OBSERVATION
M. M... 47 ans, menuisier.
Le 10 juillet 1935, vers 15 heures, il entreprend avec neuf autres ouvriers, de transporter pour le charger sur une voiture, un « marbre » d'imprimerie, pièce de fonte mesurant 2 m. 60 sur 1 m. 60, épaisse de 1 cm. et pesant 1.200 kilos. Par suite d’une fausse manœuvre, alors qu'il est à demi chargé, le marbre se met à glisser. Pour éviter d’être écrasés, les ouvriers le lâchent à l'exception de M. M... qui.ne peut s’écarter, étant adossé à un mur. Celui-ci craignant d’avoir les deux jambes brisées, tente d’arrêter la plaque dans son glissement. Pour ce, penché en avant, le corps légèrement fléchi, mains à 30 cm. du sol, il retient la
ER ENDNEES
plaque par son bord le plus bas. Ses bras sont en adduction, très légère flexion, supination forcée (ses paumes de mains tournées vers le ciel) ; en même temps, il contracte tous ses muscles. Au cours de l’effort qu'il développe, il entend un claquement comparable à celui d’un coup de fouet, mais n'éprouve aucune douleur. Ses camarades ayant calé le marbre, M... se dégage et constate alors que la flexion active de son bras droit est devenue impossible ; en outre, il découvre l'existence d’une grosse tuméfaction musculaire siégeant au niveau du tiers inférieur de la face antérieure de son bras droit. Cependant il ne ressent aucune douleur et celle-ci n'apparaîtra brusquement que quelques heures plus tard, à l’occasion d’une tentative de massage. C’est dans cet état que le blessé est examiné dans le service de M. le Professeur Gosset, le 11 juillet. soit 20 heures après l’accident.