TEMPÉRATURE
du chauffage GONFLEMENT
préalable %
La diminution de la capacité de gonflement n’est pas accompagnée par une modification de l'acidité de la fibre, car le Pu de l’eau de gonflement reste fixe.
On retrouve la même allure dans la fixation des colorants substantifs! nous avons étudié plus spécialement la teinture au rouge Congo.
Les flottillons, préalablement séchés dans le vide sec (P,.), sont chauffés à des températures convenables pendant quarante-huit heures, puis teints dans un bain comprenant 20 cmc. d'une solution de rouge Congo, pour un écheveau d'environ 1 gr. pendant une heure à 80° C. En fin d'opération, les essais sont rincés à fond à l’eau distillée, les liqueurs de lavage sont réunies au bain résiduaire et le colorant restant est dosé par la méthode colorimétrique. La quantité de colorant fixée est calculée par rapport au poids iffial de soie dans le
(188) Cf. (187).
“vide sec (P,,) et rapportée à 100 gr. de viscose sèche, Nous avons eu les résultats suivants :
TEMPÉRATURE | Poids de rouge Congo | de chauffage fixé par 100 gr.
viscose séchée dans préalable le vide (en gr.)
Le chauffage ne diminue donc pas l'affinité de la viscose pour les colorants substantifs quand la température ne dépasse pas 80°; par contre, pour des chaulfages préalables plus énergiques, la teinture aux colorants substantifs est notablement gênée.
Nous avons donc établi que la viscose préalablement chauffée ne subit aucune modification sensible dans ses propriétés quand la température de chauffage est inférieure à 80° C.; mais que, par contre, un chauffage préalable à des températures supérieures à 80° produit des diminutions appréciables des propriétés d'hygrométricité, de capacité de gonflement et d'affinité pour les colorants substantifs, diminutions d'autant plus marquées que le chauffage est plus prolongé.
À quoi attribuer ces variations de propriétés?
Il est bien connu, et nous l'avons déjà signalé, que le gonflement à l'eau de la viscose est très supérieur à celui observé dans les mêmes conditions pour le coton. Par exemple nous avons pu, dans des expériences comparatives, mesurer un gonflement de 90 % sur la viscose et de 47,6 sur le coton.
Il n'est pas douteux que ces différences sont liées intimement au nombre des fonctions alcooliques, suscepübles d’être atteintes par l’eau, restées libres dans la molécule; autrement dit, la viscose, à gonflement élevé, possède un nombre de OH alcooliques à forte polarité pour l'eau plus grand que le coton, ses cristallites sont moins fortement reliés les uns aux autres et son degré de polymérisation est moins élevé. On peut se rendre compte de ces faits en déterminant la teneur en « cellulose.
Nous avons cherché si la diminution de gonflement produite par le chauffage préalable de la viscose était accompagné d'un accroissement de la teneur en « cellulose.
Trois grammes de viscose comptée sèche sont broyés au mortier avec 50 cmc. de soude pure à 17,5 % en poids. Après contact de 30 minutes, on ajoute 50 cmc. d'eau et jette sur filtre. On lave d’abord à la soude diluée, puis avec 1.000 cmc. d'eau froide. On-imprègne d'acide acétique à 25 % et on rince avec 1.000 cmc. d’eau bouillante. Le résidu, constitué par de lo cellulose, est séché à l'étuve électrique à 105° C. jusqu’à poids constant.
La viscose, non préalablement chauffée, a accusé, dans ces conditions, des teneurs en « cellulose de :
73,4% 73,3 % et Ho dr0 tandis que la même fibre maintenue 96 heures à 105° donne
71,5 % 71,7 % et TS:
Le chauffage ne produit donc pas une augmentation de teneur en « cellulose.
Si cela est vrai, le coton qui renferme 99,15 % d'u cellulose (après correction des cendres) doit permeltre, lui aussi, d'observer les mêmes phénomènes que la viscose et nous avons expérimentalement trouvé des gonflements à l’eau de 47,6 % sur un coton non chauffé et de 39,6 % sur le même produit maintenu 85 heures à 110° C.
L'action de la chaleur sur la viscose et sur les com-
posés cellulosiques, en général, ne consiste donc qu'en une modification physique du gel colloïdal, une déshydratation par exemple (perte de poids à chaud).