INTRODUCTION
Au mois de novembre 1921, mon maître M. Péhu eut l’occasion d'examiner, avec MM. Audry et Barjon, un enfant de 9 ans 1/2 qui présentait depuis sa naissance des vomissements bilieux survenant par accès. Ajoutée aux indications fournies par l’examen clinique, la radios-copie pratiquée par M. Barjon permit d'établir le diagnostic de sténose sous-vatérienne du duodénum. L’hypothèse d’une origine congénitale, en l’espèce une compression par bride péritonéale avec participation possible de l'artère mésentérique fut admise. L'intervention chirur-gicale, pratiquée par M. Delore confirma ce diagnostic. Une duodéno-jéjunostomie fut faite qui amena la guérison de l’enfant.
A l’occasion de ce cas nous avons recherché d’autres observations de rétrécissement du duodénum d’origine congénitale chez l’enfant. Nous avons relevé deux variétés de sténoses congénitales :
D'une part, des atrésies, c’est-à-dire des imperforations duodénales ou des sténoses serrées par malformations de la paroi intestinale. Elles sont observées par les accoucheurs car ces.anomalies, d’ordre tératologique, ne
sont pas compatibles avec la vie : les nouveau-nés meu-
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rent en général du troisième au cinquième jour après la naissance, Les cas publiés dans la littérature sont assez nombreux et la question a été bien étudiée, à l’étranger surtout, depuis une vingtaine d’années.
D'autre part, nous avons pu recueillir des cas de sténose duodénale d’origine vraisemblablement congénitale, compatibles avec l’existence, comparables à l’observation de MM. Audry, Barjon et Péhu, liées soit à l’existence de brides péritonéales anormales, soit à une compression. par le pédicule mésentérique. L’étude de cette dernière cause est de date toute récente : c’est en effet depuis 1919 que les travaux des auteurs français Ombrédanne, P. Delbet, Hartmann, Savariaud, Alglave ont mis ce sujet à l’ordre du jour et c’est en 1921 que MM. Pierre Duval et J. Gatellier ont publié le premier travail d'ensemble sur la question.
Nous avons pu recueillir sept observations lyonnaises de sténose congénitale du duodénum. Sur ce nombre, six se rapportent à des malformations incompatibles avec la vie. Nous les devons à l’obligeance de M. le professeur Commandeur et de M. le docteur Voron que nous sommes heureux de remercier ici. La dernière est l’observation de MM. Audry, Barjon et Péhu qui a été Le point de départ de ce travail. Nous les donnerons plus loin et nous y joindrons quelques observations publiées par les auteurs
français et étrangers.