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CHAPITRE XXII

MALADIES DES TACHES ou CORYNEUM : Shot-Hole

CORYNEUM : dû au Coryneum Beijerenkii ou Asperula Beijerenkii Ou. syn. Clasterosporium carpopillum

LEV. ADERH. (Mucédinées Hypomycètes)

Ce parasite des taches des arbres à noyaux fréquente tous les organes aériens des Rosacées-Prunées : Rameaux, Feuilles et Fruits. Les Anglais dénomment cette affection : « Shot-hole » ou « Trou à mitraille », par suite des perforations des feuilles provoquées par les taches multiples et persistantes dues au Coryneum. L’invasion commence; généralement, par le feuillage, avant de gagner les rameaux et les fruits.

Sur le feuillage, les taches ont l'aspect rouge violacé, estompé sur les bords, que chacun connaît : d’abord minuscule point, à peine visible, la tache ne tarde pas à grandir et à foncer de ton (allant du rouge violacé au rouge-brun, mat et sombre), quand elle atteint 3 à 5 mm. Mais les dégâts sur les feuilles, en somme, sont de peu d'importance à part la chute prématurée du feuillage. Toute autre est leur gravité sur les rameaux et sur les fruits :

Sur les rameaux, les manifestations varient. selon la saison : les taches de printemps et d'été — c’est-àdire celles qui se montrent au cours de la végétation de l'hôte — sont de même ton que les taches des feuilles : rouge-violacé, et allant en s’estompant vers les bords, tandis qu’elles foncent et se déssèchent vers le centre : il s’en suit la mort de l’organe qui, toutefois, reste en

place, à l'encontre du feuillage qui tombe... Les taches d’hiver sont plus profondes et plus grandes que les taches d'été : elles s’incrustent sur les rameaux, sous forme de chancres pourvus de stroma stériles, parfaitement aptes à donner des conidies, qui iront au printemps d’après perpétuer l'espèce et attaquer le feuillage d’alentour. Il est vraisemblable que l'écoulement de suc épais qui accompagne ces lésions soit dû au Corynéum, considéré, à tort ou à raison, comme responsable de la gommose des arbres fruitiers à noyaux.

Sur les fruits, se montrent, parfois, quelques tâches suspectes, attribuées au Coryneum, par divers auteurs : ce parasite s'attaque plus volontiers aux Abricots et aux Pêches qu'aux Prunes, et l’on a pu le confondre, souvent, avec le Fusicladium pruni ou Fusicladium amygdali générateurs de Tavelure, ou avec le Polystigma ochreaceum, générateur de taches brunes des arbres fruitiers. Chez les pêchers le Coryneum paraît être d'importance fort secondaire, étant donné le plus d’étendue des taches sur les divers organes. Il suffira d’un léger traitement d'automne ou d’hiver à la chaux ou à la bouillie bordelaise.

TAVELURES Fusicladium prini et amygdali Ducom

Les TAVELURES sont dues au Fusicladium pruni, Du- COM. Fusicladium amygdali Duc. Ces parasites fréquentent communément, les feuilles des Rosacées-Prunées. Ce sont des Pirénomycètes-Spériacés, assez voisins du genre Venturia dont ils sont, probablement, la forme conidiense. Les conidiophores du Fusicladium pruni, mesurent 25-42 X 3,5-4,5 y et les conidies 25-42 K 3,5 1. DUCOMMET pense que ce n’est là qu’une variété du Fusicladium cerasi, tellement les conidies et conidiophores se ressemblent. Les taches, logées à la face

inférieure des feuilles, sont de ton brun-clair et mesurent 1 à 2 mm. de diamètre. Les pêches, prunes et cerises sont fréquemment atteintes par ces parasites, qui dédaignent les abricots, suffisamment frappés par le Monilia, d'autre part !

SCAB DU PECHER

Cladosporium carpophylum

Ce parasite provoque sur les Rosacées-prunéesamygdalées, une affection très voisine des Tavelures et des taches causées par le Coryneum, des Rosacées-Prunées ou le C'ycloconiwm de l'olivier (Occhio dipavone).

En Amérique on trouve du Cladosporium carpophilum aussi bien sur les feuilles de Pêcher que sur les fruits : ce sont de petites tâches ovales ou arrondies de 2 à 3 millimètres, de ton pourpre, avec une zone plus foncée, qui se manifestent sur le feuillage. Sur les fruits, ce sont des taches de 1 à 2 millimètres assez confuses et confluentes aux poils du fruit, beaucoup plus serrées et nombreuses d’un côté du fruit que de l’autre, et formant une sorte de gale brune superfcielle. Ces fruits se fendillent, dans les parties atteintes et, cela constitue une ouverture ou voie d’accès tout indiqué pour le Rot-brun. Le parasite attaque, diversement, à peu près toutes les Rosacées-Prunées-Amygdalées, selon les espèces et les variétés : il semble que ce soient les Prunus americana (Prunier d'Amérique) Amygdalus Persica (Pêcher) et Armeniaca sativa (Abricotier) qui sont les plus fréquemment atteints. Certaines variétés de Prunus et d’'Amygdalus se montrent réfractaires au parasite. Son développement paraît, en tous cas, en fonction de l’humidité du sol et du climat et, les années pluvieuses sont celles où le Cladosporium, est le plus répandu...

Les Cladosporium et les Fusicladium sont, mycolo-

giquement, voisins et présentent des spores disposées en chaînettes plus ou moins ramifiées et formées par la désarticulation des rameaux du conidiophore.

Ils se reproduisent par pygnides ou périthèces et vivent en saprophytes sur les parties mortes des végétaux ou sur des organes vivants déjà affaiblis.

Comme traitement, on a conseillé les diverses bouillies soufrées, polysulfurées ou sulfocalciques, et les poudres soufrées. On doit faire un premier traitement un mois après la floraison et ün second 20 à 30 jours après le premier.

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