‹ Contribution à l'étude des rosacées-prunées-amygdaléesChapitre 90 sur 149 · COLEOPTERES-BUPRESTIDES BUPRESTE NOIR OU BUPRESTE TENEBREUX · texte numérisé non relu

COLEOPTERES-BUPRESTIDES BUPRESTE NOIR OU BUPRESTE TENEBREUX

BUPRESTE DU PÊCHER : Capnodis tenebrionis L.

Le principal de ces parasites, parce que le plus répandu et le plus néfaste, est, sans conteste, le Capnodis tenebrionis L. ou Bupreste ténébreux du Pêcher. On le rencontre, fréquemment, sur l’amandier, sur l’abricotier, le pêcher, dans la région méditerranéenne, principalement, car il ne dépasse guère la zone de culture de l'olivier : c’est-à-dire la hauteur de Montélimar (dans la Drôme) et de Largentière (dans l'Ardèche). Les insectes de ce genre, découverts au nord de la Loire, sont des cas isolés et sans importance économique, au point de vue des dégâts. BOLACHOWSKY a signalé ses ravages, sur les pêchers du Var et des Alpes-Maritimes, en 1934 (in : Rev. Zoolog. Agric. Appt. de Bordeaux). Il a été signalé, aussi, pour ses déprédations, dans les colonies francaises de l'Afrique du Nord, en Corse, au Portugal, aux Baléares, en Italie, en Espagne, en Grèce, en Palestine, en Arménie, au Caucase, aux Turkestan et Azerbadjastan. 11 attaque aussi les noisetiers, l’aubépine, le

prunelier, le merisier et la plupart des Rosacées sauvages, et sa larve semble affectionner, surtout, les jeunes plants de deux à cinq ans, sains et vigoureux : il s'agit donc bien d’un parasite primaire, et non d’un de ces parasites secondaires qui ne s’attaquent qu'aux sujets fatigués, dépérissants ou aux organes déjà morts !

Ce BUPRESTE de telle taille, ne mesure pas moins de 15 à 27 mm. de long, pour les femelles, tandis que les mâles, plus petits, atteignent une moyenne de 20 mm. L'ensemble est noir et terne (d’où son nom). Sa tête, qui semble faire corps avec le thorax, est large, avec deux yeux bruns et elliptiques et des antennes serriformes, à onze articles, plus longues que son corps et qui, au repos, se replient sous le corselet de l’insecte. Le pronotum, moins long que large est une masse arrondie, à surface rugueuse et chagrinée, dépassent la base des élytres. Ces élytres, de même tonalité que le corps de l’insecte, sont coriaces, larges et puissants et dépassent, en longueur, de trois fois, environ, l’étendue du pronotum. Ils se terminent en pointe et sont parallèles sur les deux-tiers de la longueur, et portent de petits points irréguliers et allongés tout du long, avec audessous, deux ailes membraneuses, noires et bien développées. Les pattes, aux tarses dilatés et garnis de pelottes internes, sont courtes et trapues, comme l’ensemble de l’insecte, l’un des plus grands et des plus massifs de l’espèce. À noter que tandis que le ventre du parasite est uniformément d’un beau noir mat, le dos est sillonné d’une « pruinosité blanchâtre et cireuse », qui disparaît avec la mort de l’insecte, et qu’on ne retrouve plus chez les sujets de collection. (Fig. 55, 56.)

De nombreux chercheurs se sont penchés sur la biologie du BUPRESTE TÉNÉBREUX, qui demeure, encore fort incomplète. Parmi eux il convient de citer : MOKRJED- SKY, BODEHEIMER, DELASSUS, LEPIGRE, BALACHOWKY, DEL GUERCI0 et de REKK. Ces travaux s’échelonnent de 1894 à 1934.

Sur le littoral méditerranéen, les adultes apparaissent dès le début du « joli mois de mai », et cela s’échelonne jusqu’en novembre... |

On a remarqué, qu’en certaines régions, les femelles étaient infiniment plus nombreuses que les môâles. DEL GUERCIO a même cité le chiffre énorme de 90 % pour marquer cette äisproportion ! Le vol.de ces insectes est lourd, rapide et fort bruyant. Ils se logent sur les plus petits rameaux des Rosacées, qu’ils décortiquent largement et dégarnissent de feuilles, durant tout le cours de l’été et de l’automne, étant donné l’échelonnement prolongé de leur apparition. Mais ces déprécations fâcheuses ne sont rien à côté de celles de leurs larves. |

. On sait que la pariade n’a lieu qu’au cours de la saison chaude (vers la mi-juillet). Klle s'effectue en plein jour et « l’enlacement prolongé » ne doit pas manquer d'agrément, car il dure longtemps, aux dires de nombreux observateurs ! La ponte suit peu après : elle a lieu, en ce qui concerne les arbres à noyaux, au collet, ou sur le tronc, à quelques centimètres du sol. La pondeuse peut donner de 59 à 100 œufs, entre la mijuillet et la mi-août. Ces œufs sont opaques, ovales ou elliptiques, d’un ton blanc-laiteux et de 1 mm. *X 1,5 mm. de volume. L’incubation dure un mois, environ, mais l’évolution des larves est plus lente encore : en certaines contrées, on a pu constater que « beaucoup d'adultes, éclos la deuxième année, restaient dans leur loge nymphale à l’état de diapause et ne sortaient qu’au printemps de la troisième année » (BALAKOWSKY). Dans une communication à l'Académie d'Agriculture, du 5 décembre 1934, PUSSARD, a affirmé que les larves du Capnodis tenebriomis, jeunes ou vieilles, sont aptes à passer d’une racine dévorée à une racine intacte, parcourant ainsi des distances, parfois considérables, sans inconvénients fâcheux... sauf pour la plante !

