1916.

Lettre de mai 1916. — Evacué sur Hôpital 140 bis, Lorient (médecin-chef, M. Néel). Pas de détails.

Lettre du 22 janvier 1917. —- Je fais réponse à votre bonne carte du 15 courant, je vous dirai que je suis rentré chez moi le 12 janvier 1917. Réformé avec pension de be catégorie; j'ai été opéré par “vous-même, je crois, le 16 mars 1916; je n'ai pas été opéré depuis, personne n’a touché à ce que vous avez fait à Revigny, cela s'est très bien guéri, sans aucune complication et était cicatrisé vers le 1" août 1916.

Lettre du 3 février 1919. — Gros raccoursissement, 10 centimètres.

Pension, 600 francs.

Continue son métier de cultivateur.

Excellent moral.

Lettre du 6 avril 1920. — Excellentes nouvelles et très bon moral.

Travaille depuis le 21 octobre 1919 comme sémaphoriste à la Compagnie du chemin de fer de l'Est.

Très content de son sort. /

OBSERvVATION XXXI

M..., Octave, trente-trois ans, 54° infanterie, 11° Compagnie. Blessé le 21 juin 1916 (19 h.).

S. A., 22 juin 1916 (avant). S. A. B., 24 juin 1916 (Revigny).

Diagnostic : plaies multiples par éclats d’obus des membres inférieurs.

Plaies gangréneuses multiples.

Résection du genou droit. Fémur intact. Arthrite purulente. Fracas volumineux d’un coin tibial, tête péronière projetée dans l'articulation et gangrenée. Ablation d'éclats moyens.

Fracas de l'avant-pied droit avec gangrène. Désarticulation de Chopart, lambeau postérieur écourté à cause de lésions cutanées plantaires.

Débridement cutané du pied gauche pour gangrène gazeuse localisée.

Evacué le 28 juillet 1916.

Lettre du 11 août 1916. — Evacué sur Hôpital Buffon (professeur Bérard, de Lyon), suites simples.

Lettre du 30 janvier 1917. — Evacué sur hôpital de Saint-André-de-Cubzac (Gironde), suites simples. Je suis complètement guéri sans avoir subi de nouvelle opération, tout est bien cicatrisé et je me pose sur mon moignon sans souffrir. Pour la résection du genou, je suis libéré du plâtre depuis le mois de novembre et la jambe se trouve très bien consolidée. Partout, je me permets de vous le dire et m'en fais un grand plaisir, vous avez été félicité pour votre opération.

Maintenant je me trouve dans un Centre d’Appareillage dans la banlieue de Paris après avoir été quelques jours à Bordeaux.

Lettre du 17 février 1919. — Pour ce qui résulte de ma jambe, J'ai la satisfaction de vous apprendre qu’elle est

d'une solidité à toute épreuve, je ne me ressens de rien du tout dans le genou, il ne m'est jamais survenu quoi que ce soit ni à mon moignon, ma jambe est d'une ankylose parfaite.

Pour ma situation je marche assez bien, ne faisant pas un métier dur, vu qu'auparavant de la guerre j'étais dans le Service d'inspection vétérinaire à la Préfecture de police, j y suis rentré de nouveau, maintenant au lieu de faire du service dans les abattoirs, le chef m'a fait venir dans son bureau, c'est bien moins fatigant.

Comme raccourcissement, je ne puis vous dire juste, car dans les Hôpitaux et Centre de Réforme, on a trouvé différemment, soit 7, 8 ou 9 centimètres; Je n'ai pas été favorisé pour ma réforme, certains majors étaient d'avis pour la 4° classe, d'autre pour la 5°.

Très content de son sort.

Marche à cause de sa désarticulation de Chopart avec un appareil dit «pied de cheval ».

Lettre du 13 mars 1920. — « Ma jambe est d'une solidité parfaite, jamais Je n’ai souffert de mon amputation ni de la résection; je ne suis pas gêné pour mon travail, le plus ennuyeux c'est pour m'y rendre, Car train et Métro, ce n'est pas le rêve, surtout le matin et le soir. Enfin on y arrive. »

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