SYMPTOMES. — MARCHE. — DURÉE. — COMPLICATIONS
Par suite de la vulgarisation de la rhinoscopie, l’étude de la symptomatologie des rhinolithes est entrée, depuis quelques années, dans une phase nouvelle.
On ne parlait guère autrefois que des symptômes fonctionnels, attachant peu d'importance aux signes physiques qui, pour certains auteurs même n’existaient pas.
Or, il semble que depuis quelques années, on ait acquis sur ceux-ci des renseignements plus précis, grâce aux progrès accomplis par la rhinoscopie.
Le début de l'affection est souvent insidieux : C’est un enfant qui, en jouant, s’est introduit un corps étran- . ger quelconque dans le nez, il vient adulte, vous con-
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sulter. D’autres fois, les renseignements sont plus nets, tel est le cas d’un malade dont nous avons lu l’observation et qui se souvenait fort bien s’être introduit par mégarde dans le nez, un noyau de cerise, dix ans auparavant.
Pour plus de commodités, nous diviserons ce chapitre en deux parties. Dans la première, nous nous occuperons des symptômes fonctionnels, etnous décrirons
-dans la seconde, les signes physiques auxquels nous attribuons une grande importance.
Symptômes fonctionnels. — Peu marqués au début, ils consistent en général en une vague sensation de gêne, en chatouillements ou picotements peu ou pas douloureux par eux-mêmes, mais pénibles cependant à cause de leur persistance qui provoque des accès d’éternuements.
«€ Dans un cas publié par Marchal (Gazette de Picardie 1897), la malade se plaignait seulement d’éternuer souvent et d’avoir une goutte au bout du nez ».
On a noté parfois une légère épistaxis, suivant de quelques jours l'introduction du corps étranger.
Ces phénomènes s’atténuent bientôt, et les malades entrent en quelque sorte dans une «période latente » qui n’est caractérisée souvent par aucun symptôme particulier, excepté cependant par des accès passagers de gêne respiratoire, de fréquentes atteintes de coryza et une sécrétion nasale assez abondante du côté atteint.
La durée de cette période est très variable, et peut se prolonger pendant vingt ans.
Le calcul augmentant progressivement de volume,
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les divers malaises s’accentuent et bientôt va commencer la phase que nous nommerons « période d'état » pendant laquelle #ont apparaître des symptômes plus graves causés par l’obstruction de la fosse nasale, les compressions nerveuses et l'irritation incessante de la membrane de Schneider par le corps étranger.
Le symptôme le plus constant, et qui parfois existe seul, est l’écoulement nasal ; celui-ci, formé de pus ou. de muco-pus, parfois strié de sang est souvent très abondant. Continuel ou intermittent, il est en général très fétide, et cette fétidité est due à l’accumulation, dans la cavité nasale autour du rhinolithe, d’une matière caséeuse dont l’odeur est un peu analogue à celle du contenu de certains kystes sébacés. Nous aurons du reste à y revenir àpropos du diagnostic différentiel avec l’ozène. |
L’écoulement unilatéral sefait en général par lanarine amenant sur les parties voisines, lèvres, menton, la production de véritables plaques eczémateuses.
Lorsque le calcul est très en arrière, l’écoulement peut se faire dans le pharynx. Il en résulte une vive inflammation de la muqueuse pharyngienne, accompagnée souvent d’amygdalites, de catarrhe, etc.
Enfin, si le pus ne peut s'échapper par les voies naturelles, on le voit s’extérioriser par une fistule, « c’est le cas du malade de Hendley ». Nous nous empréssons d'ajouter que cette observation est unique et que le plus généralement, c’est par la narine que le pus gagne l'extérieur.
L'obstruction de la fosse nasale d’abord incomplète
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n’occasionne :que peu ou pas de gêne respiratoire ; mais le rhinolithe devenant plus gros, provoque de la part de la muqueuse, une réaction fnflammatoire telle que la narine, bientôt obstruée d’une façon absolue, ne laisse plus passer d’air, et quele malade est bientôt obligé de respirer la bouche ouverte.
La douleur manque rarement. Elle peut etes la forme de migraines, revenant fréquemment. Elle peut être continue, et présenter de vives exacerbations à forme névralgique. Elle semble être causée, avant tout, par des phénomènes de compression.
Localisée au début, cette douleur ne tarde pas à s’irradier, et suit le trajet des deux premières brncahes du trijumeau. On peut en trouver l’explication dans l’innervation de la muqueuse.
Celle-ci recoit en effet du ganglion de Meckel ou sphéno-palatin, des filets transmis par les nerfs sphénopalatin interne, sphéno-palatin externe et PiFRIRS palatin.
On a signalé des manifestations réflexes, et Czarda a publié « le cas d’un malade atteint de rhinolithiase, qui, étant au lit, ne pouvait se coucher du côté de sa lésion, sans être aussitôt atteint de palpitations, d’anxiété, de sensation de peur. »
Dans une observation de Schmiegelow le malade, au moindre mouvement, était inondé de sueurs abondantes.
L’extirpation du calcul amena la disparition de ces troubles.
On a noté des troubles de l’odorat, mais sur ce point les observations n’ont pas la netteté désirable. Il semble