C’est une larve de belle taille, comme l'adulte : elle mesure de 60 à 65 m. Décrite par KOULAGUINE, elle est

« molle, apode, blanche, avec la tête encastrée dans le prothorax, laissant apercevoir deux fortes mandibules noires toujours ouvertes et prêtes à mordre. Le prothorax très dilaté est fortement chitinisé, avec cuticule lisse, légèrement enfumé; les segments abdominaux sont rectangulaires, allongés, plats et disposés en chaînette comme les anneaux d’un petit ténia ».

Elles se trouvent, au nombre de trois ou quatre, plus ou moins encastrées dans le tissu libéro-ligneux où elles tracent des galeries larges et sinueuses, où S’entassent des bourrelets de sciure agglomérée et compacts. GOMEZ CLEMENTE l’a montrée « repliée sur ellemême, en forme d’U, la face ventrale tournée vers l’extérieur ». Mais ces larves, de taille bien différentes, étant donné la longueur de leur évolution dans le bois, se logent rarement au-dessus du niveau du sol : le voisinage du collet paraît être leur lieu de prédilection.

La nymphose a lieu dans une logette ovoïde de trois centimètres de longueur, à parois lisses, plus ou moins souillée de sciure déchiquetée, logée à faible profondeur sous l'écorce, et qu’il n’est pas difficile de. trouver en appuyant avec les doigts sur le tronc, à hauteur du collet. Celle-ci s'effectue au printemps de la deuxième année qui suit la ponte et n'excède point trente jours, d'ordinaire. Ces loges sont toujoürs vides de larves, en hiver. L’hibernation se passe donc, au cours des deux premières années dans les galeries du bois (à l’état larvaire) ou plus tard (à l’état adulte) à une faible profondeur, sous des mottes de terre, en ce qui concerne les buprestes nés tardivement à la veille de l’hiver, généralement immatures et infécondés.

Nous avons dit que les déprédations de ces Buprestes sont graves, et que les larves sont plus néfastes encore que les adultes.

C'est donc aux larves qu’il faut s'attaquer avant tout. En Amérique l’on a recours, contre certaine Saisie parasite des Amygdalées (la Synanthedon pictipes,

GROT et RoB) à des fumigations de toxiques volatils, répandus autour du collet de la plante hôte : Paradichloro-benzène; naphtaline, sulfure de carbone, pétrole, cyanure de calcium. On cite aussi un RDisnon parasite des nymphes : Entomococcus.

LES

Le BUPRESTE à 11 points Ptosima undecimmaculata : HERBST.

Ce coléoptère se rencontre sur les amandiers et autres arbres fruitiers de Provence et Languedoc, où il cause quelques dégâts, peu importants. Il se reconnaît aisément aux macules de ton jaune-orangé de son thorax et de ses élytres. Comme le précédent il est de forme massive et régulière, mais plus petit : sa taille varie de 7 à 13 mm., selon BEDEI. Il est d’un noir brillant uniforme et sa tête est ornée d’un triangle orangé, assez peu marqué d’ailleurs. Sur son corselet se détachent deux rectangles et les élytres sont ornés de trois damiers, allant de ia côte vers la suture, mais sans atteindre celle-ci. (Fig. 57-59.)

Sa larve mesure 2 cm. de long, au terme de sa croissance et ne diffère point de celle de son espèce. Elle est caractérisée par un céphalothorax très développé et dilaté. |

Selon DONGÉ et ESTIOT, l’évolution de cette larve durerait deux à trois ans. Mais il est vraisemblable qu’une année suffit; selon BALAKOWSKY le cycle s’accomplitnormalement en un an et l’on remarque des trous de sortie circulaires, de 5 cm. de diamètre, qui marquent l’éclosion de l’insecte adulte. C’est le matin, de 9 à 12 heures, de mai à juin, qu'il « prend le soleil » sur les feuilles de vieux Pêchers, d’'Amandiers, Cerisiers, Pruniers, Abricotiers, Poiriers ou Caroubiers. Rarement on le rencontre sur de jeunes sujets, ce qui rend son parasitisme d'importance tout à fait secondaire.

Planche XI

PARASITES DES PECHERS : Coléoptères

BUPRESTE à ONZE POINTS BUFRESTE NOIR pe

Capnodis. tenebrionis (adulte & larve)

Ptosina undecimmaculata NERE

Fig. 55 et 56 BUPRESTE à II FOINTS Fig. 57-58

Ptosima undecimmaculate

(Galeries de larves dans une branche d'arbre )

Fig. 59

PUPRESTE VERT

XYLOBORE DISPARATE

Anisandrus où Zyloborus dispar FABB.

(fem.adulte ,longueur:3mn.)

1 Fig. 61

Agrilus sinuatus sur les 2 faces Fig. 60

BEDEL l’a signalé comme nuisible surtout aux arbres fruitiers du Midi. BorG l'indique comme parasite des arbres fruitiers à Malte, et TCHORBADJIEW, affirme qu’il s’attaquerait aux jeunes arbres, en Bulgarié. BALAKOW- SKY, a pu obtenir l’adulte en maï 1930 de vieilles branches de Prunus en provenance de Saint Laurent du Var (Alpes-Maritimes).

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