‹ Contribution à l'étude des ruptures et désinsertions de la longue portion du biceps brachial et de son tendonChapitre 11 sur 47 · OPÉRATION · texte numérisé non relu

OPÉRATION

Le 13 juillet, 60 heures après l'accident, le malade est opéré dans le service de M. le Professeur Gosset.

Anesthésie générale à l’éther.

Longue incision du sillon delto-pectoral partant en haut de la pointe de l’apophyse coracoïde.

On respecte la veine céphalique qui est réclinée en dehors en même temps que le deltoïde. On s'aperçoit alors que, pour atteindre le tendon bicipital, il faut

Fic. N° 1. — Aspect de la longue portion du biceps et de son tendon avant la réinsertion.

1. Deltoïde. — 2. Grand pectoral. — 3. Brachial antérieur. — 4. Ventre musculaire de la longue portion. — 5. Courte portion du biceps. — 6. Coraco brachial. — 7. Tendon de la longue portion, désinséré et

replié en boucle.

Fi. N° 2. — Après l'intervention.

Le muscle a repris son galbe normal. — Le tendon est fixé 5 points, à la petite tubérosité et dans la coulisse bicipitale,

par

prolonger l’incision en bas le long du bord externe du biceps. Au-dessous du tendon du grand pectoral, on découvre le tendon de la longue portion du biceps qui a totalement quitté la gouttière bicipitale et qui est replié sur lui-même. Il est entouré d’un peu de sérosité hématique. Son extrémité présente un renflement pyramidal qui correspond sans nul doute à un fragment de bourrelet glénoïdien.

On glisse une pince longuette dans le sillon bicipital, en passant sous le tendon du grand pectoral et on arrive à replacer le tendon bicipital dans sa situation normale. On le met en tension légère et on le fixe par trois grosses soies au périoste de la coulisse bicipitale et de la petite tubérosité humérale. Il reste comme excédent du tendon, la portion dont le siège est normalement intraarticulaire. La partie terminale renflée est excisée et le reste replié en U vers le bas est fixé par quelques points complémentaires, à la lèvre externe de la coulisse devant les insertions du grand pectoral.

La suture est telle que, l’avant-bras en flexion, le muscle est en demi-tension.

Reconstitution au catgut de l’aponévrose brachiale.

Soies sur la peau.

Drainage filiforme enlevé le 3° jour.

Suites opératoires très simples.

Le malade sort du service le 18 juillet, le bras immobilisé en demi-flexion par une écharpe.

Vingt jours après l'intervention, on fait pratiquer des mouvements de mobilisation passifs et actifs. TI faut noter que les mouvements d’abduction du bras ont été les plus pénibles à récupérer, malgré les effcrts persévérants d’un malade compréhensif.

Quarante-cinq jours après l'intervention, le malade put reprendre son travail. Une expertise évalue à 15 % l'incapacité permanente résultant de l'accident,

cout en faisant une réserve en vue de réduction de ce aux au bout de 8 ans.

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