‹ Contribution À L'Étude Des Ruptures Sous-Cutanées Du Tendon Du Long Extenseur Du PouceChapitre 14 sur 19 · PATHOGÉNIE · texte numérisé non relu

PATHOGÉNIE

On peut dégager de l'étude clinique et anatomique des ruptures du tendon du long extenseur du pouce les quelques traits essentiels qui sont à la base des différentes pathogénies invoquées.

a) Il ne s’agit pas d’une rupture traumatique, mais bien pathologique et spontanée ; dans aucun cas, en effet, la rupture n'apparaît au cours d’un effort, mais bien toujours pendant un geste banal.

b) La rupture du tendon n’est pas une complication immédiate de la fracture. La fracture provoque une lésion dont la nature est discutée. C’est cette dernière qui aggrave progressivement l'état pathologique du tendon jusqu’à la rupture, qui est le dernier stade du processus.

c) Enfin, le siège de cette rupture est en un point constant, qui correspond à la crête radiale en avant, au bord distal du ligament annulaire du carpe en arrière.

Au total, la rupture apparaît comme le stade terminal d’une usure progressive à ce niveau.

Diverses théories ont été émises en vue de rendre compte de ces faits :

Elles cherchent à préciser quelle est la lésion intermédiaire, produite par le traumatisme causal, qui détermine elle-même cette usure progressive du tendon, puis sa rupture.

Trois ordres de faits sont envisagés :

1) La fracture déterminerait une modification du conduit ostéo-fibreux où glisse le tendon. Cette diminution du calibre de la gouttière entraïnerait une usure progressive du tendon.

2) Au cours du traumatisme, le tendon se romprait partiellement sur une arête osseuse ou aponévrotique. La rupture se complèterait progressivement.

3) Le traumatisme amènerait un étranglement du tendon dans sa gaine et une déchirure des vinculae tendinum. Il y aurait nécrose progressive du tendon au niveau du point traumatisé.

I) Modification du calibre du canal ostéo-fibreux entraînant un effilochement progressif du tendon

Cette hypothèse convient aux cas où il s’agit d'une fracture esquilleuse à grand déplacement, où les fragments ont pu pincer le tendon, et l’user petit à petit, pour finalement le rompre.

Mais, dans la grande majorité des cas, il s’agit de fractures du radius avec déplacement minime, ou sans déplacement.

Hauck donne de ce mécanisme une explication qui s'applique à un plus grand nombre de cas : le tendon du long extenseur du pouce passe au niveau de l'extrémité inférieure du radius dans un canal ostéo-fibreux très étroit. Du fait de son angulation vers le pouce, il passe contre la paroi radiaie, osseuse du canal, surtout dans les mouvements de flexion et d’adduction. Si le trait de fracture intéresse la paroi osseuse du canal, un déplaceraent même très minime des fragments suffit à oblitérer partiellement la lumière étroite de ce canal. De méme, un Cal légèrement exubérant à ce niveau produit un résultat analogue.

Tout d’abord, la lésion due au frottement du tendon est superficielle, mais elle s’aggrave progres-

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